Faire une nation. Les Italiens et l'unité (XIXᵉ-XXIᵉ siècle)
Éditeur
Gallimard
Date de publication
Collection
Folio histoire
Langue
français
Langue d'origine
français

Faire une nation. Les Italiens et l'unité (XIXᵉ-XXIᵉ siècle)

Gallimard

Folio histoire

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Il est une question qui demeure récurrente : celle de l’identité de la nation
italienne, dont l’unité semble inachevée. À la différence de la France forgée
au fil des siècles par un puissant État, qu’il fût monarchique ou jacobin,
l’Italie est restée confrontée à des forces centrifuges qui ont fait de son
histoire contemporaine une longue quête de son unité, ce combat à la fois
politique et culturel qu’il est convenu d’appeler le Risorgimento (la
"résurrection"). L’héritage de Rome, de l’humanisme de la Renaissance, d’une
péninsule qui, à l’orée du XVIe siècle, s’est imposée à l’Europe, par sa
culture artistique, mais aussi par sa culture matérielle, ses marchands, ses
réseaux commerciaux et l’habileté de ses hommes d’affaires, constitue, à
l’orée du XIXe siècle, autant d’obstacles à la formation d’un État moderne,
capable de diffuser une langue commune et d’associer les villes et les
campagnes dans un même mouvement de modernisation. Achevée en 1870, l’unité
n’est alors qu’une enveloppe ; il reste à faire des Italiens et à leur donner
une identité capable de réduire autant de différences entre les régions, les
villes et les individus. Elena Musiani inscrit le Risorgimento dans la durée :
il devient un processus historique dans lequel les événements qui l’ont créé,
transformés en mythe, héroïsés par les générations suivantes, ont constitué
jusqu’à nos jours une véritable pédagogie, "la fabrique des Italiens".
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