Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Le quai de Ouistreham
9 décembre 2011

Si Mme Aubenas cherche un emploi en début d'immersion, elle va très vite se rendre compte que sans aucune qualification, elle ne pourra prétendre qu'à "des heures". Par-ci, par-là, toujours à l'autre bout de la ville et toujours mal payées.

Heureusement, la solidarité fonctionne à fond, ainsi trouve-t-elle une voiture, amicalement baptisée "le tracteur".

Et puis son immersion se situe en pleine restructuration de Pôle Emplois, avec des travailleurs sociaux qui n'en ont plus que le nom ; impuissants, eux, à aider les personnes en recherche d'emploi. C'est cet aspect là du livre que j'ai trouvé, finalement, le plus intéressant.

Car dans le cercle que fréquente la journaliste, tout le monde court après "les heures", son dossier sous le bras, jonglant parfois avec les horaires des enfants.

De son "emploi", l'auteure parle très peu. Au détour d'une phrase, on devine que le métier casse le dos et les bras ; qu'il faut se faire invisible et surtout faire le travail parfaitement en un minimum de temps. Certaines entreprises sont plus "faciles" que d'autres (celles des chauffeurs routiers, par exemple). Mais de la pénibilité du travail, il est fort peu question.

6 mois pour décrocher un CDI, surtout quand on saccage pas mal le travail (la journaliste le reconnait elle-même), finalement, ce n'est pas long. Mais il est vrai qu'elle ne se plaint pas.

Au final, j'ai trouvé cette histoire très "parisienne" et sans réel enjeu majeur, si ce n'est de nous écrire ce que l'on connait déjà (ou que l'on a connu), malheureusement.

L'image que je retiendrai :

Celle de la pause-café possible dans certaine entreprise, et pas dans d'autres, faute de temps.

http://motamots.canalblog.com/archives/2011/12/02/22833969.html

Code Salamandre
9 décembre 2011

Tous les ingrédients sont là : le jeune chercheur qui vient de divorcer (donc sans attaches) et qui découvre un code secret - le jeune fille qui ne sait rien mais qui l'aide dans sa quête - le tueur sanguinaire et pervers qui adore les jeunes filles - le policier qui suit son instinct - une énigme à résoudre - les monuments français.

Un bon "Tu n'iras pas te coucher" qui teint en haleine ;

Même si les ellipses sont parfois un peu grosses (j'aurais aimé que l'auteur discours un peu plus sur ses personnages et nous les présentes plus longuement)

Même si les codes sont un peu simples (même moi j'ai compris) et l'énigme vite résolue

Même si le sadique est vraiment sadique et plein d'astuces.

Mais comme on dit, "à cheval donné, on ne regarde pas les dents", et j'ai passé un bon moment.

L'image que je retiendrai :

Celle du château de Chambord qui, bien qu'il soit plein de vide de meuble, regorge de symboles.

http://motamots.canalblog.com/archives/2011/12/01/22849421.html

VERDICT

Sonatine éditions

9 décembre 2011

Un roman qui me faisait de l'oeil depuis longtemps mais que je n'arrivais pas à avoir à la BM (8e sur la liste d'attente...)

Mais que j'ai bien fait d'attendre.

Tout se joue dans l'imagination des avocats, qui sont aussi des acteurs-nés, ainsi que leurs clients, parfois. Reste à savoir qui est le plus menteur des deux.

Un système judiciaire américain rendu compréhensible, merci à l'auteur.

L'image que je retiendrai :

Celle de la cité des Gardens de Brooklyn, sans jardins, mais où fleurit le trafique de drogue.

http://motamots.canalblog.com/archives/2011/11/30/21849285.html

La distribution des lumières

Stéphanie Hochet

Flammarion

17,30
9 décembre 2011

On en apprend beaucoup sur les motivations de Pasquale qui l'ont conduit à quitter l'Italie : la montée en puissance de Berlusconi. Mais il n'est pas engagé politiquement, c'est juste que le personnage lui déplait. Si on faisait tous pareil, bonjour les mouvements migratoires...

On en sait aussi beaucoup sur Aurèle et son frère qui prennent tour à tour la parole, même si les motivations d'Aurèle restent floues.

Mais Anna, elle, reste muette. Dommage, j'aurais aimé entendre sa voix.

Un court roman qui m'a pourtant lassé, même si la fin est joliment pleine de cruauté.

L'image que je retiendrai :

Une pensée, plutôt : méfiez-vous des jeunes filles de 14 ans.

http://motamots.canalblog.com/archives/2011/11/28/21841133.html

Monstrueux, roman
9,10
9 décembre 2011

La soeur de Yuriko raconte son enfance avec un père suisse et une mère japonaise qui ne s'entendaient pas ; la beauté de sa soeur qu'elle qualifie de "monstrueuse" ; la vie avec son grand-père ex-escroc ; sa vie au lycée de K. avec son amie Kazue.

Les journaux intimes de Yuriko et Kazue viennent donner un autre éclairage à l'histoire, sans oublier la confession du tueur chinois Zhang.

Une plongée dans ce roman offre une plongée dans la société japonaise qui laisse toujours les femmes en marge (rien de nouveau depuis "Out", dommage) mais surtout une plongée dans le mensonge de la société et des personnages eux-mêmes.

Rien de neuf, donc, dans ce nouveau roman de l'auteure, si ce n'est que dans cet opus, pas d'hémoglobine, mais du sexe. Oui, oui, car les deux personnages principaux se prostituent et, parfois, leur travail nous est décrit par le menu.

Et puis de l'inceste : entre (presque) père et (presque) fille ; entre frère et soeur.

Un peu plus sérieux, on découvre que la société japonaise fonctionne par système de classe, et que même si les filles peuvent entrer au mérite dans un bon lycée, elles ne pourront jamais accéder à de hautes fonctions, réservées aux hommes.

Quelques pages sur l'immigration chinoise au Japon et les événements de la place Tian'anmen.

Des descriptions de la beauté de Yuriko qualifiée de "monstrueuse". Qualificatif répété, et répété, et répété, qui ne m'a pas permis d'adhérer au propos. Et puis, tous les personnages deviennent "monstrueux", c'est assez répétitif et lassant, au final.

Un peu déçue, donc, à la fin de ma lecture.

L'image que je retiendrai :

Celle de l'appartement de Zhang, l'émigré chinois, encombré de détritus, car personne ne semble à sa place au Japon.

http://motamots.canalblog.com/archives/2011/11/25/21826128.html