Alicia D.V. http://thatmakeswonders.wordpress.com/

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Oscar Wilde et le mystère de Reading
16 octobre 2013

Brilliant

En refermant ce 6eme opus, je me suis aperçue qu’il s’agissait certainement de l’ultime tome de la série. Les années 1895-1897 sont les plus sombres dans la vie d’Oscar Wilde. Après avoir déjà fait scandale avec ses propos prônant l’adultère dans sa pièce L’importance d’être constant (1895), il est ensuite condamné pour « indécence grave » et outrage aux bonnes mœurs quand le Marquis de Queensberry découvre la liaison de Wilde avec son fils. Depuis plusieurs années, le romancier s’est épris de Lord Alfred Douglas, surnommé affectueusement « Bosie ». Quand le scandale éclate, la femme de Wilde, Constance, quitte Londres pour Gênes avec ses deux fils et change de nom. L’écrivain va alors subir moqueries, insultes, solitude pendant de longs mois d’incarcération et de travaux forcés. Habitué au luxe de la société mondaine, il va tomber très bas. Les punitions dans les prisons de l’époque sont terribles et le milieu carcéral le brise totalement. On ressent sa honte, ses remords envers sa femme, son envie de mourir, on assiste à sa déchéance.

Ce tome est vraiment émouvant. La personnalité de Wilde est plus nuancée. Auparavant, il nous apparaissait comme un bon vivant, aimant la bonne chère, l’alcool et les cigarettes. Ici, on le découvre affaibli, sujet à la mélancolie. Oscar Wilde est un individu profondément ambigu.

Ce volume m’a davantage plu que le précédent "Oscar Wilde et les crimes du Vatican" car je l’ai trouvé plus abouti. J’ai vraiment eu beaucoup de peine pour le personnage et j’ai pris part à son calvaire jour après jour. L’intrigue policière est convaincante et elle s’inscrit dans la logique du récit : au sein de la prison, Wilde parvient tant bien que mal à créer des liens avec d’autres détenus, et il remarque que des choses bizarres se trament sous ses yeux..

C’est avec brio que Gyles Brandreth termine sa série et c’est avec un pincement au cœur que je quitte ce grand personnage.

La liseuse
7 septembre 2013

Un délice !

Si je suis souvent hermétique à la littérature française contemporaine, il m’arrive quelque fois d’être étonnée par la justesse et la pertinence de la plume d’un écrivain. "La liseus"e m’a longtemps intriguée de part son titre et mon attrait pour la lecture numérique (sans jamais renier les livres papier bien entendu) et le passage, l’an dernier, de son auteur dans une émission de télévision, m’avait convaincue que je me devais de lire ce roman un jour ou l’autre.

C’est désormais chose faite, et je ressors charmée de cet ouvrage sans prétention mais tellement salutaire. Il est question d’un éditeur qui découvre le maniement d’une liseuse (ou plutôt d’une tablette) et qui apprivoise l’outil en l’adaptant à son mode de travail. Ce roman dévoile les dessous du monde de l’édition que j’ai moi-même appris à connaître lors de mon stage chez un éditeur. Paul Fournel n’a pas une vision totalement défaitiste concernant l’avenir de l’édition si celle ci est capable de s’adapter à l’ère numérique et donner sa chance à la nouvelle génération d’éditeurs qui commence par les stagiaires. Cela ne veut pas pour autant dire que le livre papier va mourir. Les idées que véhiculent Paul Fournel m’ont plu, j’ai noté de nombreux passages que j’ai jugés pertinents. Par exemple, l’éditeur du roman regrette de ne pas avoir assez de temps pour choisir ses propres lectures en librairie car il passe son temps à essayer de dénicher la perle rare parmi des textes inachevés.

"La liseuse" fut une courte lecture très appréciable car elle touche à un domaine qui m’intéresse. J’ai apprécié cet éditeur assez âgé qui tente d’être à la page et de relever de nouveaux défis et la fin de l’ouvrage m’a émue !

La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva le mardi...
16 novembre 2012

Un tel titre à rallonge et farfelu ne pouvait que m’intriguer ! Je suis donc partie à l’aventure sans savoir réellement à quoi m’attendre. Ce fut une lecture agréable bien qu’un brin naïve.

Tout commence le jour où Harold Fry reçoit une lettre d’une ancienne amie qu’il n’a pas vu depuis vingt ans. C’est une lettre d’adieu émouvante d’une femme sur le point de mourir. Harold décide alors d’entreprendre une marche pour rejoindre le nord de l’Angleterre là où est hospitalisée Queenie. C’est sans carte de crédit, sans chaussure de marche et sans téléphone portable, que le sexagénaire s’engage dans son périple de plus de 800 kilomètres. Tant qu’il marche, il pense que son amie restera en vie.

