Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

La vie ordinaire
8 août 2020

vie moderne

Essai sur la vie ordinaire ? Roman de la découverte d’Emerson ? Récit d’une grossesse ?

J’ai aimé retrouver la voix et le phrasé de la journaliste animatrice de l’émission "Les chemins de la philosophie" sur France Culture, les matins à 10h.

J’ai aimé la suivre sur ses chemins : la découverte d’Emerson, sa grossesse comme création d’une vie extra-ordinaire.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’escalade d’une roche en bord de mer.

https://alexmotamots.fr/la-vie-ordinaire-adele-van-reeth/

Les oubliés de Londres
8 août 2020

Londres, policier

De l’auteure, j’avais aimé "Les chemins de la haine" sur l’esclavage des migrants en Angleterre.

Son dernier roman se déroule au cœur de Londres, dans un quartier en pleine reconstruction. D’anciens immeubles sont détruits pour laisser place à de hautes tours d’immenses appartements inoccupés, achetés pour blanchir de l’argent ou placer son argent.

Les rares occupants sont tellement épuisés par leur travail pour rembourser leurs prêts qu’ils partent trop tôt et rentrent trop tard pour profiter de la vue.

Dans un des immeuble en contre-bas vivent encore Molly, photographe engagée qui vivote par choix ; Callum, ancien militaire qui fait de récurrents cauchemars ; une mère et sa fille qui partiront bientôt ; et un couple dont la femme vient d’avoir un AVC.

Un soir, ils célèbrent la sortie d’un livre consacré à leur combat. Mais tandis que la fête bat son plein, Hella, auteure du texte, et Molly, auteure des photos, se retrouvent face à l’encombrant cadavre d’un homme. La décision qu’elles prennent alors va lier leurs destins, inextricablement.

Molly nous raconte jour après jour ce qu’elle vit après cette funeste soirée. S’intercale à chaque chapitre un autre sur Hella qui remonte le temps pour nous faire découvrir la jeune fille.

Petit à petit, on découvre une Molly qui a fait d’Hella sa fille en lui faisant découvrir le milieu contestataire (les grandes grèves des mineurs, les black-blocks).

Petit à petit, on découvre Hella, fille d’un policier haut gradé, ayant fait de bonnes études. Quel élément déclencheur l’a-t’il fait quitter le confort d’un pavillon bourgeois pour se lancer dans la lutte ?

Qui est ce mystérieux Dylan qu’elle rejoint parfois ?

J’ai aimé Molly, ses choix, son engagement, son refus de vivre ailleurs qu’à Londres, même si cela devient impossible.

J’ai aimé ces femmes victimes de la violence des hommes mais qui ne baissent pas les bras, au contraire.

Un roman sur l’urbanisation sauvage, la gentrification d’une capitale qui perd peu à peu son âme, et les violences faites aux femmes.

L’image que je retiendrai :

Celle du vieil homme qui arpente les berges boueuses de la Tamise. Que cherche-t’il ?

https://alexmotamots.fr/les-oublies-de-londres-eva-dolan/

Talion

Diaz, Santiago

Le Cherche Midi

23,00
12 juillet 2020

Espagne, policier

J’ai aimé suivre Marta : ses rencontres avec une prostituée roumaine, avec un beau serveur métis.

J’ai aimé découvrir Daniela : son mari et son fils ainé mort lors d’un attentat d’ETA, ses problèmes avec son second fils qui l’entraîne du côté des néo-nazis.

J’ai aimé que les deux femmes se croisent et se recroisent au gré du récit, sans se connaître, jusqu’à ce que la lieutenant de police mettre un nom et un visage derrière le personnage de Talion.

J’ai aimé les personnages secondaires : Pichichi star de foot mais qui plonge dans la drogue à cause de sa famille ; Nicoletta jeune prostituée roumaine dont on suit le calvaire depuis son village natal jusqu’à Madrid.

Un roman qui débute dans la capitale espagnole et m’a emmené à Malaga et au pays basque.

Et bien sûr, un roman qui pose la question : est-ce moral de tuer les tueurs ?

L’image que je retiendrai :

Celle de Pichichi traînant une palette en bois vers ses dealers pour se faire quelques sous et acheter sa drogue.

https://alexmotamots.fr/talion-santiago-diaz/

Courtial, Eric

Caïman

13,00
12 juillet 2020

Lyon, policier

J’ai aimé me retrouver à Lyon, sous le tunnel de Fourvière. Le gang opère rapidement et le suspense ne fait qu’augmenter.

La seconde partie du roman est consacré à la chasse aux coupables, sans temps mort, jusqu’à Chasse-sur-Rhône et Vénissieux.

Et puis le cerveau de l’affaire, 0, m’a surpris.

Une excellente lecture, un roman inventif et passionnant.

L’image que je retiendrai :

Celle des sacs de ballons de foot jetés sur des jet-skis sur le Rhône.

https://alexmotamots.fr/tunnel-eric-courtial/

Meurtres à Atlanta
12 juillet 2020

enquête, ségrégation

Ce livre, qui n’est pas un roman, a été écrit et publié en 1985, il s’agit donc d’une ré-édition.

Entre 1979 et 1981, vingt-huit enfants, tous âgés entre 7 et 16 ans, tous noirs, tous issus de familles pauvres, sont assassinés à Atlanta, Géorgie, dans le Sud profond des États-Unis.

En juin 1981, un Noir de 23 ans, Wayne Williams, est arrêté pour le meurtre de deux hommes. C’est le suspect idéal. Et c’est lui qui sera jugé, puis condamné à la prison à vie pour le meurtre des vingt-huit enfants, sans aucune preuve tangible.

Quand l’auteur est invité à écrire un livre sur les meurtres de ces enfants, il accepte. Après une enquête menée sur place, quatre ans après les événements, Baldwin ne conclut ni à la culpabilité de Williams, ni à son innocence.

L’essentiel est ailleurs.

Ce livre tire plus du côté de l’étude sociologique de la place de l’homme noir dans la société américaine encore très marquée par la ségrégation.

J’ai été étonné que l’auteur montre que le suspect ne pouvait pas être le coupable. Encore un innocent en prison…

Des citations qui parleront mieux que moi :

Atlanta, « la ville trop occupée à gagner de l’argent pour haïr. » (p.33)

Mais il semble que (l’accusé) n’ait jamais appris à s’aimer lui-même. (p.43)

Il existe, selon Andrew, un mal qui atteint particulièrement la communauté noire, la sorriness, une sorte de pitié de soi-même. Cette maladie frappe les Noirs de sexe masculin. Elle est transmise par la mère, dont l’instinct est évidemment de protéger le mâle noir de la destruction qui le menace dès lors qu’il s’affirme en tant qu’homme. Un des résultats de ce processus est que le frère risque de ne jamais grandir. (p.44)

Le Destin manifeste, par exemple, n’est rien moins qu’une justification de la pratique délibérée et calculée du génocide. (p.75)

A propos des européens : Ils n’ont jamais eu de respect les uns pour les autres et comment pourrait-on concevoir qu’ils en aient un jour ? Les Anglais traitent les Écossais et les Irlandais comme des chiens, et se traitent entre eux de la sorte. (p.125)

Il n’y a pas un seul raciste en ce monde qui ne soit un menteur et un lâche. (p.150)

Oui, ce système n’a raconté aux Noirs et à lui-même que des mensonges. (p.158)

https://alexmotamots.fr/meurtres-a-atlanta-james-baldwin/