Manuel de guérilla à l'usage des femmes
EAN13
9782246758617
ISBN
978-2-246-75861-7
Éditeur
Grasset
Date de publication
Collection
Documents Français
Nombre de pages
288
Dimensions
20 x 13 x 0 cm
Poids
265 g
Langue
français
Code dewey
158.209

Manuel de guérilla à l'usage des femmes

De

Grasset

Documents Français

Trouvez les offres des librairies les plus proches :
ou
entrez le nom de votre ville

Offres


1?>Est-ce ainsi que les femmes vivent ??>Quand Agnès a eu quarante-cinq ans, son mari lui a déclaré qu'elle n'était qu'une grosse vache. Il est parti dormir sur le canapé de son bureau et a tout mis en œuvre pour divorcer. Leurs trois enfants, il lui en laissait bien évidemment la garde. En échange, il conservait la maison, la résidence secondaire, les voitures. Un partage équilibré en somme. Bien qu'Agnès venait de s'exploser l'épaule en surf des neiges – un exploit surprenant pour une prétendue grosse vache – et qu'elle allait conserver près de trois mois une contention qui la faisait ressembler à un oiseau blessé, son mari entendait la pousser au plus vite hors du domicile conjugal.Agnès a tenu bon : cette maison était la sienne aussi, ils l'avaient bâtie ensemble. Chaque soir, constatant à son retour qu'elle était toujours là, il se mettait en colère, déchirait un album de famille, jetait des affaires par la fenêtre. Le lapin et les tortues des enfants, qui avaient le grand tort de prendre la défense de leur mère, ont fini par y passer. A la face de la benjamine, qui osait s'interposer, il a jeté qu'il ne l'avait jamais aimée.Puis il a mégoté chaque centime de la pension alimentaire, prétendant que les exigences de son ex-épouse le saignaient à blanc. En pleine négociation par avocats interposés, une enveloppe est arrivée au domicile à son nom. Elle contenait deux billets d'avion : un séjour de luxe aux An-tilles pour deux. Ce qui a permis à toute la famille de découvrir l'identité de l'heureuse élue, de vingt ans sa cadette.Aujourd'hui, Agnès est en train de reconstruire sa vie. Elle a loué une maison dans la même ville, afin que les enfants ne soient pas coupés de leurs amis et de leurs lycées. Son épaule commence à se ressouder en même temps que son moral. Et elle essaie de comprendre comment l'homme amoureux et généreux de ses vingt ans a pu se muer en un être égoïste et cynique. Un parfait étranger, qui n'hésite pas à jouer les martyrs à son travail pour se faire consoler par les gentilles infirmières.
Irène. Je l'ai connue lors du jumelage qui nous réunit chaque année avec une petite ville de Bavière. Les Allemands arrivent en autocar, avec leurs costumes pailletés et leurs instruments de musique. Ils nous offrent ce qu'ils appellent un « combo », spectacle chanté et dansé où tout le monde se donne à fond. Irène assure chaque année une bonne partie de l'animation, avec une énergie et une bonne humeur qui la rendent plus jeune encore que les gamins de son groupe de rock. On ne peut imaginer en la voyant qu'elle exerce le métier de juge. Et qu'elle a vaincu un cancer il y a dix ans. Son mari, Jörg, regarde avec admiration cette femme pétillante et adorable, qui mord dans la vie avec la détermination de ceux qui ont frôlé l'abîme.Cette année, le cancer d'Irène est revenu. Elle n'a rien perdu de sa gaieté et de son énergie. Sur son lit d'hôpital, harnachée de toute la tuyauterie possible, elle s'enquérait encore de la santé de ses visiteurs et multipliait les projets. Mais le cancer a gagné : Irène est morte. Une semaine après, Jörg installait sa maîtresse au domicile conjugal. Ses enfants ont découvert avec horreur qu'il devait la connaître depuis bien longtemps. Irène n'avait probablement jamais été dupe : une femme comme elle ne s'en laissait pas facilement conter. Sa fille aînée s'est enfuie à Boston. Le fils cadet n'adresse plus la parole à son père. Et je pense à toutes les souffrances qu'a dû endurer Irène quand elle feignait la bonne humeur. Le crabe qui la rongeait de l'intérieur n'était pas seulement physique.
Ségolène Royal. Communiqué du 17 juin 2007, au soir du second tour des élections législatives. « J'ai demandé à François Hollande de quitter le domicile conjugal. » Le père de ses quatre enfants s'en va effectivement. Les médias se gaussent de cette annonce de séparation, comme si l'infortune de la madone socialiste était ridicule. Une fois de plus pourtant, Ségolène Royal a montré qu'elle partageait le sort de beaucoup de femmes autour de la cinquantaine.
Veronica Lario, épouse Berlusconi. Le 28 avril 2009, elle annonce qu'elle demande le divorce. Son mari a constitué pour les élections européennes une liste de plantureuses créatures. Et l'épouse vient d'apprendre qu'il a assisté à l'anniversaire d'une jolie blonde de dix-huit ans, Noemi, à qui il a offert un collier précieux. Noemi qui l'appelle « papounet ». Silvio n'est pourtant jamais venu aux dix-huit ans de leurs trois enfants. Veronica ne supporte plus d'être bafouée ainsi : « La présence de belles femmes en politique n'est ni un défaut, ni une qualité. Mais ce qui ressort aujourd'hui, c'est l'impudence et le manque de retenue du pouvoir, qui portent atteinte à la crédibilité de toutes les femmes. » Personne ne lui avait donc parlé de l'obsession des hommes politiques pour le sexe lorsqu'elle a ravi Silvio à sa première épouse, en 1980 ?
S'identifier pour envoyer des commentaires.