Conseils de lecture

Les faibles et les forts, roman
16,00
par (Librairie La Buissonnière)
18 août 2013

Vibrant et véridique

Aux Etats-Unis, officiellement la ségrégation raciale est terminée. Certaines tragédies récentes ont démontré le contraire telle la noyade de six enfants noirs dans le Mississippi en 2010. Journaliste et romancière, Judith Perrignon évoque ce terrible accident à travers un questionnement vibrant et véridique « Pourquoi les noirs ne savent-ils pas nager ? ». Le roman se déploie alors habilement pour tenter d'expliciter la ségrégation perpétuée, la tragédie vécue par une famille mortellement touchée, et la faillite des aînés à contrer violence, déraisons et abandons des plus jeunes. Entre récit et roman, « Les faibles et les forts » présente un vif intérêt.


180 jours, roman

roman

JC Lattès

20,00
par (Librairie La Buissonnière)
18 août 2013

Carcasses

Roman de la démesure, de l'industrialisation outrancière, de l'arrogance humaine à vouloir s'arroger le droit de vie et de mort sur des éléments vivants. 180 jours désigne la durée de vie d'un porc au sein d'un élevage intensif de 15000 têtes de bétail.De la gestation à l'abattoir.
Roman documentaire presque obsédant de détails et de minuties, il convie aussi le lecteur à une belle relation d'amitié entre deux hommes, l'un porcher, l'autre philosophe. Au sein de cet élevage intensif, les silences se brisent, les carcasses se défont, leurs fragilités intérieurs s'interpellent l'une et l'autre. Peut-on tolérer l'intolérable ? Avec ce roman, Isabelle Sorente analyse avec gravité et férocité ce qu'est la société de surconsommation actuelle et les usages désespérément intensifs de la production animale. Cela en est férocement déstabilisant.


Le Tapis de course
18,50
par (Librairie La Buissonnière)
17 août 2013

"Pauvre type", grande littérature !

"Le tapis de course" fait référence à deux objets apparemment anodins : celui du supermarché sur lequel le narrateur dépose ses achats et celui de son intérieur sur lequel il court quelques dix-huit kilomètres quotidiennement. Le rythme est donné. A l'image de la Suisse ordonnée, stricte, terne et mécanique, le narrateur, réglé comme un horloge, entrevoit ses propres rouages grippés le jour où un jeune homme le qualifie de "pauvre type". La machine est enrayée.
Homme suffisant, cynique et sarcastique, en charge du département "Littérature et Philosophie" de la grande bibliothèque, la narrateur est intimement, profodément vexé. Qu'à cela ne tienne, il va tenter d'expliciter les raisons pour lesquelles il n'est pas un pauvre type. En est-il si certain ?
Au bout du tapis vous aurez peut-être la réponse.
Belle découverte romanesque et grandement littéraire.


En mer

Christian Bourgois

15,00
par (Librairie La Buissonnière)
17 août 2013

Troublant

Loin d'être un roman maritime, "En mer" décrypte les maladresses et les dérives d'un homme parti navigué pendant trois mois. Trois jours avant la fin de son périple, avant le retour définitif sur la terre ferme, il emmène sa jeune fille de sept ans. Fier d'être père et responsable, il lui transmet la joie et les rudiments de la navigation. Une nuit de tempête, Maria disparaît. Entre affolement et hébétude, le père tente de retrouver sa fille parmi les eaux noires de la mer du Nord. Une tension psychologique s'instaure. Maria est-elle perdue ? Donald, le père, s'est-il retrouvé? Qui est-il réellement ? Un raté, perdu dans les méandres de son imagination débridée ?


Histoire de l'argent

Christian Bourgois

20,00
par (Librairie La Buissonnière)
17 août 2013

Fascinant

"Histoire de l'argent" est un roman d'ue précision mécanique, obsédante, parfois troublante, surtout fascinante. C'est l'Histoire de l'Argentine abordée dans sa complexité, dans sa démesure à tout niveau. L'obsession et l'indécence ne résident pas ici dans le sexe mais dans l'argent palpable, trébuchant, disponible ou indisponible au gré des fluctuations et des déflations. La narration rigoureuse, le champs sémantique élaboré par Alan Pauls, les digressions significatives sans débordement saisissent et fascinent le lecteur le laissant dans un perplexe éblouissement. L'argent règne en maître absolu construisant les rapports sociaux, détérirorant aussi vite les rapport familiaux.