Le Montespan

Le Montespan

Jean Teulé

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  • par (Librairie La Galerne)
    11 février 2021

    Un joyau romanesque et historique

    Avec la verve et l’humour grinçant qu’on lui connaît si bien désormais, Jean Teulé évoque Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan, et surtout sa jalousie maladive lorsque Louis XIV jette son dévolu sur son épouse. Une hargne féroce, à la fois grotesque et émouvante, s’empare du noble cocu qui fera tout pour reprendre sa femme des bras du royal amant. Un joyau romanesque et historique.


  • 3 octobre 2017

    Le Montespan

    Si le nom de la Montespan, célèbre favorite de Louis XIV, est resté gravé dans l'Histoire, la postérité n'aura pas retenu celui de son époux, Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin, Marquis de Montespan. Jean Teulé réhabilite ici un nouvel oublié de l'Histoire, dans une prose plus caustique et piquante que jamais. Le Roi Soleil et sa cour y sont dépeints sous les traits les plus sombres et les plus graveleux, tourmenteurs d'un pauvre Marquis de Montespan dont le plus grand défaut fut d'aimer sa femme, à une époque et dans un milieu où c'était contraire aux usages. Alors qu'il aurait pu devenir immensément riche et se prémunir du besoin en coulant des jours paisibles, le Montespan, bien qu'« époux séparé quoiqu'inséparable », préféra sa belle à la manne royale. Cet aristocrate désargenté poussa l'insolence jusqu'à s'attaquer directement au monarque absolu, détenteur de droit divin, tentant de récupérer sa moitié par tous les moyens, bravant tous les risques et se ridiculisant devant une cour à la fois ulcérée et friande de ses manœuvres.

    L'inspirateur de l'Amphitryon de Molière, haut en couleur, anti-héros par excellence, était un personnage idéal pour ce texte burlesque et émouvant. Mais réhabiliter le Montespan, c'est aussi honorer celui qui a osé contrer l'ordre établi d'un Roi Soleil jupitérien. Alors que n'importe lequel de ses semblables rêvait de voir son épouse dans le lit du Roi Soleil, le Montespan, lui, souffrant dans sa chair, s'y refusa douloureusement. On lui demandera de se taire. Il ne le pourra jamais. On refermera ce roman avec une bien piètre image de Louis XIV et de sa cour, microcosme perfide, pervertissant les meilleurs. L'Histoire, totalement désacralisée, est aussi tristement réaliste. Il faut malgré tout garder à l'esprit qu'il s'agit d'une biographie romancée et que Jean Teulé s'arrange parfois avec l'Histoire et, s'érigeant en défenseur du Montespan, peut manquer d'une certaine impartialité. L'essentiel du récit reste malgré tout assez fidèle à la vie de cet homme, révolutionnaire avant la lettre malgré lui, qui méritait bien cet hommage. Ce roman devrait conduire le lecteur à approfondir cette période du faste de la Montespan en la regardant sous un autre jour, un peu plus obscur.


  • par (Fontaine Luberon)
    21 septembre 2012

    Montespan, l'époux de la favorite de Louis XIV n'accepte pas d'être trompé par le roi. Le combatde ce gascon au sang chaud contre la détermination du pouvoir absolu semble perdu d’avance. Perdu d’avance? Plus Montespan enrage, plus la bassesse des courtisans éclate et la petitesse du roi grandit. Eux raillent sa stupidité et le roi, lui, multiplie les mesures vexatoires. Plutôt que d’accepter les montagnes de privilèges, Montespan se bat pour retrouver son amour perdu. Le sombre petit marquis se dresse avec toute sa fièvre et sa naïveté contre le roi soleil. Un roman jubilatoire qui réinvente l’histoire et ressuscite le langage fleuri de ce siècle de conspiration et de flatterie.