Le centenaire d'emile guillaumin
EAN13
2000037231291
Éditeur
Grasset
Date de publication
Nombre de pages
161
Langue
français

Le centenaire d'emile guillaumin

Grasset

Indisponible

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OUVRAGES DE G. LENOTRE, DE L'ACADÉMIE FRANÇAISEA LA LIBRAIRIE GRASSET

Georges Cadoudal (16eédition).

La Petite histoire :

I. — Napoléon (Croquis de l'Epopée), 59eédition.

II. — Femmes (Amours évanouies), 42eédition.

III. — Paris et ses fantomes, 38eédition.

IV. — Versailles au temps des Rois, 38eédition.

V. — La Révolution par ceux qui l'ont vue, 30eédition.

VI. — dossiers de Police, 30eédition.

VII. — En suivant l'Empereur (Autres croquis de l'Epopée), 26eédition.

VIII. — Sous le bonnet rouge (Croquis révolutionnaire), 20eédition.

IX. — Paris qui disparaît, 29eédition.

X — En France jadis, 31eédition.

XI. — Existences d'artistes (De Molière à Victor Hugo), 22eédition.

XII. — Nos Français, 24eédition.A LA LIBRAIRIE PERRIN

La Guillotine pendant la Révolution (29eédition).

Le Vrai Chevalier de Maison-Rouge (30eédition).

Le Baron de Batz (29eédition).

Paris révolutionnaire (48eédition).

Vieilles Maisons, Vieux Papiers, Six Séries (88eédition).

Bleus, Blancs et Rouges (24eédition).

La Captivité et la Mort de Marie-Antoinette (45eédition).

Le Marquis de la Rouerie et la Conjuration bretonne (30eédition).

Tournebut : La Chouannerie normande au temps de l'Empire (1804-1809 (29eédition).

Le Drame de Varennes, Juin 1791 (50eédition).

L'Affaire Perlet (9eédition).

Le Roi Louis XVII et l'Enigme du Temple (29eédition).

La Mirlitantouille (19eédition).

Robespierre et la Mère de Dieu (19eédition).

Le Jardin de Picpus (19eédition).

Les Massacres de Septembre (1792) (37eédition).

Les Fils de Philippe-Egalité pendant la Terreur (1790-1796) (25eédition).

La Fille de Louis XVI (1794-1799) (35eédition).

Le Tribunal Révolutionnaire (1793-1795) (38eédition).

Les Noyades de Nantes (1793) (33eédition).

La Femme sans nom (19eédition).

Prussiens d'hier et de toujours. Deux Séries (13eédition).

Gens de Vieille France (18eédition).

Martin le Visionnaire (1816-1834) (13eédition).

Babet l'Empoisonneuse... ou l'empoisonnée (19eédition).

L'Impénétrable Secret du Sourd-Muet mort et vivant (15eédition).

La Compagnie de Jéhu (16eédition).

La Maison des Carmes.A LA LIBRAIRIE HACHETTE

Monsieur de Charette le roi de Vendée (15eédition).

La Proscription des Girondins (10eédition).A LA LIBRAIRIE MAME

Contes de Noel (25eédition).

Histoires étranges qui sont arrivées (20eédition).A LA LIBRAIRIE FIRMIN DIDOT

Les derniers Terroristes (20eédition).

Les Tuileries.A LA LIBRAIRIE CALMANN LÉVY

Le Chateau de Rambouillet (22eédition).

La Vie a Paris pendant la Révolution.

Tous droits de traduction, de reproduction et d'adaptation réservés pour tous pays.

© Éditions Grasset & Fasquelle, 2012.

9782246798613 — 1re publication

IMOLIÈREARMANDE

Si je disposais d'un volume, peut-être tenterais-je de résumer les polémiques suscitées, depuis deux cent cinquante ans, par la question de savoir qui était la femme qu'épousa Molière : elle se nommait Béjard, nul ne l'ignore ; mais de qui était-elle née ?

