Conseils de lecture

Tout le bleu du ciel
9,90
par (Librairie Mots et Images)
20 février 2020

Des personnages attachants cabossés par la vie, des paysages grandioses à couper le souffle, embarquez pour un road trip improbable à travers les Pyrénées avec Émile et la mystérieuse Joanne. De l’émotion à l’état pur !


Là où chantent les écrevisses
21,50
par (Librairie Comme Un Roman)
19 février 2020

Le récit de la jeunesse de Kya qui grandit seule dans les marais de la Caroline du Nord des années 50 s'entremêle à une investigation autour de la découverte d'un corps vingt ans plus tard.

Roman d'apprentissage, d'amour, d'évasion, ode à la nature et enquête pour meurtre : tout ceci et plus dans ce très beau (premier) roman !


L'arrivée des Capybaras

Didier Jeunesse

13,90
par (La Chouette librairie)
19 février 2020

Un énorme coup de cœur pour cet album élégant et malicieux : l'improbable et tendre histoire d'amitié entre des capybaras et ... des poules !


Rivage de la colère
19,90
par (le Carnet à spirales)
19 février 2020

Et soudain, l'espoir

En 2017, Caroline Laurent co-écrit avec Évelyne Pisier Et soudain, la liberté (Les Escales et Pocket) qui séduit libraires et lecteurs, roman auréolé de plusieurs prix qui surprend par la force narrative et la maturité du propos. L’attente était alors forte pour ce premier roman intégralement personnel.

Une urgence, celle de dévoiler au grand jour un drame méconnu. Une responsabilité, celle de l’écrivain qui se doit de témoigner. Caroline Laurent est franco-mauricienne et se souvient, qu’enfant, elle entendait sa mère évoquer parfois le drame d’une petite population d’îliens. 1967, l’Ile Maurice accède à son indépendance à la suite d’un référendum victorieux mais l’Empire colonial britannique négocie et conserve un chapelet d’îles pour raisons militaires. Un paradis sur terre qui deviendra base militaire. 1967, sur l’Ile de Diego Garcia, archipel des Chagos, les habitants vivent simplement, évoluent heureux dans cette nature éblouissante, dans ce lagon pur. Sous la direction d’un gouverneur britannique, Mollinard, ils travaillent à la récolte des noix de coco. Simples cahutes, pieds nus, solidarité ancrée au cœur, les chagossiens connaissent du monde leur seule ligne d’horizon et cela leur suffit. Ainsi la belle Marie-Pierre Ladouceur vit sans entraves, consomme l’amour avec envie, entourée par les siens. Marie-Pierre Ladouceur, un nom comme une caresse, comme une promesse, une invitation pour Gabriel Neymorin, venu seconder Mollinard. L’histoire d’amour est belle et le décor somptueux. Le déchirement sera terrible. 1971, sans prévenir, les soldats anglais expulsent les chagossiens qui ont eu seulement une heure pour rassembler leur baluchon. Expulsés de leur terre, laissant derrière eux leur vie et leurs morts. Pire que des chiens, ah le sort envieux des chiens ! Ils sont entassés dans des bateaux et débarquent hagards sur l’île Maurice, dans un bidonville, sans aucun accueil. Ce récit est celui de la lutte d’un peuple, quelques milliers d’habitants, qui après la résignation se redressera en colère, faisant un peu faiblir la rigidité administrative, portant au tribunal cette infâme confiscation. Caroline Laurent, en prenant le temps de poser ses personnages, de les faire évoluer dans leur primo-paradis maternel, donne une force narrative incroyable à son roman. Le lecteur devient chagossien. Page après page, le texte prend de la puissance, les personnages de l’ampleur. Projet ample, habilement construit en alternant les époques et les personnages, Rivage de la colère ne bascule jamais dans la facilité de juger, de moraliser. L’homme, on le sait, est parfois un monstre capable de profiter de l’ignorance. Caroline Laurent combat l’ignorance autour de cette sombre page d’Histoire et utilise la littérature comme une (l)arme, un magnifique chant de vie : et soudain, l’espoir !

Article in "Page des libraires" - n°200


Le serveur
20,00
par (Librairie L'Armitière)
17 février 2020

"Le serveur" du romancier norvégien Matias Faldbakken est un huis clos plein de charme dans lequel règne une atmosphère d'un autre temps, un tantinet nostalgique. Depuis treize années le narrateur, un serveur quelque peu guindé, observe et contemple le bal des habitués d'un bistrot ancestral d'Oslo, le Hill. Muni de son ramasse miettes il prend commandes, sert et dessert, satisfait les exigences de son immuable clientèle. L'irruption inopinée d'une "femme enfant" absolument irrésistible va perturber le mécanisme de ce lieu figé de la vieille Europe et mettre à l'épreuve l'hypersensibilité du serveur au risque de faire vaciller son attitude faite de cérémonies d'une inflexible rigueur.
Un roman drôle et attachant, qui pourrait s'apparenter à une allégorie originale du garçon de café sartrien.
A découvrir