Lady Susan

Lady Susan

Jane Austen

Folio

  • 3 juillet 2017

    Les aventures de Lady Susan

    Difficile de cerner le personnage de Lady Susan, j'ai été coincée entre la sympathie et le dégoût. Au coeur de diverses rumeurs, difficile de démêler le vrai du faux. Une intrigue sympathique au milieu d'une famille pour laquelle le passé n'est pas tout rose. Un roman épistolaire clair et précis, impossible de décrocher une fois lancée.


  • 29 février 2012

    Veuve depuis peu, la séduisante Lady Susan hébergée chez des amis est obligée de les quitter. Ayant séduit le mari de son amie, elle s’invite à Churchill chez son beau-frère. Sir Reginald un jeune homme dont la famille est à la tête d’une fortune succombe à son tour à ses charmes…

    Ce court roman est sous forme épistolaire et j’avoue au départ avoir eu un peu de mal à situer les relations entre les différents correspondants. Mais ensuite quel plaisir ! Je me suis délectée du portait que Jane Austen nous dresse de son personnage principal. Lady Susan trentenaire est perfide, manipulatrice, calculatrice et sûre d’elle-même ! Attirée par l’argent, vivant aux crochets de ceux qui veulent bien l’entretenir, elle sait garder son sang-froid pour arriver à ses fins. A la lecture de ses lettres, elle se fait doucereuse (tout juste si on n’a pas pitié d’elle) pour noyer le poisson ou montre son vrai visage. Celui d’une femme que rien ne peut arrêter. J’ai été stupéfaite de lire comment elle considérait sa fille Frederica âgée de seize ans. A ses yeux, cette enfant n’est qu’une sotte. A la lumière des lettres de sa tante, on découvre que Frederica ne ressemble en rien aux dires de sa mère. En la personne de Mme Johnson son amie londonienne, Lady Susan a une confidente. Elle lui détaille ses plans. Bien entendu, toutes les deux cancanent et se moquent des autres (comme les femmes savent généralement le faire…).

    Beaucoup d’ironie dans ce court roman avec toute la finesse de la plume de Jane Austen. Juste un petit bémol, selon les différents auteurs des lettres, j’ai trouvé que le style était similaire.


  • 22 avril 2010

    Roman épistolaire de Jane Austen.

    Lady Susan Vernon est veuve depuis quelques mois. Elle n'était pas exactement ce que l'on peut appeler une épouse modèle. Aventurière et coquette, elle se joue des hommes et de leurs sentiments, et se plaît à laisser derrière elle des coeurs épris et des femmes humiliées. Sa réputation de femme frivole s'accompagne de celle de mauvaise mère. Après un séjour désastreux chez les Manwaring, elle trouve refuge chez son beau-frère, Charles Vernon. Au fait de sa conduite indigne, la famille la reçoit froidement. Prévenue contre elle, Réginald de Courcy, le frère de Madame Vernon, ne tarde pourtant pas à succomber à ses attraits et à ses manigances.

    Ce qui est délicieux avec les romans épistolaires du XIX° siècle, c'est le ton mondain des lettres. De la fille à la mère, de l'amie à l'amie, de la maîtresse à l'amant, les missives ne se départissent jamais d'une grande élégance et d'une rouerie exemplaire. Chacun intrigue contre tout le monde à des fins plus ou moins avouables.

    Ce qui est remarquable aussi dans les romans épistolaires, c'est la grande artificialité du récit qui gagne en cohérence ce qu'il perd en crédibilité. Comment expliquer que les lettres sont toutes réunies, par qui et pourquoi? Chaque lettre répond exactement à la précédente et lui fait parfaitement suite, même si les destinataires et émetteurs sont différents. Les rebondissements, impossibles à suivre en temps réel, sont pourtant livrés à chaud, le temps pour ces dames de reprendre leurs esprits et pour ces messieurs d'apaiser leur fureur. Les sentiments ne sont qu'exagération et éloquence. On écrit tout ce qu'on ressent, et la lettre devient brûlante, brûlot.

    Ce court roman m'a rappelé l'oeuvre magistrale de Choderlos de Laclos, ses superbes Liaisons dangereuses. Lady Susan a tout d'une marquise de Merteuil, rouée et libertine, à ceci près qu'elle connaît une fin moins tragique mais pas nécessairement plus heureuse, tandis que le jeune Réginald est un chevalier Danceny tout à fait benêt et manipulé, mais qui réussit mieux sa sortie.

    Le texte se lit vite et avec plaisir. Les lettres sont courtes et donnent au récit un rythme palpitant. D'une missive à l'autre, tout change, les certitudes s'effondrent et les stratégies se retournent contre leur créateur. Bref, j'en redemande! Et je le recommande!