La Petite femelle

La Petite femelle

Philippe Jaenada

Julliard

  • par (Le Bateau Livre)
    30 novembre 2015

    Noël au Bateau Livre : idée cadeau #1

    Avec sa verve et son sens du style et de la formule habituels, Philippe Jaenada s’attaque à l’affaire Pauline Dubuisson, fait divers qui a défrayé la chronique dans la France encore corsetée des années 1950. 720 pages passionnantes durant lesquelles il s’attache à reconstituer le parcours de cette femme hors-normes. Il nous raconte « sa » Pauline, son décalage, sa modernité, ses échecs… Un monument d’humanité, où se rejoignent le futile et l’essentiel.


  • par (Librairie Quai des Mots)
    21 octobre 2015

    avis de Marina

    Bien plus qu'un simple roman, c'est avant tout une minutieuse enquête à laquelle s'est livrée Jaenada à propos de Pauline Dubuisson qui défraya la chronique au début des années 50, en tuant son ex-fiancé. Jeune femme trop libre sans doute, trop indépendante pour son époque, incomprise et jugée sévèrement par la société, elle n'en réchappera pas. Non content de relater ce fait divers, l'auteur distille, avec humour, (on rit ou on sourit quasiment à chaque page) des anecdotes personnelles et autres commentaires très subjectifs sur l'affaire, et c'est ce qui fait tout le sel de ce roman à lire absolument !


  • 18 septembre 2015

    Un personnage qui a déjà fait couler beaucoup d'encre (P. Jaenada revient d'ailleurs sur les ouvrages de ces prédécesseurs) , parfois à charge, parfois dans une tonalité totalement romanesque, l'idée ici est de se rapprocher de la vérité, de croiser les témoignages et de réhabiliter un peu la mémoire de la jeune femme. Une phrase modifiée par ci, un événement tronqué, un témoin oublié... il en faut peu pour que le procès tourne au lynchage.

    On en vient à éprouver beaucoup de sympathie (trop?) pour la meurtrière, à expliquer, à comprendre son geste par les tragédies qu'elle a déjà vécu, son milieu familial, son éducation, la façon dont elle a traversé la guerre... et l'acharnement de certains contre elles renforcent la sympathie que l'on éprouve pour elle. On la plaint, on regrette qu'elle ne soit pas née plus tard, dans une société où la place des femmes serait différente.

    Les rouages de la justice, les journalistes, le procès, la détention, l'impossible vie après la prison, les réactions de l'entourage... un monde qui fait assez froid dans le dos et dans lequel il y a bien peu de place pour une deuxième chance une fois la peine purgée.

    http://lecture-spectacle.blogspot.fr/2015/09/la-petite-femelle-philippe-jaenada.html


  • par (Fontaine Kléber)
    4 août 2015

    C'est l'histoire de Pauline Dubuisson, connue à l'orée des années cinquante pour avoir tué son ex-amoureux dans des circonstances qui en d'autres temps lui auraient probablement valu une relative indulgence de la part des jurés ; c'était elle-même qu'elle voulait tuer. Mais elle avait déjà un passé de compromise, l'emballement médiatique en avait fait la coupable idéale, on se repaissait de l'horreur de son geste. Elle avait donc échappé de peu à la peine de mort. Plus tard, le passé l'a rattrapée.

    Philippe Jaenada a effectué un travail d'investigation remarquable. De personnage tragique, la femme dont il est question devient exemple symptomatique de la violence plus ou moins larvée que la société d'alors exerçait sur les femmes. On est pris par le processus, l'engrenage qu'elle vit.

    Le récit ne s'autorise pas la première personne concernant la jeune femme. L'auteur-détective fait part de ses doutes à mesure de l'avancée de cette enquête. Il prend la parole par parenthèses interposées, non sans humour. De ce fait l'ouvrage n'est pas pour tous, ce style et ce ton peuvent sembler difficiles.

    Pour ceux qui apprécieront, au contraire, cette histoire tragique ainsi relatée accompagne et donne à penser.