Les trois finalistes du prix Mémorable


Les plumes du prix Mémorable sont bien souvent maudites. Mais leur style, leur propos tranchant, percutant, corrosif, tapent juste et frappent à la porte de nos consciences. Ils résonnent aujourd’hui en plein avec les questionnements de notre époque.

Écotopia est une fable. Nous sommes en 1975 : la Californie a fait sécession des États-Unis vingt ans plus tôt. « S’appuyant sur ce canevas journalistique, le livre de Callenbach, s’amuse à décrire en détail tous les aspects de cette jeune société écologiste, féministe et très libérale dans ses mœurs. S’il permet de revisiter des mouvements d’émancipation des années 60 et début 70. Écotopia n’a pas pris une ride et se lit comme un essai fort enthousiasmant montrant « qu’un autre monde est possible » Jérôme Rivière, L’Escampette (Pau)

John Wain, (1925-1994), l’auteur d’Et frappe le père à mort, est associé au mouvement littéraire des « Jeunes hommes en colère ». Il compte parmi les écrivains anglais incontournables, célébré en Angleterre et aux États-Unis mais négligé en langue française, jusqu’à ce que les éditions du typhon le remettent en lumière de si belle façon. « Quelle modernité ! Quelle précision ! Définitivement un grand auteur. » Amanda Spiegel, Folies d'encre (Montreuil)

Le livre de Branimir Šćepanović était devenu un secret qu’on se passait entre initiés. Grâce soit rendue aux éditions Tusitala de remettre cette merveille sur le devant de la scène, dans une traduction révisée de Jean Descat, son traducteur original. « La Bouche pleine de terre est l’histoire d’une chasse à l’homme Une course surréaliste et métaphorique qui emportera toutes vos convictions sur son passage. La pesanteur de l’œil de l’autre sur nos actes, la haine qui peut naître de rien, la lutte acharnée entre l’envie d’en finir et la rage de vivre » Grégoire Courtois, Obliques (Auxerre)

Avec le prix Mémorable, les librairies indépendantes du réseau Initiales rendent hommage aux livres qui auraient pu sombrer dans l’oubli, écrasés par la masse du nombre, pris dans la glue du temps, ou ignorés tout bêtement, faute de traduction. Ce que nous voulons avec cette distinction, c’est louer le mérite des maisons d’éditions qui leur redonnent vie, de même qu’aux traductrices et traducteurs chevronné-e-s qui s’en font les passeurs.

Le second tout va s'ouvrir avec une nouvelle phase de vote, argumentée, pour départager les titres encore en lice. Le nom du lauréat sera communiqué en janvier 2020.