Le Carnet À Spirales .

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Les lectures de l'équipe du Carnet à spirales pour vous aider dans vos choix, vous accompagner dans vos nuits blanches, dans vos heures d'évasions romanesques.
Peu adeptes des étoiles nous avons décidé d'en donner 5 par défaut à nos recommandations.
Au plaisir de vous lire et de vous recevoir au Carnet à spirales

Jusqu'à la bête

Timothée Demeillers

Asphalte

par (le Carnet à spirales)
20 mars 2020

Une frappe derrière la nuque. Le froid des abattoirs. La routine du "planton des frigos". Des phrases courtes comme un couteau plongeant dans la chair. L'abattement de l'homme abattu par les mêmes gestes mille fois recommencés. L'agonie de l'espoir. Les maigres lueurs d'espoir. Le corps d'une femme aimée. Le corps d'une autre, qui prend entre ses bras, la place de la bête morte. Cette tuerie commerciale qui ravage l'esprit. Cette routine quotidienne sur la chaine de l'usine. Cette vie dehors qui se réchauffe parfois au soleil d'une plage à Pornic, dans la solitude d'une partie de pêche, dans l'isolement de la caravane. Cette vie dehors triste. Cette vie dehors ressemble à celle du "Grand soir", les néons, le Super U chauffé ou climatisé, lieu rassurant, viandes sous cellophane, viandes poussant des caddies.

Un court texte, mais un grand texte. Un coup au plexus. Est-ce toi Erwan qui est fou ou est-ce la vie qui est devenue folle ? Perso j'ai mon idée sur la question.

L'ivresse du sergent Dida

Olivier Rogez

Passage

par (le Carnet à spirales)
20 mars 2020

Le destin extraordinaire d'un simple militaire qui se hisse au sommet de l'état. Un premier roman maîtrisé, aux couleurs et aux parfums de l'Afrique, Une réflexion sur le pouvoir politique et son utilisation. Intelligent, actuel et universel.

Le Poids de la neige

Christian Guay-Poliquin

Editions de l'Observatoire

par (le Carnet à spirales)
20 mars 2020

Un face à face sublime, un corps à corps superbe entre deux hommes forcés de vivre côte à côte dans une vieille demeure délabrée , tenus à l'écart du monde à cause d'une panne d'électricité générale mais surtout par les caprices de la nature, la rigueur de l'hiver, la morsure du froid qui font peu à peu monter l'angoisse et la tension. Un roman magnétique.

Simple

Julie Estève

Stock

par (le Carnet à spirales)
20 mars 2020

Antoine Orsini est mort mais nul ne le pleure. Son enterrement doit se faire. Il se fait. Dernière à se pencher sur son cercueil, la Mère Biancarreli lui rend son hommage, « se racle la gorge, flanque le crachat dans le trou ».

Le ton est donné. La scène inaugurale annonce la couleur, la teinte choisie par Julie Estève pour Simple. Antoine est le « baoul » de ce petit village corse, le simple, l’idiot, le pas fini. Il se raconte, narrateur attachant de ce court roman émouvant, avec son fidèle compagnon Magic. Cruel, l’homme sait l’être, assurément, endormi dans ses certitudes, apte à condamner avec comme seule justice, la trompeuse évidence. Le « baoul » fit de la tôle, quinze ans, pour le meurtre de Florence, son amie, sa seule amie, son amour de gosse. Un drame pour celui qui aime la liberté, la nature somptueuse car lui sait encore, dans l’innocence de sa différence, la beauté des choses, cette poésie endormie dans un bouquet de fleurs. Il rêve, le baoul, il rêve d’espace, de navettes, il parle aux spationautes dans sa petite cabine téléphonique, il rêve éveillé. Il a un pote, surnommé E-T, car sa tête est bizarre, ce seul pote. Tendre, le baoul l’est mais ses crises de violence, de désespoir sont énormes, incontrôlables. Ce sont celles d’un enfant non voulu, non souhaité, souffre-douleur d’un père apte à frapper, à crier, à insulter, coupable désigné de la mort de sa femme : « Dans ton crâne, c’est le désert des Carpates ! », disait ce père alcoolique. Le baoul parle, se confesse à sa chaise en plastique, cette chaise percée qui reçoit ses réflexions pertinentes sur les gens du village, sur la vie, la religion, la mort. On peut être baoul mais pas aveugle. Antoine est simple, certes, mais il reconnaît la bassesse dans les comportements humains, les braves et les couards, les vicieux et les purs, les escrocs et les sincères. Simple est un roman puissamment émouvant, cruellement réaliste, d’une écriture originale et inventive qui fait corps (et âme) avec son personnage singulier et pluriel. Une réussite.

Le roi chocolat

Thierry Montoriol

Gaïa Éditions

par (le Carnet à spirales)
20 mars 2020

Un destin : celui de son aïeul, journaliste lyrique, qui deviendra le « Roi Chocolat » en créant Banania. Un conteur : Thierry Montoriol, déjà admiré dans Le Baiser de la tortue (Gaïa). Une rencontre haute en couleur, haute en saveur : Le Roi Chocolat.

Écrit à partir des carnets du journaliste, Le Roi Chocolat est un roman d’aventure(s) où la vérité dépasse la fiction, où la langue virevoltante, joyeuse, précise, sensuelle et amusée de Thierry Montoriol fait mouche. Aventure de l’homme parti en Amérique latine en 1910 qui, tel Indiana Jones, luttera, vaincra – prêt à succomber – en avion, bateau, voiture ! Aventure entrepreneuriale de l’homme revenu de tout, qui mettra Paris à ses pieds, dans sa tasse de chocolat. Aventures sensuelles entre les mains de femmes-tigresse, de femmes-maîtresses. Aventure de la chute, chute d’un royaume, d’un piédestal d’un homme trop pur. Ce roman rend hommage à cet aïeul si étonnant, à ses femmes si envoûtantes, à un siècle si riche, de la guerre aux folles années.