Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Or, encens et poussière

Varesi, Valerio

Agullo

21,50
11 juin 2020

immigration, policier

J’ai aimé retrouver le commissaire Soneri, réfractaire aux nouvelles technologies, mis à part son smartphone qui le relie comme un fil de vie à son amante.

J’ai aimé ce brouillard d’automne qui nimbe certaines scènes de son aura trouble.

Dans ces pages, Soneri navigue entre camps de Roms aux abords de la ville et haute société parmesane.

J’ai aimé le personnage du marquis désargenté Sbarazza qui mange les restes de belles femmes dans les restaurants. C’est ainsi qu’il rencontre Soneri.

J’ai aimé en apprendre plus sur le passé douloureux de Soneri qui a perdu sa femme enceinte quelques années auparavant. Douleur ravivée car la jeune roumaine morte était enceinte de quelques mois.

Un roman qui montre aussi qu’il faut savoir s’arrêter et profiter du moment présent.

Quelques citations :

Personne n’est d’un seul bloc, Esposito. On prend tellement de formes, on est comme le brouillard.

C’est ainsi que le monde se renouvelle : à chaque instant. Ce n’est pas la constance qui nous fonde, mais l’instabilité, et tous ceux qui cherchent à être cohérents se font des illusions. Tout réside dans le fait d’accepter ce que nous sommes et de nous ouvrir à l’éventail immense de possibilité que la vie nous offre en permanence.

La bienveillance envers notre prochain est notre seul salit, car en fin de compte, tout ce que les hommes recherchent, c’est d’être aimés. Y compris les plus abominables délinquants. Nous sommes tous des orphelins, vous ne croyez pas ?

Nina, la seule qui ait perdu définitivement, morte dans la fleur de l’âge à cause d’un rêve de vie normale.

L’image que je retiendrai :

Celle des objets de messe en or dans la vitrine du fabricant d’objets sacrés en or, certains volés.

https://alexmotamots.fr/or-encens-et-poussiere-valerio-varesi/

Vie de Gérard Fulmard
11 juin 2020

vie moderne

Quelle vie rocambolesque que celle de ce personnage qui la raconte. Ancien steward, il tente de devenir détective puis se fait enrôler comme homme de main par un obscur parti politique. Dans ce dernier s’aiguisent, comme partout, les complots et les passions. Autant dire qu’il a mis les pieds dans un drame.

Pourtant, les situations rocambolesques s’enchaînent, parfois drôles ou prêtant à sourire.

Mais l’auteur se regarde écrire, aussi, qui insert dans son récit tout ce qui peut faire un succès : grandes maisons bourgeoises avec piscine, voyage à l’autre bout du monde. Et comme il le dit lui-même, ne manque plus que la scène de sexe.

Une lecture divertissante qui montre que rien n’est jamais le fruit du hasard et qu’il faut se méfier de son psy.

L’image que je retiendrai :

Celles des habitants célèbres de la rue où habite Gérard Fulmard mais qui ont tous mal terminé (Mike Brant et Issei Sagawa, étudiant japonais ayant mangé sa compagne néerlandaise).

https://alexmotamots.fr/vie-de-gerard-fulmard-jean-echenoz/

L'ESPION INATTENDU
11 juin 2020

fascisme, Italie

Et dire que tout ce qui est raconté dans ce roman est vrai !

Quelle vie que celle de ce prince sicilien bâtard mais reconnu de la famille par sa grand-mère.

Raimondo aime quand ça bouge, ne dédaigne pas les bonnes choses ni les belles.

Il exècre toutefois la guerre pour l’avoir faite en Espagne et tentera de manœuvrer pour que son pays, l’Italie du Duce dont il a une piètre opinion, n’entre pas en guerre à son tour.

Raimondo est réaliste sur le gouvernement fasciste, qui multiplie les chiffres du nombre de fusils disponibles pour l’armée afin de plaire à Mussolini.

