Manuel H.

Couleurs de l'incendie
par (Librairie La Buissonnière)
8 janvier 2018

L'Art de la chute !

"Couleurs de l'incendie" est le passionnant deuxième volet de la trilogie inaugurée avec "Au revoir là-haut", prix Goncourt 2013, où l'on retrouve l'extraordinaire talent de Pierre Lemaitre ! De son œil aiguisé, le romancier y dresse le cinglant portrait d'une France du début des années trente où la corruption des pouvoirs, l'ambition dévorante de chacun et la cupidité de tous conduisent sans vergogne aux escroqueries les plus douteuses... De sa plume acérée, Pierre Lemaitre mène une danse machiavélique où la chute, le désespoir et la vengeance font tour à tour tourbillonner le lecteur. Etourdissant !

Au revoir là-haut
8,60
par (Librairie La Buissonnière)
24 décembre 2017

Ici-bas !

Albert et Edouard, gueules cassées de Grande guerre, rejetés par une société qui préfère les héros morts aux encombrants survivants des tranchées, décident de se venger en montant une escroquerie aux monuments aux morts, véritable subversion haute-en-couleurs.
Avec des personnages formidablement campés, aussi drôles qu'émouvants, servis par un humour grinçant et une ingénieuse trame romanesque, Pierre Lemaître dresse un portrait au vitriol de la France de 1918. Prix Goncourt 2013. Adaptation cinématographique par Albert Dupontel, 2017.

Patrimoine ferroviaire

Fournier, Luc

Editions du Patrimoine

45,00
par (Librairie La Buissonnière)
10 décembre 2017

Une épopée de première classe

Le monde ferroviaire a profondément transformé la vie des hommes et les territoires. De la vapeur au TGV, il est source d'une puissante mémoire collective. Son patrimoine reflète cette épopée humaine, technique, esthétique et sociale. Une intense histoire que met passionnément en valeur ce beau-livre.

Des lettrines aux reflets d'acier sur un fond à la brillance anthracite : la magnifique couverture de Patrimoine ferroviaire porte déjà en elle un long voyage et deux cents ans d'histoire. Elle laisse s'échapper un imaginaire puissant, évoque le bruit et la fureur des locomotives à vapeur, leur entrée fumante comme l'enfer dans ces cathédrales du monde moderne que sont les gares. Un imaginaire qui s'appuie sur un réel de machines, de constructions monumentales et d'ingénieuses infrastructures qui ont irrigué et transformé le pays jusqu'aux plus profonds de ses territoires, marquant toutes les générations, constituant alors une mémoire collective considérable. Pour l'entretenir et conserver ce lien entre notre modernité contemporaine et celle des deux siècles précédents, il était nécessaire d'inscrire nombre de ces objets et monuments pour constituer un patrimoine ferroviaire que ce beau-livre de Luc Fournier, avec la collaboration de Clive Lamming, met admirablement en valeur, avec passion et précision.
Abondamment illustré par un riche fond photographique, l'ouvrage propose une approche chronologique en quatre périodes, s'étendant de la création de la première ligne ferroviaire en 1827 à nos jours. La présentation de chacune de ces périodes permet d'en comprendre les différents enjeux, les nombreuses évolutions et les voies parfois sinueuses composées de défis techniques, économiques, politiques, sociaux et esthétiques comme autant de reflets de notre histoire collective. Chacune de ces périodes est formidablement agrémentée d'un cahier d'une dizaine d'encadrés qui diversifient la lecture en offrant une approche thématique et des éclairages originaux sur des sujets parfois inattendus. La place est alors faite aux anonymes des chemins de fer, comme les voyageurs dans « La liseuse, la bouillotte et la chaufferette... », mais aussi les chauffeurs, les mécaniciens, la place des femmes dans cet univers professionnel et les cités cheminotes, résultant de préoccupations sociales comme politiques. D'Henri Daumier, chroniqueur acéré des chemins de fer aux Zola et Renoir de « La Bête humaine », les créations artistiques qu'inspire cette épopée ferroviaire ne sont pas oubliées : elles participent elles aussi de la légende et de la mémoire collective, comme un aller et retour permanent du réel à la fiction. Ainsi « Le chemin de fer en guerre vu par le cinéma » et l'étonnant monorail suspendu au-dessus du sol, prototype fabriqué dans les années 60 et filmé par François Truffaut en 1966 dans « Fahrenheit 451 », objet tristement vandalisé quelques décennies plus tard. D'où l'importance de conserver ces objets remarquables par leur histoire et leurs qualités techniques et esthétiques. Un cahier de notices aux pages argentées complète ainsi chaque période historique. Il présente un florilège judicieux de ce patrimoine ferroviaire sauvegardé composé de locomotives mythiques, de gares monumentales et d'ouvrages d'art exceptionnels, comme le légendaire viaduc de Garabit.

