Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

La Boussole d'Einstein
30 octobre 2019

enquête, histoire

Ce que j’aime dans les polars, c’est quand ils me racontent un pan d’Histoire méconnue, ou qu’ils me parlent d’une façon nouvelle de la société dans laquelle je vis. Ce roman de Gilles Vidal rempli la première clause.
L’enquête est presque classique : Felix Meyer arrive de son île espagnol pour les obsèques de sa soeur, gravement défigurée par un chauffard.
Mais Meyer n’est pas n’importe qui, on le découvre petit à petit au fil des pages : il a de mystérieux correspondants qui font avancer son enquête, et il a le coup de poing efficace.
Son talon d’Achille : il tombe amoureux de la jeune commissaire en charge de l’affaire.
Si j’ai trouvé certains passages un peu rapides, j’ai aimé suivre Meyer dans la découverte de cette soeur bien mystérieuse.
Un bon moment de lecture.

L’image que je retiendrai :
La dernière : celle de la boussole donnée par son père au petit Albert Einstein.
https://alexmotamots.fr/la-boussole-deinstein-gilles-vidal/

La Grande escapade
30 octobre 2019

années 70, école

Si j’ai eu un peu de mal au début avec les prénoms et noms des personnages, les prénoms de leur mère et père respectif, ainsi que leur profession (je ne devais sans doute pas être très concentrée), au bout d’un certain nombre de pages, je suis arrivée à entrer dans le roman.

J’ai (presque) retrouvé l’école de mon enfance (qui venait tout juste d’être mixe) et la pédagogie par le coup de règle.

Je me suis attachée peu à peu aux différents personnages.

Une intrigue se met doucement en place : y aura-t-il adultère au groupe scolaire ?

On assiste à l’arrivé d’une pédagogie axée sur l’élève, ce qui secoue certains instituteurs, mais rassure les parents qui n’ont pas voix au chapitre

Un excellent moment de lecture, même si la fin légèrement fantastique m’a paru étrange.

L’image que je retiendrai :

Celle de la moleskine, très présente grâce aux carnets et aux sièges du train.

https://alexmotamots.fr/la-grande-escapade-jean-philippe-blondel/

La Déesse des petites victoires
26 octobre 2019

1939-1945, amour

Premier roman de Yannick Grannec, je me suis régalée de cette histoire d’amour sur fond de mathématiques et d’Anschluss.

Kurt est un jeune mathématicien autrichien très renfermé, plein de TOC. Un soir, il rencontre Adèle, une jeune danseuse à la jambe légère qui tombe follement amoureuse de lui. Mais la mère de Kurt ne l’entend pas de cette oreille.

Puis l’Allemagne envahit Vienne, Kurt ne peut plus travailler sans prêter serment, ce qu’il se refuse à faire, et les amoureux, après un mariage rapide, fuit à Pinceton.

Dans cette ville près de New-York se trouve tout le gratin des mathématiques et de la physique, M. Albert Einstein compris. Kurt et lui deviendront de grands amis.

Chaque chapitre de la vie d’Adèle et Kurt est entrecoupé de l’histoire d’Anna, documentaliste pour une fondation qui veut récupérer les archives de Kurt auprès de sa veuve. Visite après visite, Anna se lit d’amitié avec la vieille dame revêche.

J’ai aimé découvrir l’amour d’Adèle pour Kurt, comment elle lui simplifie la vie pour qu’il se consacre à ses recherches, lui qui mangeait peu, se bourrait de médicament, et se croyait espionné.

J’ai aimé l’humanité d’Adèle, qui craque parfois, qui regrette de ne pas avoir les codes de la haute société pour facilité leur installation à l’université.

Adèle avec son caractère qui plante un flamand rose dans son jardin juste avant la venue de sa belle-mère.

Les paragraphes expliquant certaines théories mathématiques m’ont presque paru clairs, une gageure.

Un roman passionnant qui m’a fait découvrir ce mathématicien si particulier et sa femme, sans qui il n’aurait pas pu vivre.

L’image que je retiendrai :

Celle de la pomme marquée 220 qu’il offre à sa future femme, lui ayant la pomme 294.

