Olivier L.

par (Librairie l'Esperluète)
20 octobre 2021

On ne traduit pas le titre

Il est troublant ce titre parce que c'est une jeune femme allemande, peut-être pronazie, qui se raconte à son gynécologue. Ca fait quand même des liens avec le titre. Des liens bizarres. Peut-être est-elle totalement mythomane, mais la situation conduit plutôt à penser qu'elle est capable de tous les franchissements, de toutes les audaces, de toutes les transgressions. S'il ne s'agissait que de parler, ça ne serait rien, mais elle passe à l'acte... C'est troublant et c'est très drôle.

par (Librairie l'Esperluète)
20 octobre 2021

Pas une histoire classique

Un père veut aider sa fille, parce qu'il a un peu de relations. Son patron précisément, dont il est le chauffeur, et à qui il doit son emploi. La fille est jolie, le patron se permet tout, il a l'habitude de se servir, il est le maire. Le père est aveugle, il aime sa fille et admire son patron. Il est clair que ça va mal se passer, d'autant que c'est la fille qui raconte, à la police, et aussi parce que le père est boxeur quand il n'est pas chauffeur. Ce serait une histoire classique si ce n'était le style de Tanguy Viel qui, d'une histoire triste, fait que c'est beau.

Aram Kebabdjian

Éditions du Faubourg

18,00
par (Librairie l'Esperluète)
24 septembre 2021

Quand l'Europe devient romanesque

Les questions européennes ne font pas recettes, à tel point que, dès qu'un livre paraît sur le sujet, il agit comme un repoussoir à lecteurs. Il fallait bien que la littérature, et en particulier un livre, s'y intéresse pour changer ce malheureux état de fait. Le voilà, il est là, c'est L'hymne à la joie de Aram Kebabdjian. Il met en scène Sigmund Oropa, au nom sans doute prédestiné à l'Europe, enfermé dans un placard de la commission, juge sans procès à instruire, héritier d'une famille mafieuse, en mal de justice. Tel Don Quichotte, il se saisit d'enregistrements sur de probables détournements de fonds autour des camps de migrants, part enquêter sur le terrain ; on ne doute pas que ce bureaucrate oublié va se battre contre des moulins comme son illustre prédécesseur, tout aussi ridicule et vain, pitoyable et émouvant, comique aussi par la grâce d'une plume amusée. On pourra cependant compter avec ces combats qu'on ne peut éviter de mener : la quête de son idéal, de sa jeunesse, de la possibilité du désir et de la joie d'agir. Bancal et démuni, ce personnage aux ambitions improbables pourrait bien vivre une nouvelle épopée picaresque, trouver un nouveau souffle, quitte à ce que ce soit le dernier.

Six of crows

Milan

18,90
par (Librairie l'Esperluète)
4 août 2021

Six of Crows de Leigh Bardugo

Kaz, Inej, Jesper, Nina, Matthias et Wylan. Ensemble, ils forment les Six of Crows et sont bien déterminés à faire plier Ketterdam. Pour cela, tous les moyens sont bons et ils acceptent tous les contrats, y compris lorsqu'ils doivent s'introduire dans le Palais des Glaces pour un casse impossible.

Une aventure épique en deux tomes et à suivre dès 12 ans.

Roxane

18,50
par (Librairie l'Esperluète)
1 juin 2021

Un fou, un assassin, un peu des deux, un peu de nous ?

Le cerveau de la famille est un cerveau perturbé. C'est sans doute qu'il est difficile à un seul cerveau d'abriter plusieurs occupants. Au moins Kamroche et Babolowski, mais peut-être aussi le père de Kamroche. Comme Kamroche réside à Paris, sa famille, voulant profiter de la grande ville, se présente à son domicile, pour y être hébergée. Mais ça fait beaucoup de monde, c'est peu supportable, et Kamroche préfère les assassiner : il a en effet des rapports assez tendus avec les autres membres de sa famille, qui, eux, ne sont pas des cerveaux. De la grande ville, il fuit bientôt à la campagne pour éviter les conséquences de son forfait. Mais il est bientôt poursuivi par des campagnards peu accueillants de l'extérieur, et de l'intérieur par le père qui semble avoir survécu dans ce cerveau décidément bien encombré.
Féroce et drôle, ce livre de folie, de fantasme et de persécution peut aussi être lu comme un livre fantastique : une nouvelle créature d'un Frankenstein intérieur qui transforme le narrateur en monstre solitaire, observateur de lui-même, étonné et doutant de son identité. Un monstre comme on peut tous en trouver un en nous-même dans nos meilleurs cauchemars, le rire en plus.