Le Carnet À Spirales .

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Les lectures de l'équipe du Carnet à spirales pour vous aider dans vos choix, vous accompagner dans vos nuits blanches, dans vos heures d'évasions romanesques.
Peu adeptes des étoiles nous avons décidé d'en donner 5 par défaut à nos recommandations.
Au plaisir de vous lire et de vous recevoir au Carnet à spirales

Parce que les fleurs sont blanches / roman
par (le Carnet à spirales)
3 mars 2020

Gerson, 13 ans, coule des jours heureux dans la campagne hollandaise aux côtés de son père et de ses frères, jumeaux et narrateurs de l'histoire. Tous les quatre ont réussi, bon gré mal gré, à combler l'absence de la mère, partie sans laisser d'adresse. Mais un accident de la route, qui rend Gerson aveugle, vient chambouler leur paisible existence. Gerbrand Bakker, sous l'apparente simplicité de l'écriture, dresse le portrait émouvant, tout en nuance, d'un jeune garçon frappé de plein fouet par le destin et d'une famille déroutée par ce drame. Il dépeint très justement les subtiles relations qui unissent le père à ses fils, les jumeaux à leur petit frère. Comme dans ces précédents romans, pas d'action, de revirement de situation, juste de la poésie, une connaissance fine de l'humain et de la nature qui l'entoure, une tension qui monte au fil des pages et un dénouement qui nous laisse le coeur serré. "Quand je dors, je rêve et quand je rêve, au moins je vois encore quelque chose." Des mots qui résonnent bien après la dernière page refermée.

AZUR NOIR
16,00
par (le Carnet à spirales)
3 mars 2020

"Je est un autre". Comment ne pas songer à cette formule d'Arthur Rimbaud à la lecture d'Azur noir ? Je c'est Léo, un éphèbe de 17 ans, visage d'ange, regard de cristal. L'autre c'est Rimbaud, le diable comme l'appelait son amant éperdu, Verlaine. Dans un Paris accablé de chaleur et une ambiance de fin du monde, Léo, ayant refusé de suivre sa mère en vacances, arpente leur appartement qui jadis abrita Rimbaud. Au fil de jours étouffants et de nuits hallucinatoires, l'adolescent, victime de crises de cécité, va fusionner avec le jeune poète au point de le voir, de le suivre dans sa vie de débauche dans un Montmartre du 19ème siècle saisissant de réalité et de se jeter avec rage dans l'écriture. Tout dans ce roman est affaire de sensations à l'image des vers tirés des Cahiers de Douai, un roman envoûtant où percent à chaque page la poésie et la folie du jeune Rimbaud mais aussi la frénésie de l'adolescence que sait si bien peindre Alain Blottière.

In "Page des libraires" N° 200

Le marchand de bonheur

Cali Davide/Soma Mar

Sarbacane

16,50
par (le Carnet à spirales)
29 février 2020

Dans un bel arbre habité par toutes sortes d’animaux, chacun attend la venue du marchand de bonheur. Mais que vend exactement ce personnage ? Est-ce vraiment quelque chose que l’on peut vendre et acheter ?
Ce texte poétique interroge les enfants sur la notion du bonheur, comment et en quoi le trouve-t-on.
Les magnifiques illustrations regorgent de détails et contribuent au côté poétique et onirique du texte.

A partir de 5 ans.

Rivage de la colère
par (le Carnet à spirales)
19 février 2020

Et soudain, l'espoir

En 2017, Caroline Laurent co-écrit avec Évelyne Pisier Et soudain, la liberté (Les Escales et Pocket) qui séduit libraires et lecteurs, roman auréolé de plusieurs prix qui surprend par la force narrative et la maturité du propos. L’attente était alors forte pour ce premier roman intégralement personnel.

Une urgence, celle de dévoiler au grand jour un drame méconnu. Une responsabilité, celle de l’écrivain qui se doit de témoigner. Caroline Laurent est franco-mauricienne et se souvient, qu’enfant, elle entendait sa mère évoquer parfois le drame d’une petite population d’îliens. 1967, l’Ile Maurice accède à son indépendance à la suite d’un référendum victorieux mais l’Empire colonial britannique négocie et conserve un chapelet d’îles pour raisons militaires. Un paradis sur terre qui deviendra base militaire. 1967, sur l’Ile de Diego Garcia, archipel des Chagos, les habitants vivent simplement, évoluent heureux dans cette nature éblouissante, dans ce lagon pur. Sous la direction d’un gouverneur britannique, Mollinard, ils travaillent à la récolte des noix de coco. Simples cahutes, pieds nus, solidarité ancrée au cœur, les chagossiens connaissent du monde leur seule ligne d’horizon et cela leur suffit. Ainsi la belle Marie-Pierre Ladouceur vit sans entraves, consomme l’amour avec envie, entourée par les siens. Marie-Pierre Ladouceur, un nom comme une caresse, comme une promesse, une invitation pour Gabriel Neymorin, venu seconder Mollinard. L’histoire d’amour est belle et le décor somptueux. Le déchirement sera terrible. 1971, sans prévenir, les soldats anglais expulsent les chagossiens qui ont eu seulement une heure pour rassembler leur baluchon. Expulsés de leur terre, laissant derrière eux leur vie et leurs morts. Pire que des chiens, ah le sort envieux des chiens ! Ils sont entassés dans des bateaux et débarquent hagards sur l’île Maurice, dans un bidonville, sans aucun accueil. Ce récit est celui de la lutte d’un peuple, quelques milliers d’habitants, qui après la résignation se redressera en colère, faisant un peu faiblir la rigidité administrative, portant au tribunal cette infâme confiscation. Caroline Laurent, en prenant le temps de poser ses personnages, de les faire évoluer dans leur primo-paradis maternel, donne une force narrative incroyable à son roman. Le lecteur devient chagossien. Page après page, le texte prend de la puissance, les personnages de l’ampleur. Projet ample, habilement construit en alternant les époques et les personnages, Rivage de la colère ne bascule jamais dans la facilité de juger, de moraliser. L’homme, on le sait, est parfois un monstre capable de profiter de l’ignorance. Caroline Laurent combat l’ignorance autour de cette sombre page d’Histoire et utilise la littérature comme une (l)arme, un magnifique chant de vie : et soudain, l’espoir !

Article in "Page des libraires" - n°200

Les esprits de l'escalier
par (le Carnet à spirales)
12 février 2020

Quand on est un vieux fantôme on hante les mêmes endroits, on a tout vu et tout vécu. Mais lorsque qu’une jeune fantôme arrive et que l’on est pas tombé amoureux depuis longtemps cela peut nous perturber et nous laisser (littéralement) sans voix.
De belles illustrations et un joli texte pour parler d’amour.