Aux animaux la guerre

Aux animaux la guerre

Nicolas Mathieu

Actes Sud

  • 2 mars 2015

    L'hiver d'une communauté dans l'attente d'un plan social

    Attention, grand roman ! Au delà de l'anecdotique fermeture d'usine, la galerie de personnages, à elle seule, mérite déjà de se plonger avec voracité dans ce récit. Pas d'exotisme ou d'artifices, c'est du réel, du concret, des gens que nous connaissons tous, une immersion dans la vraie vie et les sales coups du destin, dans la connerie ordinaire également, servie généreusement.

    Et ces personnages vivent une histoire banale mais admirablement écrite, sans fard, sans en rajouter. Nicolas Mathieu a le très grand talent de rendre passionnant l'ordinaire, le trivial, le quotidien. Les petites bassesses, les arrangements avec l'honnêteté, les magouilles, les minuscules révoltes deviennent un grand scénario à suspense, un vrai bon livre d'action. Il nous fait vivre de l'intérieur cette décrépitude, ce délitement de toute un univers, le poids de l'ennui et de la lassitude de vivre encore un peu.

    Un des derniers homme de main de l'OAS, la fin des ouvriers, les ultimes jours de boulot... il ne manque qu'un avenir, un demain pour rompre le cercle mais rien à l'horizon. Juste un peu plus d'emmerdes et moins de lumière, sauf cette neige qui anesthésie tout. La fermeture des ateliers, une situation inconnue jusqu'alors dans cette vallée, un verdict suprême et sans appel ! Point de repère pour expliquer tout ça, « A force de tricoter leur mythologie, les vieux en oubliaient la réalité. Des vies brisées par le boulot, des corps rognés, tordus, des existences écourtées, des horizons minuscules », et ce peu, on leur retirait...faut pas s'étonner des haines et des rancœurs, des saloperies et du dégoût...

    Une plongée magnifique dans l'hiver du temps et des hommes, crue, drue, sans concession, dans une belle prose syncopée, un livre touchant et beau.

    Suite de la chronique et la musique du livre sur Quatre Sans Quatre (http://quatresansquatre.com/article/chronique-livre-aux-animaux-la-guerre-de-nicolas-mathieu-1406024140, LINK:http://quatresansquatre.com/article/chronique-livre-aux-animaux-la-guerre-de-nicolas-mathieu-1406024140]] )

    L'interview de l'auteur sur Quatre Sans Quatre (http://quatresansquatre.com/article/interview-nicolas-mathieu-pour-aux-animaux-la-guerre-1406454966)

    à la radio, Des Polars et des Notes (http://quatresansquatre.com/article/radio-des-polars-et-des-notes-le-pilote-1410872806)


  • par (Hisler - Even)
    24 janvier 2015

    aux animaux la guerre

    Le premier roman de cet auteur raconte l'histoire d'une usine qui ferme dans les Vosges, laissant des centaines de personne sur le carreau, des hommes et des femmes à l'avenir bouché.Deux d'entre eux vont jusqu'à se mettre dans des situations dangereuses. Cela se passe dans les Vosges, mais pourrait tout aussi bien se passer ailleurs
    Le livre nous met face à une réalité "Le Chomage"
    qu'en sera-t-il demain?


  • par (Librairie À chacun son livre)
    16 novembre 2014

    Un fabuleux premier roman!

    C'est un formidable roman noir, écrit par un jeune auteur d'origine spinalienne, qui vient d'être récompensé par le prix Erckmann-Chatrian, notre "Goncourt lorrain".
    Sous la plume irréprochable de Nicolas Mathieu, ce sont des personnages criants de vérité qui prennent vie: un syndicaliste mi-escroc, mi-paumé, une inspectrice du travail passablement désabusée, ainsi qu'une famille de marginaux vivant reclus dans une Ferme délabrée au milieu de nulle part.
    Entre Dinozé, Epinal et Saint-Dié, des vieux bientôt déclassés croisent dans la grisaille et le froid pénétrants de l'hiver vosgien des jeunes qui crèvent d'ennui. Mais si le constat social est sans fard, il n'est pourtant jamais désespéré, et toujours, l'humanité surgit lorsque l'on ne l'attend plus.
    Voici un premier roman épatant à découvrir sans attendre!


  • par (Fontaine Passy)
    8 mars 2014

    Une réussite !

    Cette fois, Martel le délégué syndical ne pourra rien faire pour les copains. Déficitaire depuis de nombreuses années, l’usine va fermer ses portes, ils ont déjà fait disparaître la machine du hall 2. Alors, lorsque le colosse peut se rattacher aux beaux yeux de l’inspectrice du travail venue l’aider dans les négociations de licenciement, il s’évade.

    Mais avant de pouvoir conter fleurette, le trou de la caisse du CE doit être comblé… Comment trouver une telle somme en si peu de temps tout en restant dans le droit chemin ? Martel va devoir faire affaire avec les russkofs, et prendre en charge par la même occasion son irresponsable accolyte.

    Polar social intense et nostalgique d’un monde industriel florissant, Aux animaux la guerre n’en est pas moins teinté d’un romantisme touchant et d’une générosité contagieuse.