Le Carnet À Spirales .

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Les lectures de l'équipe du Carnet à spirales pour vous aider dans vos choix, vous accompagner dans vos nuits blanches, dans vos heures d'évasions romanesques.
Peu adeptes des étoiles nous avons décidé d'en donner 5 par défaut à nos recommandations.
Au plaisir de vous lire et de vous recevoir au Carnet à spirales

Le Turquetto
8,00
par (le Carnet à spirales)
11 avril 2020

Constantinople, 16ème siècle. Au milieu des rues animées et du Grand Bazar , Elie, jeune Juif, ne vit que pour sa passion, hélas entravée par sa religion : la peinture. Pour assouvir sa soif de pigments et de couleurs et pratiquer librement son art, il embarque précipitamment pour Venise où il exerce dans les ateliers de Titien avant de prendre son envol vers la gloire et la notoriété jusqu'à la chute, inévitable ? Métin Arditi nous fait franchir le temps et les frontières, nous plonge au coeur de l'art, du pouvoir, de l'influence de la religion, de la vanité qui conduit à l'anéantissement de la beauté. Tout simplement brillant.

Petits oiseaux / roman

Ogawa, Yôko

Actes Sud

7,80
par (le Carnet à spirales)
10 avril 2020

Petits oiseaux

C’est avec lenteur et bonheur que j’ai suivi cette histoire. L’histoire de deux frères inséparables, ne pouvant vivre l’un sans l’autre. Une relation toute particulière puisque l’un parle le « pawpaw » proche de la langue des oiseaux et que seul son cadet peut déchiffrer, des mots flûtés oubliés depuis longtemps par les humains. Différents du reste du monde, ils vont alors s’isoler, s’inventer une vie et se créer leur propre bonheur, loin du superflu. Avec Yoko Ogawa, tout devient majestueux même les détails infimes tel que le froissement du papier, la saveur acidulée d'un bonbon au citron, le bruissement d'ailes de papillons... Mais il y a aussi des enfants, des livres, une bibliothécaire, des sucettes pawpaw, une pharmacienne, un grillon et un vieux monsieur...
Bref un style onirique et raffiné qui nous laisse comme en suspens…

1, Beastars
6,90
par (le Carnet à spirales)
4 avril 2020

Beastars

Multi-primé dans son pays d’origine (prix Osamu Tezuka, Manga Taishô Awards 2018, Japan Media Arts Festival…), Beastars est indéniablement un des mangas qui ont fait le plus parler d'eux cette année. Et à juste titre ! Une mangaka qui pour son premier manga commence très fort !

Pour vous faire une idée de l’univers de Beastars, mélangez animaux anthropomorphes, fond thriller et théâtre, romance et psychologie (un petit air de Blacksad, non ?). De quoi faire saliver !
Mais rentrer vos crocs, ici vous êtes à l’institut Cherryton, où herbivores et carnivores vivent ensemble. Pour vivre en harmonie, des règles strictes sont essentielles : des dortoirs séparés en fonction des régimes alimentaires et l’interdiction de consommer de la viande. Néanmoins l’instinct prend parfois le dessus…
L’histoire commence avec le meurtre d’un jeune alpaga, Tem. Comme vous pouvez l’imaginer, une ambiance anxiogène plane au-dessus du lycée. Alors les discriminations et les préjugés refont surface, tout carnivore est dès lors susceptible d’être coupable. Le premier accusé est le personnage principal Legosi, le timide et maladroit grand loup gris à l’apparence menaçante (je n’ai pas pu m’empêcher de m’identifier à lui allez savoir pourquoi...hum… ?!). Le seul qui pourra apaiser ce climat de terreur est le Beastar, le leader de l’école. Le favori n’est autre que le cerf Loui, avide de pouvoir.
Une intrigue intelligente qui renverse les codes. Entre le loup doux et le cerf insatiable, la symbolique des animaux des fables et contes classiques est chamboulé. Ce manga est une allégorie frappante de notre société, mais il d’autant plus intéressant que nous ne pouvons déterminer exactement la morale de cette histoire, chacun peut avoir une interprétation différente en fonction de son expérience.
Au cœur de jeux de pouvoir impitoyables, jusqu’où peut-on refouler sa vraie nature ?

Le discours
par (le Carnet à spirales)
3 avril 2020

Adrien, 40 ans, célibataire, dépressif à ses heures, dîne chez ses parents en compagnie de sa soeur et de son futur beau-frère. Alors qu'Adrien attend désespérément une réponse au message envoyé ce jour à 17 h 56 à sa compagne qui l'a quitté pour faire "une pause", Ludovic, son futur beau-frère lui demande s'il aurait la gentillesse de faire un discours pour leur mariage "C'est le plus beau cadeau que tu puisses faire à ta soeur.". Dans l'incapacité totale de dire non depuis toujours, Adrien va passer sa soirée à alterner sueurs froides engendrées par la perspective du discours qu'il faudra non seulement rédiger mais en plus déclamer devant un immense parterre d'invités et angoisse atroce liée à l'attente d'une réponse de sa dulcinée. Entre le gratin dauphinois et le gâteau au yaourt, en même temps qu' il écoute pérorer son beauf sur les avantages du chauffage au sol ou les conséquences de la fonte du permafrost et sa mère catégoriser les gens en trois groupes : ceux qui ont un cancer, ceux qui font construire et les autres, il va dérouler le fil de son existence et livrer ses considérations sur la vie en général. On l'aime ce looser magnifique et on sourit, on rit, on éclate de rire. Fabrice Caro signe un roman à l'humour corrosif et décalé, livre une réflexion bien sûr décapante sur le mariage, questionne sur le couple, interroge sur le regard de travers porté sur les célibataires sans enfants.

Nirliit
par (le Carnet à spirales)
3 avril 2020

Le Nunavut territoire fédéral du Nord du Canada, habité principalement par les Inuits. Nunavut veut dire en Inuit « Notre terre ». Mais est-elle encore à eux cette terre faite de glace, bordée de fjords, où les aurores boréales irradient tout de leurs éclats phosphorescents pendant le long hiver ? Derrière les paysages de carte postale à couper le souffle, se profile un tout autre horizon, un territoire sous perfusion des subventions de l’Etat («La meilleure façon de tuer un homme, c’est de le payer à ne rien faire »), une triste réalité. La réalité d’une vie rythmée par l’alcool, la drogue, la violence, le viol, l’inceste, des gamins déjà vieux livrés à eux-mêmes, des adultes dont on a volé l’enfance qui claquent tous leurs dollars en chips, en coca, en coke ou en Vodka, des gamines belles comme le jour à 12 ans, méconnaissables à 13, qui nourrissent parfois le fol espoir de conquérir le cœur d’un « chum » blanc venu du Sud, le blanc, cet espère de couard qui fuit en laissant une bouche de plus à nourrir, ce fumier qui exploite les mines pétrolières et s’engraisse sur le dos des Inuits.