Elizabeth P.

Au nom de ma mère
15 août 2017

En 2012, Martha disparaît de Seattle après avoir trouvé une lettre de sa mère qui vient de mourir. Sa fille Felicity la retrouve à Rome. Une longue quête leur permettra alors de découvrir la véritable vie de deux générations de femmes qui les précèdent, et ce sous le troisième Reich. Et nous voilà plongés dans une passionnante histoire, celle d’Elisabeth et de sa fille Deborah, la propre mère de Martha. Le nazisme vécu de l’intérieur.
Même si tout cela est connu, on est littéralement emporté par cette histoire. Le réalisme de l’écriture est remarquable.
Le maelström provoqué par ces révélations nous soulève autant que Marta et Felicity le sont.
L’étrangeté de leur relation mère-fille prend enfin un sens et la vérité enfin connue va leur permettre de rompre cette chaîne d’indifférence.
Un superbe roman qui résonne bien après la dernière page tournée.

Parmi les dix milliers de choses
29 juillet 2017

Un couple de new-yorkais, Jack et Deb. Leurs deux enfants, Kay, 11 ans et Simon, 15 ans. Un jour arrive à la maison un paquet contenant les mails échangés entre Jack et sa maîtresse, et c’est Kay qui le découvre. Les échanges sont plutôt sulfureux. La vie de famille vole en éclat. Ce qui est intéressant, c’est qu’outre la dégradation du couple, on assiste aux dégâts provoqués chez les deux enfants. Et on compatit parce qu’elle est plutôt sympathique cette famille, même Jack et son incartade. Le style est agréable, l’écriture fluide et la progression impeccable. Un agréable moment de lecture.

La pointe de l'aiguille
22,00
8 juillet 2017

La pointe de l’aiguille, c’est celle de la mort.
La mort qui rôde autour de Galia quatre-vingt-huit ans.
Tous ses proches sont décédés, c’est forcément son tour.
Elle est sourde, ne voit pratiquement plus rien, à du mal à se déplacer.
Tour à tour, elle attend et repousse la venue de la mort.
Ses souvenirs et ses rêves se mêlent.
Un très beau texte sur la fin de vie, une fine analyse d’un parcours qui touche à sa fin.
C’est beau et émouvant.
Mais alors, que cette lecture fut pénible à cause de la mise en page.
Des caractères minuscules et des lignes trop serrées. A peine lisible. Cela demande un effort de concentration qui gâche complètement l’intérêt de l’histoire.
145 pages qui en auraient mérité le double en aération pour rendre toute sa valeur au texte.

En cas d'exposition des personnes
8 juillet 2017

Ariane se fait voler son sac à main. Désemparée, elle va dans un bar et prend impulsivement le sac de sa voisine de banquette.
Dans le sac : un bille de train. Elle décide de l’utiliser. Mais mal lui en prend, elle se retrouve à Mioreira, zone contaminée où des volontaires viennent mettre fin à leur vie.
Une histoire d’anticipation assez complexe, très bien écrite.
Le mal de vivre et le sentiment d’inutilité sur terre mènent à des extrêmes et ce programme de fin de vie volontaire organisé par l’état en est une. Cette zone d’enfouissement de déchets est sordide. Le sentiment d’inutilité des personnages est déprimant mais correspond à une réalité de notre société où l’on doit absolument être utile, efficace, performant….. sous peine de ne servir à rien.
Je n’ai pas tout à fait saisi le rapport entre le centre d’enfouissement et le programme de fin de vie sur le même site. A approfondir ! !
Une lecture assez dérangeante.

Je vous aimais, terriblement
26 mai 2017

L’auteur a quatre ans lorsque sa mère, âgée de 29 ans, se suicide, laissant comme seul mot « Dites aux enfants que je les aimais terriblement »
Jusqu’à l’âge de seize ans, il avait cru qu’elle était morte d’une crise cardiaque. Beaucoup de non-dits dans cette famille.
Ce n’est qu’à l’âge de quarante ans, alors que son frère vient de mourir qu’il se penche sur la vie de sa mère.
Commence alors une quête incessante de plus de dix ans. Il rencontre toutes les personnes qui ont pu la connaître, lis tous les journaux intimes et toutes les lettres qu’il peut trouver chez les uns ou les autres, essaye de questionner son père, peu bavard sur le sujet, regroupe toutes les photos.
Au fil de ses découvertes se dessine le portrait de celle dont il ne se souvient plus.
Une femme belle, résolument moderne dans les années soixante, brillante, exaltée, rayonnante, indépendante.
Préoccupée de la place des femmes dans la société, elle a écrit un livre, « La femme captive ».

C’est écrit comme une enquête, et c’est une véritable enquête qu’il a menée avec obstination durant toutes ces années, cherchant sa place dans ce drame inexpliqué.
Malgré le côté méthodique et parfois répétitif, beaucoup d’émotion se dégage de cet écrit.
Ce n’était pas évident de présenter cela sous cet aspect presque froid, mais le pari est réussi.
Jeremy Gavron a su transmettre le drame que constitue le suicide d’un parent, les questionnements que cela pose tout au long d’une vie amputée.
De plus, il rend un magnifique hommage à cette mère trop tôt disparue.