J’ai aimé découvrir les arrières-cours du pouvoir italien où tout le monde ment, entrainant le pays dans le chaos.

Les aventures rocambolesques de Raimondo et Cora m’ont faites sourire et m’ont parfois étonnées. Mais en cette période troublée, tout était possible.

Une citation :

C’était donc cela la clé de voûte du régime ? Un hymne perpétuel et entêtant à la force et à l’arrogance masquant lâcheté et soumission ?Un bluff colossal ? (p.145)

L’image que je retiendrai :

Celle du collier de perles et de diamants que Raimondo laissé à Cora après l’avoir ramener à Londres en pleine Blitzkriek.

https://alexmotamots.fr/lespion-inattendu-ottavia-casagrande/

Joueuse
4 juin 2020

humour, jeu

Après un clin d’oeil à Mamie Lüger, l’auteur nous entraîne dans l’univers du jeu, celui des accrocs où la mafia n’est jamais loin.

J’ai découvert des hommes et des femmes prêts à tout, mais vraiment tout pour assouvir leur passion du jeu. Ici, le poker.

J’ai aimé Zack et Baloo, ce duo improbable qui se soutient. Et puis la chanson de Baloo : Il en faut peu pour être heureux…

Maxine m’a paru plus lointaine, avec son besoin de vengeance. Mais elle est à la fois forte et blessée.

J’ai aimé le petit Paul, surdoué de 7 ans qui trouve asile chez Maxine.

Le récit se déroule sous les chapeaux de roues, presque sans temps morts.

Et même si, comme moi, vous ne connaissez rien au poker, vous passerez un excellent moment de lecture.

L’image que je retiendrai :

Celle des toilettes dans lesquels Zack tente de revenir à la vie pendant qu’un mariage se déroule de l’autre côté de la cloison.

https://alexmotamots.fr/joueuse-benoit-philippon/

Enfances perdues

Éditions du Masque

21,50
4 juin 2020

Allemagne, enquête

L’auteure a reçu plusieurs prix pour ses précédents romans, en Allemagne et en France. Je la découvre avec son dernier ouvrage.

On y découvre des personnages à la vie pleine d’embûches, certains mourront tragiquement, d’autres porteront en eux une blessure à vif et une colère enfouie.

J’ai aimé la construction du roman, qui alterne les époques au gré des chapitres, depuis l’enfance de Henni, personnage principale, jusqu’en 1970, date de son procès. Et tout au long de ma lecture s’est posée la question : mais qu’a-t’elle bien pu commettre pour finir accusée au tribunal ?

J’ai aimé son amie d’enfance Elsa qui raconte une partie de la vie d’Enni et de ses frères.

J’ai aimé Thomas, l’ami de pensionnat de Fried, qui devient artiste peintre. Les soeurs et leurs mauvais traitements n’ont pas réussi à briser sa créativité. Oui, Thomas est un être à part qui voit l’herbe bleue et le ciel rouge.

J’ai aimé qu’Henni et son frère Fried s’en sorte professionnellement. Henni en devenant horticultrice et Fried ébéniste.

En revanche, je n’ai pas aimé le côté facile de la narration qui tend à faire pleurer dans les chaumières. Cela n’apportait rien à ce roman à la fois historique et noir. Au contraire, cela m’a donné une impression de fausse note.

J’ai découvert qu’après la défaite du Reich, près de la frontière belge, les enfants et les adultes faisaient de la contrebande pour du café et des cigarettes, échangeant ce qu’ils pouvaient (ménagère en argent, pierre à briquet…). Les enfants passaient en premier, car il ne leur arrivait rien si ils étaient pris ; les adultes suivaient pas loin derrière, qui risquaient la prison).

L’image que je retiendrai :

Celle de Thomas, incapable de témoigner au tribunal pour venir en aide à son ami Fried.

https://alexmotamots.fr/enfances-perdues-mechtild-borrmann/