Le Carnet À Spirales .

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Les lectures de l'équipe du Carnet à spirales pour vous aider dans vos choix, vous accompagner dans vos nuits blanches, dans vos heures d'évasions romanesques.
Peu adeptes des étoiles nous avons décidé d'en donner 5 par défaut à nos recommandations.
Au plaisir de vous lire et de vous recevoir au Carnet à spirales

Et frappe le père à mort / roman
par (le Carnet à spirales)
9 mai 2020

Un texte écrit en 1962, Prix mémorable 2019 décerné par le groupement de librairies indépendantes Initiales qui récompense le texte « d'un auteur malheureusement oublié, d'un auteur étranger décédé encore jamais traduit en français, ou d'un inédit ou d'une traduction révisée, complète d'un auteur ». Un roman uppercut. L’histoire débute en Angleterre pendant la seconde guerre mondiale. Jérémy Coleman, adolescent, orphelin de mère, reçoit l’éducation très stricte de son père, professeur de grec, qui élève son fils dans un carcan de principes étouffant. Le jeune homme passionné de jazz, ne supportant plus la discipline paternelle, fuit dans un Londres anéanti par les bombardements et jette le déshonneur sur la famille. Dans ce roman choral, chaque chapitre donne voix tour à tour principalement au père, au fils et à la vieille tante dépassée qui aide son frère dans l’éducation du gamin. Chacun raconte ses blessures, ses faiblesses, ses rancoeurs. Hommage à la musique, très présente dans ce roman, la musique qui relève, qui révèle, qui libère et émancipe. Histoire touchante d’un père et d’un fils qui ne se comprennent pas. Mais au final on est toujours le fils de son père et en vieillissant, Jérémy s’aperçoit qu’il finit par ressembler à ce paternel honni dans sa jeunesse.

Le Sport des rois
par (le Carnet à spirales)
9 mai 2020

Kentucky, années 50. John Henry, riche propriétaire terrien, homme irascible qui ne supporte pas qu’on lui tienne tête, veut faire de son fils Henry son digne héritier, qui comme ses aieux devra consacrer sa vie à la culture du maïs. Sauf qu’Henry ne l’entend pas de cette oreille et rêve de transformer la propriété en élevage de Purs-sangs, rêve qui deviendra réalité. 25 ans plus tard, il dirige une écurie de course avec sa fille Henrietta. Lors d’un entretien d’embauche, elle rencontre Allmon, un jeune noir qui sort de prison et affirme s’y connaître en chevaux. L’histoire bascule, dans la famille on a toujours appris que la race blanche est supérieure…. Une claque que ce texte, âpre, sans concession, comment fait-on pour se sortir de l’enfance maltraitée, de la ségrégation, des préjugés ?

Tome 1, Étés anglais, La saga des Cazalet

La saga des Cazalet

Tome 1

Table Ronde

24,00
par (le Carnet à spirales)
9 mai 2020

Bienvenue dans la bourgeoisie anglaise d’avant-guerre représentée par la famille Cazalet. Ce pavé de 600 pages relate deux étés, 1937 et 1938, vécus dans une maison de famille par trois générations : Les grands-parents, le Brig et la Duche qui accueillent leurs trois fils et leurs épouses accompagnés d’une ribambelle de petits-enfants et de leurs domestiques respectifs. Ne vous y trompez pas, nous sommes loin de la saga désuète et tartignolle. Au fil des pages, à mesure que les paysages du Sussex se révèlent, les non-dits, les faux-semblants, les ambivalences se dévoilent et les enfants franchissent doucement le seuil de l’adolescence ou de l’âge adulte, découvrant la réalité crue, souvent décevante, les femmes et les domestiques continuent de subir leur position d’infériorité dans cette société modelée par les hommes et les puissants. Elizabeth Jane Howard porte une affection identique à tous ses personnages, témoignant une certaine tendresse cependant envers les enfants et les femmes, et soigne les portraits et les histoires de chacun, qu’ils soient maîtres ou serviteurs. Une vraie intelligence d’écriture que l’on aura plaisir à suivre avec trois autres tomes prévus.

Ténèbre

La Peuplade

19,00
par (le Carnet à spirales)
3 mai 2020

Un texte hallucinant que voici, une météorite qui m’a bousculée et m’a laissée pantoise, sonnée. Nous sommes en 1890. L’Europe, blanche, hautaine, corsetée dans sa religion, persuadée des bienfaits de sa mission civilisatrice, avide de conquêtes, d’exotisme, de soumission se partage l’Afrique, mystérieuse, sauvage, palpitante. Léopold II, le roi des Belges, missionne un géomètre, Paul Claes, pour opérer un découpage clair et net des limites de son territoire africain afin d’éviter tout empiètement des voisins européens sur la frontière nord du Congo. Paul, encore jeune et fragile, ignore encore en posant les pieds sur la terre d’Afrique qu’il n’en reviendra pas. Ebranlé, dans ses certitudes, il sera confronté au pire comme au meilleur, le pire personnifié par le colon blanc, assoiffé de pouvoir et de violence, le meilleur en la personne de Xi Xiao, ancien bourreau chinois, maître lingchi, art de la découpe des corps, avec lequel il vivra une relation fusionnelle. Paul Kawczak, plume virevoltante, tantôt chargée d’une violence incroyable, tantôt empreinte d’une poésie à pleurer, nous emporte littéralement. Ténèbres se fait à la fois tragédie, dénonçant toute l’ignominie de la colonisation, saga familiale dramatique dans laquelle chaque protagoniste est un élément du puzzle que constitue la vie de Paul, histoire d’une passion insatiable qui confine à la folie, grand roman d’aventure qui nous ramène immanquablement au très grand « cœur des ténèbres » de Joseph Conrad.

La Prière des oiseaux
25,00
par (le Carnet à spirales)
3 mai 2020

Tout commence sur un pont où Chinonso, modeste éleveur de poulets, sauve in extrémis une jeune fille désespérée sur le point de se jeter à l'eau. S'ensuit inévitablement une vibrante histoire d'amour. Mais la belle, étudiante en pharmacie, est issue d'une lignée puissante, riche et honorable qui ne tolère ni la pauvreté, ni le manque d'éducation et de culture. On devine aisément que Nonso ne répond à aucun des critères exigés pour conquérir la famille. Humilié, il décide de partir à Chypre reprendre ses études, afin, pense-t-il, de revenir la tête haute, bardé de diplômes et digne de sa dame. Le voyage se révèlera un enfer et le retour un désastre. L'homme, fût-il porté par l'amour et malgré les sacrifices et les efforts pour s'arracher à sa condition, peut-il échapper à son destin ? Telle est la question posée par "La prière des oiseaux" en filigrane de ce drame bouleversant digne d'une tragédie grecque ou d'une pièce de Shakespeare qui confirme Chigozie Obioma comme une voix incontournable de la littérature. Une fable qui nous emmène loin dans le dédale des croyances Igbo.