Devenir heureux..., ces épreuves qui font notre force
EAN13
9782702140185
ISBN
978-2-7021-4018-5
Éditeur
Calmann-Lévy
Date de publication
Collection
Le passé recomposé
Nombre de pages
235
Dimensions
23 x 15 x 1 cm
Poids
352 g
Langue
français
Code dewey
155.93

Devenir heureux...

ces épreuves qui font notre force

De

Contributions de , ,

Calmann-Lévy

Le passé recomposé

Indisponible

Ce livre est en stock chez 2 confrères du réseau leslibraires.fr,

Cliquez ici pour le commander
1?>La relation mère-fille?>Comme pour beaucoup d'enfants à cette époque, ma naissance n'était pas prévue au programme. Je suis arrivée au mauvais moment, alors que mes parents cohabitaient dans une tension extrême et constante. De plus, maman travaillait chez un gynécologue, et pendant quelque temps, elle eut à réfléchir à l'éventualité d'un avortement. Autant dire qu'elle n'a pas hésité dans le choix du prénom, entre Karine et Désirée. En même temps, ce n'est pas plus mal...Elle m'a élevée comme elle pouvait, en maman solo de vingt-cinq ans. Avec un passé indigeste, elle était angoissée par l'avenir, et en même temps joyeuse et insouciante. Ma mère est une sacrée bonne femme, qui m'a donné le principal : tout son amour.
Pour rien au monde je n'échangerais mon enfance, même si, avec le recul, elle était loin d'être idéale. Des années d'autoanalyse et des séances d'EMDR1 ont bien pointé les maladresses dont j'ai été l'objet. Mais maman voulait avant tout bien faire, et cette bienveillance-là a été, j'en suis sûre, le terreau de mon équilibre.Sans doute traumatisée par la relation tordue que sa propre mère entretenait avec elle, elle a eu à cœur de n'avoir que complicité et tendresse avec moi. Aucune rivalité entre nous, maman est une copine qui veut mon bien. Hélas, j'ai toujours tout su de ses doutes, de ses angoisses, de ses joies et de ses amants.
Après cette grande période Bisounours, j'ai eu quinze ans. Et là, notre ciel s'est obscurci et je suis devenue odieu–sement adolescente.Ma mère m'exaspérait, j'étais une incomprise, comme à peu près tous les ados. Je n'avais pas demandé à venir au monde (d'autant que je savais que personne n'avait désiré ma naissance), et patati et patata, claquages de porte et sanglots longs sur le lit.Mes relations avec maman sont devenues tendues et compliquées. J'ai fugué, sniffé de l'Eau écarlate (ça, je crois que je ne lui ai jamais dit)... J'étais mal et donc il fallait que tout le monde aille mal. J'ai toujours été très « partageuse ».Ma pauvre maman, je lui en ai fait baver, et encore aujourd'hui, je ne l'épargne pas souvent.
Je suis partie à dix-sept ans de la maison, il me semblait vital de fuir Nancy et d'aller à Paris pour éclore. Mais ce qui m'avait fait fuir devint un manque, je n'étais qu'une enfant qui rêvait d'être une grande. C'est à ce moment-là que j'ai basculé dans l'anorexie.
Quand, bien plus tard, je suis devenue maman, le fait de mettre un enfant au monde m'a renvoyée à ma propre naissance, et bien sûr à ma mère. Maintenant que je vois grandir ma fille, je mesure combien il est compliqué d'assu mer ce rôle. J'espère lui transmettre les valeurs auxquelles je crois, la protéger, rester à ma place de mère sans tout régenter (ce n'est pas gagné, ma fille m'appelle déjà « Colonel »), la laisser s'épanouir en tant que femme sans perdre de notre complicité... Être une mère de fille, en somme !
Merci maman de m'avoir donné l'énergie de partir, sans quoi je ne serais pas venue à Paris et je ne serais pas ce que je suis. Merci de m'avoir donné les bases de mon éducation, tes valeurs et tes angoisses, car elles aussi m'ont façonnée. Merci d'avoir douté de mes compétences, et de m'avoir obligée à te prouver que j'en avais sous le pied.Et à propos de pied, en revanche, tes pieds pourris et tes varices, ça, je ne te remercie pas de me les avoir transmis.ENTRETIEN AVEC MARYSE VAILLANT?>Qu'est-ce qui caractérise la relation mère-fille ?C'est la relation la plus ombrageuse et la plus amoureuse qui soit. Entre une mère et sa fille, il n'y a pas souvent d'indifférence, c'est l'amour ou la haine, et souvent les deux. D'abord parce que ça commence par l'amour (on oublie souvent que le bébé fille tombe amoureux de sa mère comme le bébé garçon), avant de passer par l'opposition pendant la petite enfance et l'agressivité pendant l'adolescence. C'est une relation passionnelle. Et qui dure longtemps.
S'identifier pour envoyer des commentaires.

Autres contributions de...

Plus d'informations sur Maryse Vaillant
Plus d'informations sur Philippe Grimbert