Le Carnet À Spirales .

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Les lectures de l'équipe du Carnet à spirales pour vous aider dans vos choix, vous accompagner dans vos nuits blanches, dans vos heures d'évasions romanesques.
Peu adeptes des étoiles nous avons décidé d'en donner 5 par défaut à nos recommandations.
Au plaisir de vous lire et de vous recevoir au Carnet à spirales

Enquête sur une femme libre

Ann Marks

Delpire éditeur

29,00
par (le Carnet à spirales)
1 décembre 2021

UNE FEMME EN PLEIN JOUR

En 2019, Gaëlle Josse nous avait passionnés et émus avec son excellent roman « Une femme en contre jour » qui relatait la vie énigmatique de la non moins énigmatique Vivian Maier, photographe de génie inconnue de son vivant. Ann Marks, elle, a mené une enquête minutieuse et acharnée sur cette femme au parcours atypique qui consacra sa vie entière à la photo. Dans cette biographie émaillée de plus de 400 photographies, elle passe au crible des milliers de clichés, édifie patiemment l'arbre généalogique de Vivian Maier, assemble les pièces d'un puzzle compliqué pour nous offrir un portrait complet et détaillé d'un femme ambivalente, terriblement indépendante qui a laissé derrière elle une œuvre colossale qui aurait pu tomber dans l'oubli. Le portrait d'une femme exceptionnelle mais aussi d'une époque, d'un pays dont Vivian Maier a su saisir l'essence. Un document passionnant.

22,00
par (le Carnet à spirales)
5 novembre 2021

Ames sensibles, ne vous abstenez pas !

Iode est un jeune garçon qui vit seul sur une presqu'ile et qui attend chaque matin une lettre que sa mère lui avait promise. Sa vie va changer radicalement le jour où il rencontre Frangine, une jeune autostoppeuse avec une mystérieuse valise, qui travaille pour un groupe mafieux "la Pieuvre". Une véritable ode à l'amitié avec un personnage agaçant mais tellement attachant, qui fait preuve d'un dévouement sans limite face aux gens qu'il aime. Une histoire onirique, des illustrations magnifiques aux couleurs franches mais pas criardes, avec un style japonisant très marqué digne d'un film de Miyazaki. On est happé par cette histoire, avec une irrésistible envie de savoir la fin, on pleure, on rit, et ce n'est pas pour rien moi je vous le dit !

par (le Carnet à spirales)
21 septembre 2021

Un coup de téléphone surprenant...

Samuel est en plein dans une drôle de phase : il a un travail ingrat, il déteste son patron, il vit dans un tout petit appartement, il a seulement deux amis (qui ont l'âge d'être ses parents), il est célibataire, et il appelle son ex tous les ans depuis 8 ans, lors de son anniversaire (qu'il passe tout seul). Mais pour une fois cette année, il va composer un numéro qu'il connait par cœur, celui de sa maison d'enfance... Et cette décision va venir bouleverser sa vie !
Une bande-dessinée si touchante, remplie d'amour et de bienveillance. Des illustrations magnifiques, qui nous plongent immédiatement dans l'histoire, et qui reprennent des couleurs au fur et à mesure que le personnage évolue et gagne en confiance. Coup de cœur de l'équipe !

21,00
par (le Carnet à spirales)
24 août 2021

Ils ont été peints, décrits, poétisés. Ils ont porté la fierté de tout un peuple. Ils ont nourri des générations et des vocations. Les paysans. Corinne Royer, dans un roman librement inspiré de l’histoire de Jérôme Laronze, assassiné en 2017 par des gendarmes, rend hommage à ces femmes et à ces hommes.

Le tour de force de Corinne Royer est d’avoir su canaliser sa forte colère, sa profonde indignation, afin d’aider à porter la parole de ceux qui se taisent, qui subissent l’absurdité du système administratif. Jérôme Laronze est devenu le temps du roman Jacques Bonhomme, patronyme fort de sens. Neuf jours de cavale, de solitude, de regrets, de souvenirs. Neuf jours dans les forêts à éviter l’inéluctable arrestation. Neuf jours d’un rapport quasi charnel à la terre, d’un amour immodéré de son métier, d’une plongée en pleine nature, d’un manque croissant, celui du contact des bêtes. Neuf jours de lectures, de ces livres partout dans la ferme, de cette culture indispensable à sa survie. Entre chaque jour, s’expriment ceux qui ont connu de près ou de loin Jacques. Le vieux Baptiste, la mémoire vivante, Arnaud, le devenu moitié-vivant… Cette plongée en apnée dans ce monde paysan permet d’en contempler l’isolement, d’en comprendre l’oubli, de saisir l’absolu cynisme des règles édictées. La fête pour un procès gagné contre l’administration mais pour combien de défaites, pour combien d’hommes tombés au champ, pas celui d’honneur, non, celui d’une corde à la poutre maîtresse d’une grange branlante. Tous savent que Jacques est victime, que cela finira mal, mais ne peuvent lui venir en aide autrement que par un geste de soutien, un élan de solidarité pour rentrer un fourrage, aider une bête à mettre bas. Toutefois, ils ne peuvent plus rien face au déferlement administratif contre-productif, creusant encore davantage le fossé séparant cette Pleine Terre de cette pleine paperasse. Cette dernière devait garantir le bien-être animal mais devient le fossoyeur de l’animal et de l’éleveur. Corinne Royer ne cherche pas à juger, à moraliser : elle rend seulement compte et c’est plus terrible encore. Un roman fort et émouvant pour secouer les consciences et sortir Jérôme de l’oubli où il est tombé, comme est tombé dans l’indifférence ce monde paysan.

In "Page des libraires" - Septembre 2021

par (le Carnet à spirales)
24 août 2021

Azouz l’a rêvé : la maison de ses défunts parents à Sétif en Algérie prend l’eau. Il doit y retourner. Son frère aîné Samy, malgré sa réticence à quitter la France, accepte de l’accompagner dans ce retour aux sources. Et pendant que l’un peste contre ce pays qu’il ne reconnaît plus et cette maison qui tombe en ruines, menacée par les racines d’un arbre, l’autre prend part au soulèvement démocratique qui ébranle l’Algérie et reconquiert le cœur de celle qu’il a quittée des années auparavant, cette femme fascinante hantée par le massacre de ses parents durant la guerre civile. Mais, dans ce pays sublimé par des années d’absence, Azouz et Samy comprennent qu’ils sont ici aussi des étrangers. Entre l’arbre ou la maison il faut choisir : abattre l’un, démolir l’autre. Peuvent-ils eux aussi sacrifier une identité à une autre, ces binationaux à peine tolérés des deux côtés de la Méditerranée ? Un roman entre rire et larmes, empli de tendresse et d’intelligence.

In "Page des libraires" - Septembre 2021