Au cours de son pèlerinage, des épisodes de son passé resurgissent. On apprend à mieux connaître cet homme attendrissant, bon et un peu simplet, ainsi que l’importance qu’a eu Queenie dans sa vie. On revient aussi sur ses quarante-sept années de vie commune avec Maureen, son épouse.

Ce roman a été une lecture plaisante parfois bouleversante: une révélation nous est faite au cours du récit sur le couple Harold/Maureen à laquelle je ne m’attendais pas du tout ! Mais j’ai parfois été gênée par l’aspect naïf du texte. Harold ne rencontre que des gens bienveillants sur sa route. Tout se passe bien pour lui, il est accueilli à bras ouverts par tout le monde. C’est donc assez irréaliste. Ce qui m’a déplu également ce sont les noms de chapitres un peu bébêtes "Harold et le barman et la femme à la nourriture", "Harold et le signe" qui anticipent sur ce qui va se passer dans le chapitre en question.

C’est un roman que je qualifierai de "sympathique" et que j’ai pris du plaisir à lire, mais je ne suis pas sur qu’il restera très longtemps gravé dans ma mémoire.

http://thatmakeswonders.wordpress.com/2012/11/16/la-lettre-qui-allait-changer-le-destin-dharold-fry-arriva-le-mardi/

Une rose au paradis
8 septembre 2012

Une lecture superbe

Nous sommes projetés dans un monde futuriste. La «bombu» a anéanti la surface de la Terre, mais une Arche souterraine a été construite pour préserver toutes les espèces du monde. Cinq humains ont ainsi été sauvés. Mr Gé le scientifique fou qui a imaginé cette grandiose Arche de Noé. Ainsi que Mr et Mme Jonas et leurs deux adolescents. Jif et Jim sont nés dans ce milieu stérilisé. Ils ne connaissent rien de l’extérieur, et les simples mots «caillou», «oeuf» ne leur évoquent rien. Le seul livre a leur disposition est un La Fontaine, et ils croient même que les animaux parlent ! Mais arrivés à l’âge de 16 ans, ils vont avoir une relation incestueuse. Ils n’ont aucune notion pour savoir que ce qu’ils font est mal. La chose est encore plus grave quand Jif tombe enceinte alors que l’Arche n’a été conçue que pour accueillir 5 êtres humains.

J’ai adoré ce court roman. On est immergé dans cet univers où l’on suffoque presque. La famille doit rester enfermée pendant 20 ans avant de retourner à la surface. A chaque repas un poulet rôti sort d’une machine. Ils appuient sur un autre bouton pour s’habiller. Ils tournent en rond dans leur bocal mais semble s’y être accoutumés. Même si une petite mayonnaise avec le poulet ne serait pas de refus! Beaucoup d’humour dans cette presque réécriture d’Adam et Eve. C’est écrit intelligemment, et encore une fois j’ai trouvé certains passages très beaux, très poétiques.

L’intrigue elle-même a su me surprendre. Les personnages sont vraiment très intéressants, et j’ai préféré Jim à sa sœur car il est touchant et si naïf. Barjavel a la faculté de réveiller notre imaginaire, et j’ai eu envie de découvrir cette fabuleuse arche où à chaque niveau se trouvent différentes espèces animales et végétales endormies. De biens belles images et encore une fois une fin ouverte et porteuse d’espoir.

Avenue des Géants
30 mai 2012

Ce livre m’a fait l’effet d’une douche froide. Certains chapitres narrent la vie de Al, alors qu’il purge sa peine de prison (le vrai Ed est toujours emprisonné actuellement, et ne ressortira jamais). Dans les autres chapitres, il revient sur son parcours de tueur. Le livre essaye de nous expliquer les raisons de son geste.

Ce roman est à la fois puissant et glaçant. Al est un personnage complexe. Il a un QI plus élevé qu’Einstein, et il se fait remarquer par son 2m20. Depuis son plus jeune âge, Al déteste sa mère qui l’a toujours rejeté. Le personnage tente d’expliquer son passage à l’acte et ses envies meurtrières. Il n’y a pas de réel suspense dans le déroulement du récit puisqu’on sait déjà dès les premières pages, qu’il est en prison. Mais c’est tout de même un thriller car on ignore à quel moment ils va commettre ses crimes. La fin m’a tout simplement estomaquée !

Marc Dugain décrit les États-Unis des années 60/70 en plein mouvement hippie.

Ce fut une lecture poignante, j’ai dévoré ce roman en même pas deux jours. Ca me donne bien envie de découvrir les autres livres de Marc Dugain “La malédiction d’Edgar” ou “Une exécution ordinaire“, car j’ai beaucoup apprécié sa manière d’écrire et de raconter des histoires.