Bohemian flats

Mary Relindes Ellis

Belfond

  • 17 mai 2014

    À Augsbourg, la vie n'est pas facile pour Albert et Raimund Kaufmann, les deux fils aînés d'un propriétaire terrien, brasseur de bière. C'est Otto, l'aîné, qui doit hériter de la ferme, même s'il n'a pas les qualités nécessaires à la gestion de l'exploitation. Mais les lois sont ainsi faites et si Heinrich, le père, avait des doutes, nul ne saura jamais s'il aurait osé modifier son testament puisqu'il meurt subitement, faisant d'Otto le chef de famille.

    Tout aussi tyrannique que son père, il asservi Albert et de son épouse et exige de Raimund qu'il entre dans les ordres. À peine âgé de 16 ans, le benjamin de la famille s'enfuit en Amérique, sur les conseils de son professeur, Herr Richter, père de Magdalena, la femme d'Albert. Le jeune couple ne va d'ailleurs pas tarder à le suivre avec ses deux jeunes fils, pour échapper au pouvoir d'Otto et de la suspicion dont est victime Magdalena -comme sa mère l'était avant elle- en raison de ses origines roumaines. C'est à Minneapolis, sur les Flats que les accueille Raimund. Au bord du Mississippi, se sont installés tous les nouveaux arrivants, venus des quatre coins de l'Europe de l'Est, dans des maisons de bric et de broc. Qualifiés de bohémiens par les autochtones, les habitants, unis par une solidarité à toute épreuve, y vivent en bonne entente, certains avec l'espoir d'une vraie maison en ville ou d'une ferme dans les terres encore inexploitées du Wisconsin.

    Une magnifique fresque qui coule de 1881 à 1968, de Bavière jusque dans le Minnesota, en passant par le Wisconsin et même les champs de bataille de la Grande guerre. A travers, l'histoire des frères Kaufmann et de leur épouse et amie Magdalena Richter, Mary RELINDES ELLIS nous raconte le rêve américain de ceux qui quittaient leur pays, leur famille, leurs amis pour tenter autre chose aux Etats-Unis. Chassés de chez eux par la misère ou par l'intolérance religieuse ou politique, ils ont construit le nouveau monde, s'intégrant tout en gardant une part de leurs traditions. Des choix devaient être faits, il fallait parler l'anglais mais transmettre aussi leur langue d'origine à leurs enfants, élever de petits américains sans oublier leur patrie. Souvent mésestimés, ils n'en ont pas moins combattu pour leur nouveau pays lors de la première guerre mondiale, même si pour certains, comme les allemands, il n'était pas facile d'aller affronter des compatriotes. La transmission est au cœur du roman, que ce soit au sein des familles émigrées, ou vers le lecteur qui découvre le quartier des bohemian flats, aujourd'hui rasé malgré sa valeur historique, représentant d'un mode de vie et d'une époque.
    Une belle écriture pour laisser une trace, perpétuer la mémoire de ceux qui ont fait l'Amérique. Un coup de cœur.


  • par (Fontaine Passy)
    23 février 2014

    Le récit commence en Allemagne. Nous suivons l'histoire de la famille Kaufmann et, plus particulièrement, celle des deux plus jeunes fils du couple Kaufmann, Albert et Raimund.
    Quelques années passent. Albert Kaufmann épouse Magdalena, la fille de son professeur Richer et le couple s'installe dans une maisonnette sur le domaine des Kaufmann.Albert et Magdalena rejoignent Raimund après quelques temps à Minneapolis, dans les Bohemian Flats, un quartier pauvre de la ville, où de nombreuses nationalités se côtoient.Le couple économise avec ses deux jeunes garçons assez d'argent pour acheter des terres et construire une ferme qu'ils pourront faire prospérer.Le destin de la famille Kaufmann/Richter permet à Mary Relindes Ellis d'aborder des sujets très divers, comme l'abolitionnisme, le sort des indiens d'Amérique, l'attachement à la terre et la difficulté des relations familiales, religieuses et culturelles. La Grande guerre éclate puis vingt ans après la Seconde Guerre Mondiale. De plus en plus d’immigrés choisissent de s’enrôler sous la bannière étoilée pour prouver leur attachement à leur nouvelle nation.
    Passionnant roman sur la vie d'allemands migrants aux États Unis avec leurs difficultés à s'intégrer au travers des deux guerres mondiales.