Sabine D.

Actes Sud

15,00
par (Fontaine Luberon)
26 mai 2021

Un roman délicat et poétique qui offre une douce parenthèse !

Avec ce 2ème opus d’un nouveau cycle romanesque, nous retrouvons les parents des deux soeurs de « Suzuran », installés, depuis 6 ans, dans une résidence pour aînés. Ce couple de 40 ans, uni par un mariage arrangé a évolué sans crise conjugale mais doit faire face à la maladie d’Alzheimer qui touche Fujiko, l’épouse. Un matin, elle ne reconnaît plus son mari, Tetsuo, le narrateur de l’histoire. Ce dernier doit réapprendre à vivre à une autre époque, redevenir son fiancé, dans un autre lieu pour rester connecté à sa femme dont il va découvrir un énorme secret qui va bousculer ses acquis, ses certitudes et sa perception de l’amour. Tetsuo est bien décidé à reconquérir la femme de sa vie, en composant avec cette nouvelle situation. Avec toujours, une économie de mots et une douce musique, l’auteure tire les fils ténus d’une histoire en apparence banale qui va devoir se réécrire à la lumière d’une vérité révélée, dans un esprit de bienveillance et de respect. Les questions de la mémoire sélective, du couple et son usure, de la vieillesse, des non-dits, des silences sont au coeur de la relation de ces deux êtres qui s’accompagnent mutuellement sur le chemin de la fin de vie. La lecture de ce roman délicat et poétique offre une douce parenthèse !

Roman

Gallimard

16,50
par (Fontaine Luberon)
25 mai 2021

Derrière les meilleures intentions se cachent parfois un dessein pervers !

Deux occidentaux anonymes, sont recrutés par le gouvernement du Nord d’un pays africain, qui se redresse après des années de guerre civile, gangréné par la corruption et opprimé par une gouvernance sans foi ni loi, pour réaliser une mission pendant 12 jours. Il s’agit de goudronner 230 kilomètres de route reliant le Sud dévasté à la capitale du Nord victorieux. Une parade inaugurale doit être organisée à l’issue de cette réalisation. L’un, professionnel aguerri, a la responsabilité de manoeuvrer la machine RS-80, l’autre, novice, est chargé de conduire le quad, en éclaireur avant le passage de la machine. Tandis que le premier demeure discret, prudent et respectueux du protocole de l’entreprise qui interdit les interactions avec la population, le deuxième assume sa nature frivole, sociable, s’immergeant dans les us et coutumes des habitants. Soudainement, ce dernier disparaît et toute l’entreprise semble compromise, dans un environnement fragile. La force de ce court roman réside à la fois dans le comique de situation et le cynisme de la parabole politique : cette route doit être source de modernité et de fluidité dans les transports des hommes et des produits, dans un esprit de réconciliation nationale. Mais derrière les meilleures intentions se cachent parfois un dessein pervers ! La maîtrise du suspens rend la chute de l’histoire d’autant plus abrupte et violente.

par (Fontaine Luberon)
25 mai 2021

Un roman noir et humaniste

Tout débute par le meurtre d’un couple de nonagénaires fortuné à la tête d’une entreprise de cartonnerie florissante, dans la province de Terra Alta, en Catalogne, où Melchor Marin, agent de police est muté depuis 4 ans. Alors que l’affaire est rapidement classée sans suite, ce dernier ne se résout pas à abandonner l’enquête. Progressivement nous apprenons ses traumatismes d’enfance, ses dérapages d’adolescence et la naissance de sa vocation de policier. Melchor voue une grande admiration à Javert des Misérables de Victor Hugo, livre devenu son véritable vade-maecum. Comme Jean Valjean, il a senti que la vie est une guerre, qu’il serait le vaincu et que la haine serait sa seule arme. L’auteur dresse le portrait d’un homme bouleversant et attachant, peu favorisé par le destin mais qui finit par trouver les clés de la libération à force de ténacité et d’obstination. Au-delà de l’intrigue policière dont les rebondissements se succèdent à un rythme effréné, c’est un véritable roman social, ancré dans un territoire de passage, de perdants, inhospitalier, pauvre et tourmenté par le passé de période de la Guerre Civile. Les questions de la justice intime versus la justice publique, de la loi de Dieu versus celle des hommes et du choix entre des vérités discordantes sont au cœur de ce roman à la fois noir et humaniste.

Roman

Sabine Wespieser Éditeur

23,00
par (Fontaine Luberon)
24 avril 2021

Le procès d’Albert Black, accusé du meurtre de Jonnhy McBride, s’ouvre en 1955 à Auckland. 12 jurés doivent réexaminer son cas, alors qu’il risque la peine de mort, tout juste rétablie en Nouvelle-Zélande. Ses parents attendent fébrilement le verdict, dans leur maison à Belfast, ville qu’Albert Black a quittée à 18 ans, fuyant la misère. Le récit se déroule alternativement, dans la cellule de la prison de Mount Eden où Albert Black se remémore les événements depuis son émigration mais aussi son enfance en Irlande, en proie à la situation explosive entre catholiques et protestants ; dans le Station Hotel où séjournent les jurés ; dans la maison de Rose qui a accueilli Albert Black dans la vallée de la Hult et dans la salle du tribunal. A travers la mise en scène d’un fait divers réellement survenu en Nouvelle-Zélande, l’auteure nous plonge au cœur des affres et des cas de conscience des membres du jury, des témoins et des familles impliquées. Cette affaire soulève la question de l’immigration imposée par un besoin de main d’œuvre importante en Nouvelle-Zélande dans les années 1950 et des limites imposées par les mentalités établies et dominantes. Le rejet et le dénigrement de ces nouveaux immigrés par les plus anciens rejaillissent à l’occasion du procès ainsi que la question de la peine de mort. La plume de Fiona Kidman, si subtile pour aborder de tels sujets sensibles, nous rend attachant chacun des protagonistes : accusé, victime, jurés, témoins et familles.

22,00
par (Fontaine Luberon)
24 avril 2021

Calista, compositrice de musiques de films, d’origine grecque à l’approche de la soixantaine, se plonge dans la nostalgie de sa jeunesse, alors que ses deux filles s’apprêtent à quitter le nid familial. Il lui semble être parvenue à un âge où ses deux talents (être une mère et composer de la musique) ne sont plus exploités. Elle convoque ses souvenirs, notamment en 1976, au cours d’un séjour aux Etats-Unis, où une rencontre improbable, avec le cinéaste Billy Wilder, va provoquer son destin. En effet, 2 ans après, la production du film « Fedora » l’appelle pour rejoindre l’équipe de tournage sur l’île de Corfou, pour servir d’interprète. Calista deviendra très vite indispensable. Jonathan Coe, en véritable conteur, nous lie au récit dès les premières pages, par touches successives, alternant les époques et les lieux, progressant entre légèreté et gravité de ton. Son humour rencontrant celui de Billy Wilder livre des scènes burlesques et truculentes. Dénonçant la machine hollywoodienne qui lâche l’un de ses plus prolixes et talentueux réalisateurs, Jonathan Coe fait une véritable déclaration d’amour à l’Europe et au cinéma. Il aborde aussi les thèmes des affres de la création, des vicissitudes de la vie, de la vieillesse et son lot de regrets, de la jeunesse et son lot d’illusions.