La Tapisserie francaise

Papounaud B-H.

Editions du Patrimoine

49,00
par (Librairie La Buissonnière)
10 décembre 2017

Aux fils de l'Histoire

Somme précieuse et accomplie, La tapisserie française dévoile huit siècles de trésors et d'excellence d'une fascinante geste artistique et artisanale. Ce reflet d'une Histoire riche de couleurs et de formes comblera le lecteur de ses beautés soigneusement reproduites et délicatement mises en valeur.

Le portfolio qui ouvre la première partie de La tapisserie française dévoile une réjouissante explosion de formes et de couleurs. Il révèle tout à la fois la fascinante beauté de cet art ostentatoire et la fragilité de ce mobilier exposé à travers les siècles, soumis aux outrages du temps et aux aléas de l'Histoire. Puisant notamment dans les trésors du mobilier national, ce généreux ouvrage dévoile les pièces les plus exceptionnelles qui nous sont malgré tout parvenues depuis le Moyen Âge et conservées aujourd'hui avec le plus grand soin.
Reflet de l'Histoire, ces tapisseries sont présentées selon une approche chronologique détaillée et amplement développée siècle par siècle. On découvre ainsi leur émergence à partir du XIVe siècle avec des joyaux comme la tenture de "L'Apocalypse", actuellement exposée au château d'Angers, originellement composée de six pièces mesurant chacune environ 23,50 mètres de long sur une hauteur de 6 mètres, dont la confection a nécessité six à sept ans de travail. On y retrouve bien entendu la fameuse tenture de "La Dame à la Licorne" exposée au musée de Cluny – musée du Moyen Âge à Paris. Les détails reproduits ici en montre toute la splendeur. Ce sera ensuite l'essor de cet art puis son âge d'or au Grand siècle. Pour en saisir l'ampleur, les auteurs donnent à voir la diversité des thématiques développées (historiographique, littéraire, mythologique, biblique, etc.), ils précisent le rôle et la puissance des commanditaires comme la destination de ces ensembles fabuleux. Une grande place est également faite aux artistes qui créent les cartons servant de modèles aux artisans qui réaliseront les tapisseries, ces lissiers anonymes qui glisseront les fils de trame entre les fils de chaîne dans les ateliers d'excellence des Gobelins à Paris ou ceux de Felletin et d'Aubusson qui accueille aujourd'hui la Cité internationale de la tapisserie.
Soumise à l'Histoire comme à l'évolution de la société, la création de tapisseries voit ce faste se ternir après la Révolution française et les débuts de l'ère industrielle avec l'apparition, par exemple, des papiers peints. Cette remise en cause et ces nouvelles interrogations sont l'objet de la palpitante seconde partie de l'ouvrage La tapisserie, miroir de la modernité. Tout au long du XXe siècle, les dirigeants d'ateliers comme les créateurs vont explorer de nouvelles voies pour réinventer cet art, faisant évoluer les savoir-faire du passé sans les trahir. L'ouvrage fait alors entrer le lecteur dans les ateliers, au plus proche de la création contemporaine et de cet art d'excellence, de haute précision et de haute patience. Les éditions du patrimoine nous offre une somme à cette image, tout en finesse et en élégance jusque dans les détails de sa police de titre qui n'est pas sans joliment rappeler les fils de trame. Le lecteur, spécialiste, curieux ou simple amateur de la beauté de choses est comblé. Un plaisir qui se prolonge dans le ludique album de trente coloriages issus de reproductions de l'ouvrage et des collections patrimoniales.

La gloire des maudits
par (Librairie La Buissonnière)
30 octobre 2017

Stigmates

Après "Les fidélités successives" roman paru aux éditions Albin Michel en 2012, Nicolas d'Estienne d'Orves poursuit son travail d'exploration des années noires de l'Occupation révélant les stigmates qu'elles ont laissés sur la société française des années cinquante. Avec des personnages aux ambiguïtés multiples, au passé trouble, aux petits et grands mensonges, aux petits et grands arrangements, il conduit un roman haletant tout en mettant le monde littéraire de l'époque sous le scalpel de son stylo.