Il me faut bien brusquer la dissertation et prendre parti pour celle des solutions qui me paraît être la plus acceptable. Et afin d'entrer sans autre préambule dans le plein du sujet on doit d'abord mettre en scène un certain gentilhomme de beau nom et de grande famille, Esprit de Raimond, comte de Modène, « chambellan des affaires de Monsieur, frère du Roi. » Ce personnage semble n'avoir pour rôle que de rendre confus tous les épisodes auxquels il se mêle : d'abord, son nom déroute ; quoiqu'il s'appelât Modène, le comte en question n'avait rien du tout de commun avec les seigneurs d'Este, suzerains du duché italien du même nom. Parfaitement français, son Modène à lui était, — et est encore — une bourgade du Comtat Venaissin, située à deux lieues de Carpentras. Modène avait épousé, — pour sa fortune, — une femme de quinze ans plus âgée que lui, dont il attendait le décès avec une impatience imparfaitement dissimulée. Il aimait la vie joyeuse et n'était pas bourrelé de scrupules ; son histoire mouvementée le démontre surabondamment. Ayant connu à Paris une charmante personne, Madeleine Béjard, dont la vertu n'était pas farouche, il eut d'elle, en 1638, alors qu'elle avait vingt ans, une fille qui fut baptisée Françoiseà Saint-Eustache et dont quoique marié, comme on l'a dit, Modène eut l'effronterie de se déclarer le père. La petite Françoise fut tenue sur les fonts par la dame Marie Hervé, sa grand'mère maternelle et par J.-B. L'Hermite de Vausselle, « gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi », aventurier de noble race qui se trouvait là en famille, ayant épousé une certaine Marie Courtin, cousine germaine de Madeleine Béjard, mère de l'enfant nouveau-née.

Ceci paraîtra déjà quelque peu compliqué : il faut songer que ces Béjard qui eurent sur la destinée de Molière une si décisive influence étaient fort nombreux, que tous, père, frères, sœurs, cousins, cousines figuraient, avaient figuré ou devaient figurer dans la troupe nomade de l'Illustre Théâtre, et que, à cette époque lointaine, les comédiens en quelque sorte bannis de la Société, ne pouvaient guère s'unir qu'entre eux et se souciaient peu du tintouin, que l'enchevêtrement de leurs alliances homonymiques occasionneraient aux généalogistes de l'avenir.

L'Hermite de Vausselle, encore qu'il se flattât d'appartenir à la famille du fameux prédicateur de la première Croisade, avait donc épousé Marie Courtin, fille de théâtre, elle aussi et, par amour, il s'était astreint à suivre la troupe des Béjard. Après quinze mois de mariage, une fille lui était née en 1636, au cours d'une tournée ; on baptisa l'enfant en passant dans un village de la Beauce et on l'appela Madeleine, prénom de tradition dans la famille des Béjard, ce qui ne contribue pas peu à embrouiller les choses. Mme L'Hermite, toute aux soins de la maternité, abandonna la scène quelques années plus tard et alla se fixer avec son mari et sa fille dans le Comtat Venaissin, à Modène même, où le comte, qui vivait en camaraderie avec toute la tribu des Béjard, leur céda une de ses fermes. Sa maîtresse, Madeleine Béjard résolue à s'engager dans la troupe familiale, confia aux L'Hermite sa petite Françoise, pour épargner à celle-ci les fatigues des randonnées théâtrales ; elle trouvait à cette combinaison un autre avantage : Françoise grandirait ainsi sous les yeux de son père que Madeleine espérait toujours épouser si la chance permettait qu'il perdit sa femme légitime.

Je conjure ceux de mes lecteurs que rebuterait l'exposé de cet imbroglio de ne m'en pas tenir rigueur. Je le débarrasse de cent épisodes accessoires qui l'embroussaillent singulièrement et je certifie que de plus habiles que moi s'y sont également empêtrés. Au reste, le rébus se termine ici : il reste acquis que vers 1644, tandis que la sémillante Madeleine Béjard joue la comédie en province, sa fille Françoise vit aux environs de Carpentras chez ses cousins L'Hermite qui l'élèvent du mieux qu'ils peuvent, en compagnie de leur fille Madeleine. Et ceci dura jusqu'en 1652. A cette époque, la comtesse de Modène étant morte, Madeleine Béjard accourut, espérant se faire épouser. Explication orageuse, cris, sanglots menaces, évanouissements... Modène refuse net ; il ne veut pas donner son nom à une comédienne. Madeleine Béjard, ulcérée, enlève sa fille et, avec celle-ci, les cousins L'Hermite, et tous rejoignent à Lyon la troupe comique qui vient d'arriver dans cette ville. Dans un tableau de son personnel daté de cette année 1652, figurent au nombre des comédiens un sieur de Vausselle– c'est L'Hermite en personne, le gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi ; — Mlle de Vausselle c'est Mme L'Hermite ; — Mlle Madelous ; c'est leur fille Madeleine L'Hermite, qui a seize ans, — et Mlle Menou ; c'est Françoise Béjard qui en a quatorze. Molière, qui dirigeait la troupe depuis plusieurs années, vit alors cette enfant pour la première fois.

Six ans plus tard, après avoir bien couru la province, l'Illustre Théâtre se fixait à Paris ; le Roi l'adoptait et le logeait au Louvre : sa troupe comprenait des femmes charmantes : Madeleine Béjard, toujours sémillante, malgré ses quarante ans ; Mlle de Brie, qui fut l'Agnès de L'Ecole des Femmes ; Mlle Duparc, qui joua l'une des Précieus...
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