Conseils de lecture

les multiples vies de Frédéric Bourdin

Éditions Allia

3,10
par (Le Bateau Livre)
11 octobre 2014

Coup de coeur littérature étrangère

Connaissez-vous Francisco Hernandez Fernandez ? Ou Benjamin Kent ? Ou encore Jimmy Morins, Alex Dole, Slajan Raskovic, Arnaud Orions, Giovanni Petrullo, Michelangelo Martini ? Non ? Guère étonnant, puisqu’après tout ces noms sont autant d’identités fictives adoptées par le plus grand imposteur que l’histoire ait connu. Sous son véritable nom, Frédéric Bourdin est fiché dans plusieurs pays d’Europe pour s’être fait passé à de nombreuses reprises pour un adolescent en difficulté – ce qu’il a réussi à faire jusqu’à l’âge de 31 ans !
David Grann raconte ici la plus grande mystification accomplie par le Caméléon, en 1997, quand il prend l’identité d’un jeune adolescent américain disparu depuis 3 ans… On lit ce récit comme un thriller tant la réalité dépasse l’imagination, et on peut poursuivre l’exploration de ce fascinant sujet avec le documentaire vidéo de Bart Layton intitulé The Imposter. Bluffant.


21,00
par (Le Bateau Livre)
11 octobre 2014

Idée cadeau # 6

Si Matías Bran décide d’appuyer sur la détente de son pistolet, retourné contre lui, ce soir, on ne trouvera pas grand chose dans son appartement. Une vieille valise, trois photos, et 52 cahiers d’écolier. Pas de papiers d’identité. Il est le seul à savoir qui sont les gens sur les photos, et à quoi correspond sa collection de cahiers. Quant à la valise, c’est encore une autre histoire…
Alors avant que la balle fatale ne traverse son cerveau, remontons un peu le temps, jusqu’en Hongrie, au début du 20e siècle. A la ville comme à la campagne, les ouvriers et les paysans se tuent à la tâche pour engraisser les quelques bourgeois qui les exploitent. Les maladies emportent les enfants bien avant l’heure, dont la plupart de ceux d’Anna Brasz, contrainte d’aller travailler à l’usine après le décès de son mari.
La guerre approche, la révolte gronde, le communisme rassemble. Örzse, Miklós, Ákos, Ferenc, Ilona, Emma, Frank et bien d’autres apprennent à lire, et avec ce savoir vient la pensée organisée. Enfin, ils peuvent combattre avec les mots. Mais suffiront-ils au milieu des guerres, face à un gouvernement sans pitié et sourd à leurs revendications ?

Dans une langue simple et d’une grande poésie, Isabel Alba nous fait trembler aux côtés des ouvriers de l’usine d’armement Weiser. Elle dit la misère, la révolte, le sang versé – ami ou ennemi – et l’espoir, à travers ces quelques visages qui changeront l’histoire de leur pays. Car oui, une autre société est possible, qui ne durera que 133 jours, mais qui aura vu naître la journée de travail à 8h, le nivellement des salaires, le droit de vote pour tous, l’égalité des sexes…
Et Matías Bran, dans tout ça ? Eh bien je ne saurais trop vous inviter à découvrir sans tarder sa véritable histoire au travers de ce sublime roman, premier volet d’une grande saga familiale !


13,00
par (Librairie L'Armitière)
11 octobre 2014

Une journée particulière

Un livre sur l'enfance et son imaginaire. Attention, c'est assez dur ! L'histoire se passe le jour de Fête de la Rentrée, à Beslan. Anushka ne le sait pas encore mais elle va être l'otage de terroristes tchétchènes...

Un roman d'une grande force narrative qui évite les pièges du sensationnalisme et de l'horreur. Pas de longue description de la prise d'otage, tout ici est suggéré. Le lecteur suit plutôt les divagations de la petite fille. Une belle écriture et beaucoup de finesse.
J'avais déjà beaucoup aimé le précédent roman de cet auteur, "La fabrique du monde" et je ne suis pas déçue par celui-ci. Un de mes gros coups de coeur de la rentrée littéraire!


16,90
par (Librairie L'Armitière)
10 octobre 2014

Le songe d'un songe, le rêve d'un rêve

Passé et présent se confondent dans l'enquête que mène, entre Paris et Saint-Leu-la-forêt, l'écrivain qui est aussi le narrateur de cette histoire. Étant petit, il fut sans doute mêlé à un fait-divers...mais dans sa mémoire, le temps a fait son oeuvre: certaines scènes vécues lorsqu'il n'était encore qu'un enfant lui reviennent intactes, d'autres fois, il était déjà adulte mais c'est l'oubli qui prédomine...

"À la rigueur, on pourrait en faire un roman", suggère-t-il à un moment de son enquête. Bien lui en a pris car c'est de nouveau un très beau livre que vient de signer notre Prix Nobel préféré.

À situer quelque part entre Proust (avec des phrases plus courtes) et Simenon (avec une intrigue moins policière), j'ai surtout pensé à Queneau et à la maxime de sa Zazie dans le métro en refermant ce livre : "Paris n'est qu'un songe (...) et toute cette histoire le songe d'un songe, le rêve d'un rêve, à peine plus qu'un délire tapé à la machine par un romancier idiot." À lire d'urgence donc (avant que le sommeil ne nous emporte) !


18,00
par (Librairie L'Armitière)
10 octobre 2014

Un Art de vivre

Un jour d'automne, triste, une promenade dans les jardins du Jeu de Paume et une exposition consacrée à la photographe Diane Arbus.
Laurence Tardieu y rentre, sans connaître, sans savoir dans quelle expérience elle va alors se trouver entraînée. C'est l'épreuve de l'esthétisme, de la curiosité, du choc sensible et de la réaction vitale. Elle pénètre dans l'existence de l'artiste comme dans un jeu de miroirs et y retrouve un nouveau souffle, une énergie en parcourant ses propres souvenirs, son « héritage » culturel, ses choix, ses non-choix ; une enfance revisitée, des réponses aux questions, une forme de délestage d'un poids trop lourd à porter et une énergie créatrice insufflée par le Pygmalion.
Un roman très sensible, extrêmement bien écrit d'une romancière qui me touche depuis son premier livre. En somme, une forme de Renaissance par et pour l'Art : quelle belle aventure !