Quelques citations :

Tenir l’instant et celui d’après. Ne pas paniquer. Trouver en moi cette autre personne, la toute-puissante, et enfermer à double tour la petite fille froussarde. Tout en sachant qu’un jour cette enfant-là crierait si fort que je serai obligée de lui rouvrir la porte, et qu’elle serait, alors, inconsolable. (p.164)

Il pensait se protéger des autres, il ne savait pas s’immuniser contre la déception d’avoir à se confronter à ses propres limites. (p.190)

– Peut-être faudrait-il retourner la question. Pourquoi l’autre chaussette ne disparaît-elle pas ? (p.233)

La colère a aussi ses vertus. Je m’applique à ne jamais l’oublier. Je chierai sur Goethe jusqu’à ma mort. (p.321)

Citation d’Einstein : « Si c’est moi qu’ils veulent voit, je suis ici ; si c’est ma tenue, ouvre mon placard et montre-leur mes vêtements. » (p.389)

https://alexmotamots.fr/la-deesse-des-petites-victoires-yannick-grannec/

Le Ghetto intérieur
26 octobre 2019

famille, ghetto

C’est le premier roman que je lis de cet auteur argentin qui écrit en français. Mais sans le savoir, je le connaissais déjà car il a participé à l’écriture de nombreux films, notamment ceux de Cédric Klapisch.
Revenons-en à ce roman, dont l’univers est bien loin des films de Klapisch.

L’auteur raconte une partie de la vie de son grand-père maternel fraîchement arrivé de Pologne en Argentine en 1928. Sa sœur, son frère et sa mère ne l’ont pas suivi. Au fil des lettres de sa mère, Vicente assiste à la construction du ghetto de Varsovie, les conditions de vie difficiles, puis à la destruction de celui-ci.

De sa mère, il recevra une dernière lettre dont il ne parlera à personne, s’enfermant dans le silence. J’ai eu un peu de mal, au début, avec le rythme du texte, sans cesse entrecoupé de virgule qui venait rompre les phrases. Puis je me suis habitué à sa petite musique, et j’ai parcouru la descente aux enfers de cet homme avec passion.

Vicente et ses amis juifs s’interrogent beaucoup sur ce que c’est d’être Juif. Et comme ils le disent si bien : mettez 2 juifs dans une pièce pour débattre et vous aurez 3 avis.

Même si il a quitté sa mère des années auparavant, Vicente souffre de ne pouvoir rien faire pour l’aider. Une séparation difficile, d’autant plus qu’il n’était pas certain de vouloir qu’elle l’accompagne dans son exil.

Vicente découvre à travers la presse le sort réservé aux juifs d’Europe, et se sent impuissant. Un roman intéressant pour les questions qu’il pose.

L’image que je retiendrai :
Celle de Vicente espérant que sa mère ai pu emmener dans son dernier voyage son châle rose.
https://alexmotamots.fr/le-ghetto-interieur-santiago-h-amigorena/

Âme brisée
26 octobre 2019

1939-1945, violon

De l’auteur, j’avais aimé cet été "Un amour de Mille Ans".
C’est avec plaisir que j’ai ouvert son nouveau roman au titre à double sens, encore une fois.
Le roman s’ouvre sur un jeune garçon caché dans un placard pendant qu’il entend un soldat japonais briser le violon de son père.
Puis le récit commence et raconte cet épisode de l’enfance de Rei pendant la guerre de 39-45 au Japon. Après une ellipse, nous retrouvons Rei en France où il est devenu luthier et pendant des années, à réparé le violon de son père.
Avec, toujours en arrière-plan, le morceau de Schubert Rosamunde que le quatuor de son père répétait.
J’ai aimé suivre Rei-Jacques à travers son identité française qui n’oublie pas sa part japonaise, malgré les années, ces réflexions sur la langue française qui place tous les interlocuteurs sur un pied d’égalité, contrairement à la langue japonaise.
J’ai aimé la présence de la musique, comme une présence des morts.
J’ai aimé les souvenirs de chacun sur le père de Rei et du soldat.
J’ai aimé les personnages, tous gens de bonne volonté, en lutte contre la pensée dominante visant à interdire et exclure.
Un auteur japonais qui vit au Japon et qui écrit magnifiquement en français.

L’image que je retiendrai :
Celle de Rei, de retour au Japon, se souvenant de son dernier petit déjeuner avec son père composé de riz, d’un oeuf cru et de sauce soja.
https://alexmotamots.fr/ame-brisee-akira-mizubayashi/