Les grands

Les grands

Sylvain Prudhomme

Gallimard

  • 4 avril 2015

    musique mélancolique

    J’ai démarré avec enthousiasme ce texte, motivée par une histoire originale et des mots bien choisis pour décrire l’admiration que l’on peut porter à l’être aimé. Ici, il s’agit de Couto, guitariste dont Dulce reste « la femme de sa vie », celle qui fut la grande chanteuse populaire des Super Mama Djombo et qui l’a quitté pour épouser un général. C’est une histoire d’amour brisé, comme il y en a tant d’autres.
    Mais ce roman va plus loin, il raconte également l'histoire mouvementée d’un pays profondément marqué par le mélange des peuples et des cultures, la corruption des politiques et de l'armée et le fantôme de la colonisation portugaise. Et puis, il y a ceux qui deviennent des « grands » et ceux qui restent dans l’ombre. Il y a ceux qui ont le courage en eux et ceux qui se cachent. Non pas par peur, mais par pudeur.
    .
    C’est le texte de la mélancolie.


  • par (Fontaine Kléber)
    22 novembre 2014

    En Guinée Bissau, un groupe de musiciens se reforme pour une soirée en l'honneur de Dulce, leur chanteuse de vingt ans plus tôt, qui vient de mourir. Entre préparatifs du concert, retrouvailles d'amis communs, et légère errance liée au chagrin, on accompagne à travers la ville Couto, guitariste et ancien amoureux de la dame. Pendant ce temps le mari de Dulce et général des armées fomente un coup d'état et retarde l'annonce publique du décès. Leur histoire personnelle nous parvient par bribes au gré des pensées de Couto endeuillé mais plus délicatement nostalgique que brutalement malheureux. Nous partageons avec lui d'heureux souvenirs, de formidables moments de musique comme seuls peuvent l'exprimer ceux qui savent ce que jouer ensemble signifient.
    Au delà de l'histoire des personnages eux-mêmes, c'est tout une ambiance, la touffeur, les bons plats préparés, les gens dans la ville, la sensualité qui nous (r)attrape.

    Splendide bonheur de lecture de la rentrée 2014. Pour tout public.


  • par (Librairie L'Armitière)
    28 août 2014

    Tout pour la musique

    Le nouveau roman de Sylvain Prudhomme relève de l'enchantement. Tous les sens y sont aiguisés, séduits, envoûtés.

    L'auteur s'inspire du parcours du fameux groupe Super Mama Djombo – Les Grands-, originaire de Guinée-Bissau qui, dans les années 1970, a fait danser des stades entiers, du Mozambique au Mali en passant par le Congo.
    Trente ans après, Couto, le guitariste, toujours à Bissau, reçoit un appel pour l'avertir de la disparition de Dulce, prestigieuse chanteuse du groupe, son grand amour de l'époque. Une phrase qui tombe comme un couperet au début de la fiction : « I muri », en créole, « Elle est morte ». Qu'à cela ne tienne, Couto et ses acolytes vont réagir avec cette même passion qui les a toujours animée et organiser un concert pour la célébrer. Il s'agit de lui rendre un dernier hommage tandis qu' un coup d'état se prépare sur cette terre où règne corruption et violence politique. Le lecteur suit les déambulations, réminiscences du guitariste et se promène tout à la fois dans un paysage superbe, une ambiance rythmée par les accords, l'amitié, les souvenirs ; bercé par une musicalité que Sylvain Prudhomme instille tel un artiste des mots.

    Un livre louant Les Grands, écrit par un Grand romancier ! Un tourbillon magique : l'ouvrir, se laisser captiver et s'en souvenir toujours comme une chanson éternelle de notre répertoire intime.


  • 28 août 2014

    Quand la musique est bonne

    Vous avez été très nombreux à aimer le beau documentaire « Sugar Man » sur le musicien disparu et retrouvé : Sixto Rodriguez. Souhaitons pour Sylvain Prudhomme que vous soyez aussi nombreux à tomber sous le charme de son dernier roman, mélodieux et coloré, racontant la tentative de retour d’un célèbre groupe de Guinée-Bissau des années 70, Super Mama Djombo.

    Le livre démarre par l’annonce-choc faite au guitariste Saturnino Bayo (dit Couto) de la mort brutale de Dulce, l’ex-chanteuse ensorceleuse de leur groupe de musique les Mama Djombo. On est en Guinée-Bissau en 2012, à quelques jours du second tour de l’élection présidentielle. Un coup d’État se prépare.

    Couto qui était autrefois surnommé le « dutur di biola » le grand docteur de la guitare, ou encore « Dun » le grand patron, est aujourd’hui devenu « un vieux machin », un vestige, une gloire déchue, que quelques touristes avisés viennent rencontrer. Il vit dans une extrême pauvreté, enveloppé de la passion physique et magique de la sulfureuse Esperança. Alors qu’il s’apprête à remonter sur scène, il apprend la disparition de celle qui fut son grand et irremplaçable amour. Dulce l’avait quitté pour se marier avec un plus puissant que lui, l’actuel chef d’état-major des armées, un putschiste sans états d’âme, autoritaire et cruel. Pour Couto,

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