L'ombre d'une chance
EAN13
9782267024159
ISBN
978-2-267-02415-9
Éditeur
Christian Bourgois
Date de publication
Collection
Titres
Nombre de pages
96
Dimensions
17 x 10 x 0 cm
Poids
86 g
Langue
français
Langue d'origine
anglais
Indisponible
Dans ce court texte publié en 1991 aux Etats-Unis, Burroughs reprend le fil des aventures du capitaine Mission, ce capitaine d’aventures du XVIIIe siècle qu’il avait fait figurer dans le Havre des Saints et qui avait depuis lors fait des apparitions plus ou moins fugitives dans ses œuvres romanesques. Ce dernier est un émissaire de la Panique, laquelle distille le savoir que l’homme redoute, à savoir la vérité de son origine. Mission vit à Madagascar où il a instauré la peine de mort pour quiconque tue un lémurien, pseudonyme de spectre en langage indigène. Il exige que soit protégé le grand Spectre, créature unique et asexuée qui ne se rencontre que dans le silence absolu. Aussi se sent-il trahi lorsqu’un de ses seconds tue ce lémurien. Il y voit aussi le triste symbole de l’intervention de l’homme dans un ordre naturel où il n’a pas sa place. Car il devient évident que l’homme est structuré autour d’une faille, comparable au fossé qui sépare Madagascar du continent africain, et qu’il est impossible d’établir une synthèse entre l’innocence enchanteresse et la vie que nous connaissons. L’homme n’a pas l’ombre d’une chance.

Au récit, viennent alors se superposer des réflexions sur le sens de la race humaine, sur son festin, sur la malédiction qu’elle s’impose elle-même, sur la destruction à laquelle elle se condamne. Ce texte, qui commençait comme un roman d’aventures, s’achève dans des visions somptueuses et hallucinées d’hommes-plantes ou d’êtres-racines.

Né à Saint-Louis en 1914, mort en 1997 à 83 ans. A la fin de ses études, il émigre à New York, plonge sciemment dans le monde de la pègre et devient intentionnellement héroïnomane. Parallèlement, à l'université de Columbia, il fait la connaissance de Ginsberg et de Kerouac. Vers 1950, Burroughs commence à écrire. Il tue sa femme accidentellement dans un exercice à la Guillaume Tell raté et s'éclipse en Amérique du Sud. En 1954, il s'installe à Tanger qu'il ne quittera qu'en 1964. Ses intoxications se font de plus en plus aigües. Après sa désintoxication entreprise à Londres, il se remet à l’écriture. C'est en 1975 que Burroughs est reparti vivre à New York, où il est devenu une des « stars » de la « scène new-yorkaise ». Gourou de la Beat Generation, éminence grise controversée de l’avant-garde internationale, prophète sombre à l’humour des plus noirs, William Burroughs a eu une influence avec laquelle peu d’écrivains vivants ont rivalisé.

Indisponible depuis plusieurs années, ce texte est réédité au format de poche, dans la collection Titres, et rejoint la presque totalité des textes de William Burroughs ainsi republiés aux éditions Bourgois.

« Le lecteur est envoûté par la langue de Burroughs, par ses images, ses obsessions. » (Christophe Mercier, Le Point)

« Roman poignant et poignard sur le sort peu enviable que « le Grand mensonge réserve à l’homme Sagouin en l’obligeant à liquider sa part d’ombre – le lémurien – et son contraire – le pirate de la Libertatie -, L’Ombre d’une chance ne se fige pas dans un pessimisme de circonstance. […] L’enfer est là, certes, prêt à dérouler son tapis rouge, mais les passeurs sont immortels. Seuls les imposteurs font une petit tour et puis s’en vont. » (Gérard Guégan, Sud Ouest Dimanche)

« Bref, fulgurant, tordu, provoquant, ce texte de 1991 a la beauté étrange d’une Apocalypse goguenarde, doublée d’une saisissante tendresse pour ce qui aurait pu être et que l’homme occidental a écrasé : des lémuriens aux miracles, des hybrides aux utopies. » (Evelyne Pieiller, L’Humanité Hebdo)
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