Charlotte M.

Me voici

Éditions de L'Olivier

24,50
par (Fontaine Villiers)
25 octobre 2017

Voici une scène de famille tragi-comique grandeur nature qui s'étend sur une moitié d'existence et un beau pavé de 730 pages. Des pages si foisonnantes de dialogues quasi cinématographiques et de réflexions existentielles que vous ne les verrez pas passer.
Cette famille ressemble à toutes les autres, en ce qu'elle est sur le bord de l'éclatement mais également constitutive de ce que chacun des personnages est... ou empêché d'être. Religion, sexualité, adultère, vie virtuelle, conflits au Moyen-Orient, poids des traditions... Jonathan Safran Foer ne laisse de côté aucun des sujets de notre époque et ne les traite pas avec le dos de la cuillère, dressant au passage un portrait tendrement critique de ses personnages. Impossible de ne pas s'identifier à eux, tant leur quête personnelle et relationnelle est universelle.

Cru sans être vulgaire, toujours percutant, et surtout très drôle, Jonathan Safran Foer sait de toute évidence comment atteindre son lecteur.

Les fils conducteurs, prix Wepler-Fondation la Poste

prix Wepler-Fondation la Poste

Verticales

18,00
par (Fontaine Villiers)
26 septembre 2017

Les fils conducteurs de Guillaume Poix, ce sont ces câbles électriques qui menacent à chaque instant Jacob, jeune ghanéen de 11 ans plongé dans l'incandescence d'une décharge de produits électroniques, où trafics clandestins en tous genres lui permettent de faire vivre sa famille. Mais ce sont aussi ces liens invisibles qui se tissent au milieu de cet enfer entre Jacob et ses compagnons de fortune. Ou bien ceux qui le conduisent à croiser la route d'un photographe européen dont le militantisme occidental bien-pensant prendra vite le goût de la désillusion et du tragique.

Grâce à sa plume tour à tour lyrique ou argotique, et son talent à donner vie à ce qui n'en a pas, Guillaume Poix donne une âme vivante à cette décharge aux allures de monstre infernal, qui en devient poétique et presque magique. Il dépeint avec une justesse déconcertante tous ces réseaux de liens qui adviennent envers et contre tout, même dans les heures les plus sombres et déshumanisées, et nous laisse, lorsqu'on referme son roman, bousculé et apaisé à la fois. Un livre à conseiller à ceux qui aiment les audaces stylistiques et les personnages aux destins écorchés.