Le Carnet À Spirales .

https://www.facebook.com/librairielecarnetaspirales/?fref=nf

Les lectures de l'équipe du Carnet à spirales pour vous aider dans vos choix, vous accompagner dans vos nuits blanches, dans vos heures d'évasions romanesques.
Peu adeptes des étoiles nous avons décidé d'en donner 5 par défaut à nos recommandations.
Au plaisir de vous lire et de vous recevoir au Carnet à spirales

Rade amère

Ronan Gouézec

Le Rouergue

par (le Carnet à spirales)
20 mars 2020

Ronan Gouézec pratique le vagabondage côtier et littéraire, dixit son éditeur. Il pratique aussi, avec grande maîtrise, la pêche au lecteur, qu'il harponne pour ne plus le lâcher.
Caroff, ancien pêcheur, traîne ses misères sur la rade de Brest, pousse la porte de son mobil home pourri au fond d'une impasse industrieuse, entoure de ses bras sa femme et sa fille, ses seules bouées. Un paria. Caroff est un paria qui a, par folie ou inconscience, perdu un jeune matelot en mer. La rancune est tenace sur le Port, les marins ne lui font pas de cadeaux. Brieuc, lui, se refait une santé après le départ de sa femme, réapprend à vivre, entreprend. Ces deux là ne se connaissent pas, rien pour les rassembler. Et pourtant. Tranquillement, Ronan Gouézec serre le nœud coulissant de son intrigue. Il alterne avec talent scènes de pêche innocentes et balades en compagnie d'un couple de retraités. Caroff a basculé. Il a accepté un contrat et pêche désormais de la drogue en ballot en compagnie de deux petits caïds. Il a mordu à l'hameçon mais pense encore pouvoir échapper à la nasse. Bien sûr Caroff rencontrera Brieuc pour un feu d'artifice final. Paradoxalement ce "noir" se dévore mais s'apprécie aussi lentement. L'homme est un animal à apprivoiser ou à combattre dans une nature tour à tour superbe ou hostile, il est sûr de lui cet animal mais tellement minuscule face à l'océan.

Made in Trenton

Tadzio Koelb

Buchet/Chastel

par (le Carnet à spirales)
20 mars 2020

1946 à Trenton, Etats Unis, ville industrielle et populaire. Abe Kunstler est un homme travailleur et consciencieux à l'usine, alcoolique et noceur à la ville, en bref le modèle parfait de l'ouvrier américain de l'époque. Sauf qu'Abel est un imposteur qui a enfoui son passé très profondément et qui défend bec et ongles son présent. Quel mystère cache ce corps ? Quel secret derrière les bandages sous les vêtements ? Un premier roman noir, percutant et original.

Voyou

Itamar Orlev

Le Seuil

par (le Carnet à spirales)
20 mars 2020

Tadek, écrivain plus ou moins raté vivant à Jérusalem, décide de retourner en Pologne, son pays natal, pour y revoir son père, que sa mère, d'origine juive, lassée de sa brutalité, de son alcoolisme, de ses infidélités avait quitté vingt ans auparavant, emmenant ave elle ses enfants en Israël. Il pense que ce voyage sera l'occasion de se délivrer de cette image paternelle qui le hante, quelquefois aimante, souvent brutale et alcoolisée et espère une reconnaissance de la part de cet homme. Il y trouvera un vieillard diminué physiquement mais n'ayant rien perdu de sa virulence verbale et de sa violence, un homme ambivalent, égocentrique, menteur, qui n'a pas été épargné par la vie mais qui n'a épargné personne en retour, pas même sa famille. Une histoire de la Pologne, des années 40 jusqu'à la fin des années 80, une histoire d'un homme confronté à son démon, ce père qu'on aime et qu'on déteste, qui nous fait souffrir et qui étrangement nous attendrit malgré nous. Une confrontation père/fils haute tension.

La révolte

Clara Dupont-Monod

Stock

par (le Carnet à spirales)
20 mars 2020

Aliénor d’Aquitaine fut l’une des reines les plus influentes de l’Histoire de France et d’Angleterre. De France, parce que cette jeune fille sensuelle et cultivée épouse en 1137 Louis VII. D’Angleterre ensuite car, deux mois après l’annulation de son mariage avec ce roi bigot et empesé, elle lie son destin et ses terres au fougueux Henri II Plantagenêt. C’est par la voix du fils préféré, le très charismatique Richard Cœur de Lion, que cette femme forte et ambitieuse prend vie sous nos yeux et soulève trois de ses fils contre leur père Henri dans cette période appelée la Révolte qui la conduira à quinze années de captivité. Comme dans Le Roi disait que j’étais diable (où il est question du couple fort mal assorti Louis/Aliénor) Clara Dupont-Monod fait palpiter dans ces pages exaltantes l’amour d’une mère (pourtant froide et distante) pour son fils.

Marcher droit, tourner en rond

Emmanuel VENET

Editions Verdier

par (le Carnet à spirales)
20 mars 2020

Jouissif. Cette lecture est jouissive. Non que je souhaite à quiconque d'être atteint par ce syndrome mais cette liberté de ton est jouissive. Au diable les conventions, les façades de circonstances, les discours plaisants, les inventions post-mortem afin d'élever au ciel étoilé le défunt sur un piédestal de fabrication bigote - Au diable. Entre le discours et l'acte, les paradoxes s'avèrent nombreux, la parole est, pour notre protagoniste, un engagement fort, un acte fondateur de l'existence. "L'homme qui se livre" va nous offrir sur un plateau les têtes de sa famille, tranquillement, relevant ci et là les incohérences, les hypocrisies.... Jouissif, donc !