Lara C.

delicious foods

James Hannaham

Globe

22,00
par (Librairie L'Armitière)
17 août 2020

C'est au prix de ses mains tranchées qu'Eddie, "le manchot pas manchot", a chèrement gagné sa liberté.

Échappant à une ferme gigantesque qui ne fonctionne que grâce à l'exploitation de toxicomanes, ce dernier tente à la fois de se reconstruire en dehors mais aussi de retirer de l'emprise de Delicious FoodⓇ sa mère, Darlène.

Et au milieu de tout ça, il y a Scotty, autrement connu sous le nom de cristal meth, la drogue, cet amant jaloux qui fait tout ce qu'il est possible de faire pour retenir également Darlène après l'avoir entraînée dans sa chute.

D'une grande puissance narrative renforcée par les voix plurielles d'Eddie, de Scotty, et de Darlène, "Delicious FoodⓇ" dépeint les esclavages tout à la fois de la drogue et de l'exploitation de femmes et d'hommes qui pensent trouver le planche de salut en un travail honorable et finissent réduits à l'état de néant.

Par ce roman, James Hannaham pointe du doigt les ressorts de l'esclavage contemporain en soulignant une mécanique implacable visant à tromper des personnes en situation de vulnérabilité par des annonces alléchantes, les faisant victimes de violences, d'humiliations diverses, les endettant et en leur mettant à disposition de la drogue pour mieux les retenir. 
"Delicious FoodⓇ" présente un côté d'autant plus glaçant que tout ceci n'est peut-être que trop réel pour certain.e.s.

À lire pour l'excellente plume de l'auteur et de sa traductrice, ainsi que pour son sujet !

Mes fous, [roman]

[roman]

Éditions de L'Olivier

17,00
par (Librairie L'Armitière)
15 août 2020

Avec "Mes fous", Jean-Pierre Martin nous décrit les trajectoires de "fous" au travers de son personnage Sandor. Récemment séparé, mis en arrêt maladie ce père de famille semble attiré les "êtres errants" comme il les appelle et doit également faire face a la schizophrénie paranoïde dont souffre sa fille.

Et si Sandor était malade également ? A moins qu'il n'aspire qu'à plus de sobriété pour recoller les morceaux de sa vie ?

Des portraits attachants autour d'un homme qui essaye de comprendre son (un) monde qui ne tourne plus rond...

La femme-écrevisse
par (Librairie L'Armitière)
6 août 2020

Trois époques, trois destins, une même tragédie

Amsterdam 1642, Berlin 1920, Paris 1999 : autour de trois époques se nouent le destin de trois membres d'une même famille, autour d'une oeuvre, la femme-écrevisse.

Cette dernière, gravure représentant un personnage hybride, tantôt monstrueux, tantôt désirable selon le prisme de chacun, traverse les siècles au sein de la famille Von Hauser. Quasiment dotée d'une vie propre, la femme-écrevisse semble cristalliser une malédiction, à moins qu'elle ne soit que le reflet des fêlures de celles et ceux qui la regardent.

Autour de Margot, Ferdinand et Grégoire, personnages caractérisés par une sensibilité artistique forte, et un désir de voir plus grand en sortant de leurs carcans respectifs, se dessinent trois trajectoires marquées par la maladie psychiatrique.

Porté par une écriture fine et une plume sensible, La femme-écrevisse dépeint avec délicatesse autant que crûment la perte de soi.

Et les vivants autour
par (Librairie L'Armitière)
30 juillet 2020

Jeanne est dans le coma. Depuis 4 ans. Rien ne bouge, et pourtant. Un jour, il arrive quelque chose. Et tout bascule. Son entourage, qui était lui aussi endormi, se réveille.

Tenant plus du roman noir que du thriller, "Et les vivants autour" est un implacable portrait des relations humaines qui se nouent autour d'un drame apparent, une déconstruction ou une reconstruction de soi, cristallisée autour du personnage de Jeanne, qui navigue à la périphérie des questions éthiques relatives à la vie. Quel brassage des thèmes ! Un très bon roman que je recommande vivement.

Comme un chien
21,50
par (Librairie L'Armitière)
30 juillet 2020

C'est l'histoire de Della, une enfant star dont les parents ont bien compris l'intérêt financier qu'ils pouvaient en tirer. Victime d'un accident, ce porte-monnaie sur patte est défiguré. Et ça tourne mal. Parce qu'avec tout ça, la famille part en cacahuète. Heureusement, il y a Cathie, le chien.

Ce roman est horrible à bien des égards. Horrible non pas parce qu'il manque de talent, mais parce qu'on suit l'explosion en plein vol d'une cellule familiale déjà bien dysfonctionnelle. Ce roman est horrible parce que sous couvert du fantastique, il dépeint des tragédies. Ce roman contient des personnages horribles.

C'est un roman qui m'a suivie bien après ma lecture. C'est donc un roman coup de coeur.