Clara

http://claraetlesmots.blogspot.fr/

Une lectrice sans prétention, amoureuse de la vie qui habite au bout du monde (ou presque). Et un blog pour parler lectures : http://claraetlesmots.blogspot.fr

Les Seins de Sophie, roman
18,25
3 juin 2010

Ce livre est bel et bien une chronique sociale sur les mœurs de la société bourgeoise parisienne. Sophie, cadette de la famille Durant, doit suivre le parcours scolaire et mais aussi les mondanités imposés par ses parents. Ici, il n’est pas question de la jeunesse de la France rurale.

Côté écriture, c’est léger et pétillant comme des bulles. Le fait que l’auteure ait été journaliste pour un magazine (jeune ?) s’en ressent. Elle intervient au fil de la narration pour commenter les situations ou les évènements. Sauf qu’au bout d’un moment, trop de bulles soit ça donne mal à la tête ou ça agace! J’ai donc commencé à me lasser de ces petites phrases d’humour ou ces expressions en anglais…no comment. Heureusement, plus on avance dans la lecture et moins ces petits traits « d’humour » sont présents.

Tout ce qui compose l’éducation d’une jeune file de bonne famille est décrit à petits coups de canifs aiguisés : l’école chez les sœurs, les rallyes, les bals des débutantes. A travers Sophie, les tabous de la sexualité comme l’ignorance sur ce sujet sont pointés du doigt! La peur de tomber enceinte, le quand dira-t-on et le déshonneur pour la famille. Sophie a du caractère et ne se laisse pas marcher sur les pieds. Entres ses amitiés, ses amours et son malaise à accepter sa féminité, on ne s’ennuie pas. Sauf que ce livre est centré sur la jeunesse aisée … c’est trop doré et clinquant du début à la fin ! Et il n’y a aucune évocation de l’autre jeunesse de cette époque.

Ce livre m’a fait penser au film réalisé sur la vie de Françoise Sagan avec Sylvie Testud car Sophie possède un peu de cette impertinence malicieuse.

Une lecture distrayante pour l’été entre la crème solaire et les châteaux de sable.

Toute humanité mise à part

Emmanuelle Urien

Quadrature

14,93
3 juin 2010

Toute humanité mise à part est le recueil de nouvelles d’Emmanuelle Urien le plus gentil. Quand je dis gentil, on n’y trouve pas tout le cynisme de Court, noir sans sucre et de La collecte des monstres.

Douze nouvelles où les regrets, l’amertume ou la vengeance sont présents. Sans oublier la vie et ses travers qu’Emmanuelle Urien revisite. Mes préférées sont sévices compris où il est question d’une femme battue par son mari et la confusion des peines mettant en scène une ado et sa mère.
La plupart de ces nouvelles ont été primées lors de concours de nouvelles . A préciser : toutes ne sont pas en à chute.

Des nouvelles où l’écriture d’Emmanuelle Urien nous fait plonger, tête la première, dans la vie de ses personnages. Et à donner des complexes à ceux et celles qui participent à ce type de concours !

Sukkwan Island

Éditions Gallmeister

22,10
2 juin 2010

Un père amène son fils Roy âgé de 13 ans sur une ile sauvage au sud de l’Alaska. Pas pour un mois de vacances mais pour une année complète. Roy se rend compte que son père n’a pas pensé à tout pour leur vie quotidienne. Les journées se passent à construire un abri pour le bois, à pêcher pour manger. Roy commence à regretter d’être venu. La nuit, il entend son père sangloter et se lamenter sur ses échecs amoureux.

On pressent qu’il va se passer quelque chose. Et banco ! A la fin la première partie du livre ( soit à la moitié du livre), un drame se passe. Je n ‘en dis pas plus car peut-être que je ne suis pas la seule bibi à ne pas l’avoir lu. Je m’étais imaginée à tout sauf à ça !

Pour lire la seconde partie du livre, il vaut mieux avoir l’estomac bien accroché. Certaines descriptions liées au drame sont assez répugnantes. La personnalité du père est au cœur de cette partie et on en apprend d'avantage sur lui. Tant j’ai trouvé un peu trop détaillé les aspects pratiques pour vivre sur une île sauvage, tant la seconde partie a défilé à une allure sans répit.

Une lecture qui m’a bien sonnée !

Le ciel des chevaux
1 juin 2010

Lena apprend par hasard qu’un garçon étrange est au parc. Il raconte des histoires aux enfants et les gardiens le laissent s’occuper des poneys. On comprend à demi-mots que Lena ne rentre pas dans la case de la normalité. Elle qui se perd dans la ville ou qui oublie d’aller chercher son petit garçon à l’école. De son passé, on ne sait rien ou très peu. Sa vie a commencé lorsqu’elle a rencontré Adem son mari. Pour Lena, ça ne fait aucun doute, elle l’a reconnu. Ce garçon est son frère, un frère fou, dérangé, placé dans des institutions spécialisées. Les souvenirs de l’enfance refont surface et Lena ne veut pas perdre une fois de plus ce frère.

La folie qui résulte des rêves et de la réalité est le cœur de ce livre.
Je n’en dirais pas plus sauf que la fin m’a scotchée ! Une fin dérangeante où la vérité m’a laissée bouche bée. Ce livre se rapproche plus de « leur histoire » que « pour vous » , on y retrouve l’univers de Dominique Mainard.

Dans ma peau
31 mai 2010

Un livre où des mots sont portés sur la douleur. Vive ou lancinante, celle qui vous broie et vous isole. Celle dont on parle au début de la maladie à sa famille et aux médecins, celle qu’on essaie d’expliquer pour être compris. La douleur synonyme de souffrance, honteuse, taboue et que l’on pointe du doigt. Prisonnier de son corps, atteint d’une maladie auto-immune orpheline qui s’attaque aux muscles, Guillaume de Fonclare est le directeur de l’Historial de la Grande Guerre à Péronne dans la Somme. Gardien de la première guerre mondiale et de ses victimes, il doit renoncer à son travail. La maladie a gagné la bataille, elle s’est emparée de son corps. Lui doit faire le deuil de sa vie professionnelle et accepter l’invalidité à l’âge de 42 ans. Avec sensibilité et la précision d’un historien, il nous parle aussi de l’Histoire, de la Grande Guerre et de ses soldats.

Pas d’auto-misérabilisme dans ce livre. La maladie et son cortège sont là : la canne puis le fauteuil, les gestes qu’on ne peut plus faire. Les impacts sur la vie de famille, le regard d’autrui, la machine administrative…tout y est dit.

Un livre écrit avec des mots qui éclatent à la figure même s'ils sont issus d’une révolte silencieuse ou de la Grande Guerre.