Caroline C.

Le pays que j'aime
11 novembre 2016

Quand Valerio rencontre Olivia………

Valéria est la fille de riches entrepreneurs italiens, Valerio, le fils de leur jardinier. Ils vont tout partager pendant leur enfance, allant jusqu’à croire qu’ils appartiennent au même monde mais, la vie va se charger de leur prouver le contraire….
Amoureux depuis toujours, ils ne vont cesser de se croiser, de se déchirer, de se séparer sans cesse pour des raisons morales, familiales ,et au fil du temps, et de leur réussite, pour des raisons économiques…
Car ce n’est pas simplement une histoire sentimentale mais également le portrait d’une Italie qui voit arriver au pouvoir Berlusconi. Affaires frauduleuses, abus de biens sociaux, elle est loin, l’Italie des petites magouilles du beau-père de Valério…
Un roman très agréable, bien que très classique dans son thème de l’amour inaccessible…On peut juste déplorer que les héros ne se montrent pas suffisamment combatifs et à la hauteur de leur amour. Ils manquent un peu de panache.

Un bon million ! ou Le démembrement de Lemuel Pitkin
23 août 2016

Grandeur et décadence de l'Amérique

Lemuel Pitkin a 17 ans, il est pauvre et vit dans une petite ville avec sa mère, une existence paisible. Mais un jour, on leur annonce que leur maison va être saisie sous trois mois s’ils ne payent pas leurs dettes.
Tout à sa naïveté et conseillé par un ancien président, il décide de se rentre à New York avec quelques dollars empruntés et d’y faire fortune.
« Un bon million » les sortirait de ce mauvais pas avec sa mère !!
Mais dès le début de son périple, il se fait détrousser, sa vie ne sera alors qu’une succession de rencontres chanceuses, d’amitiés précieuses, mais aussi de grandes souffrances et de désillusions….
Ce court roman est une critique acerbe et satirique d’une Amérique capitaliste, entre deux guerres et qui s’achemine vers une époque plus noire…
C’est drôle, touchant, malheureusement encore d’actualité, il y du Chaplin dans ce récit.
Je ne connaissais pas cet auteur mais « Un bon million » est une lecture à conseiller.

Le Vide

Senécal, Patrick

Fleuve éditions

22,50
18 août 2016

Télé réalité au delà du trash………

Quand on est un milliardaire sans illusions sur le genre humain et qu’on dispose de gros moyens financiers, que peut on faire pour tromper l’ennui ? Produire et présenter sa propre télé-réalité mais vraiment d’un genre nouveau. « Vivre au Max » promet d’exaucer les vœux les plus fous, quitte à être à la frontière de l’acceptable mais justement où Max, a-t-il fixé cette frontière ?
C’est ce que va essayer de découvrir Pierre Sauvé sergent détective, qui à l’aube de ses quarante ans, n’a pas vraiment plus d’illusions, veuf, une fille qu’il ne voit que deux fois par an et avec laquelle il communique peu, il passe sa vie entre son travail et sa télévision….Jusqu’au jour où un quadruple meurtre va aiguiser sa curiosité.
Nous sommes en 2007 quand paraît ce gros roman, la télé-réalité n’est pas aussi installée qu’aujourd’hui et pourtant, on se dit que ça fait froid dans le dos………
Il m’a fallu passer les cent premières pages, un peu confuses et surtout me faire à ce style très « québécois » pour vraiment rentrer dans l’intrigue, mais ensuite, impossible de se séparer de ce thriller avant la fin.
Les personnages sont ambiguës, névrosés, fragiles en même temps… en un mot, très intéressants !!
La mécanique de ce drame est parfaitement réfléchie et relance sans arrêt un suspens haletant.
Vraiment une bonne lecture à ne pas manquer pour les vacances ou pour se donner du courage à la rentrée !!

La Cuisinière
18 août 2016

La cuisine de l'âme

Mary Mallon est une jeune immigrée irlandaise qui arrive seule à New York à la fin du XIXe siècle.
Elle n’a pas trop le choix que d’y devenir lingère, mais son rêve est d’être cuisinière.
A force d’obstination, elle va y réussir, seulement voilà, dans toutes les maisons où elle est employée, les gens contractent la typhoïde, des enfants et des adultes meurent…..
Elle est diagnostiquée comme porteuse du germe, puis avec les progrès de la médecine comme porteuse saine.
Mais on ne sait pas réellement comment la traiter ni dans quelle mesure, elle est dangereuse pour tous.
Déportée sur une île sanitaire au large de New York, elle y sera retenue trois ans, et soumise à d’incessants tests, y laissant sa vie, ses amis, son amours, et sa passion pour la cuisine.
Au lieu d’accepter avec résignation sa situation, elle va livrer un vrai combat pour sa liberté.
Je n’avais pas remarqué ce livre à sa sortie, qui est un premier roman. Je ne connaissais pas non plus l’histoire de cette femme. Mais je le conseille vraiment maintenant, activement !!
Son histoire est vraiment romanesque, sa lutte, la vie et les moeurs de l’époque, tout y est extrêmement documenté et addictif.
Au lieu d’une biographie qui aurait été peut être un peu rébarbative, l’auteur en romançant son histoire, accroche le lecteur. On se passionne pour son retour à la liberté, son histoire d’amour avec Alfred.
Une jolie découverte et une auteure à suivre pour son prochain roman !!

Suburra

Anne-Marie Métailié

23,00
17 août 2016

Les Parrains

Le Samourai tient d’une main de fer, toutes les mafias de Rome, faisant régner la violence depuis des années, quitte à se retourner contre ses fidèles collaborateurs.
Le projet de sa vie est un ambitieux programme immobilier soutenu par les réseaux de Malgradi, un politicien aussi véreux que débauché.
A la suite d’une nuit avec des escorts qui se passe mal, certains vont essayer de profiter à leur avantage de la situation. Le fragile équilibre va alors se fissurer menaçant de tout compromettre. D’autant, qu’un de ses ex disciples, qui s’est reconverti colonel chez les carabiniers, va tout faire pour le traquer et enfin l’anéantir.
On ne va pas se mentir, c’est une lecture plutôt masculine, des meurtres violents, des prostituées, de la drogue, tout au long de ce long roman, riche en personnages. Il est d’ailleurs parfois difficile de s’y retrouver .
C’est noir, très noir, et le fait qu’il soit co-écrit par un ancien juge et un journaliste, n’est pas en soi très rassurant sur la réelle situation de l’Italie.
Déjà adapté en film, il fera certainement de nombreux amateurs car l’écriture est très cinématographique et rendra la narration peut être plus « claire ».
Les personnages sont quand même assez caricaturaux, je crois que c’est mon petit bémol, j’aurais aimé, plus d’originalité dans le traitement des caractères. Le seul qui sort vraiment son épingle du jeu, à ce niveau, c’est le Samourai, sorte de dandy cultivé et amateur de thé vert, déroutant !!!