• 26 octobre 2019

    1939-1945, amour

    Premier roman de Yannick Grannec, je me suis régalée de cette histoire d’amour sur fond de mathématiques et d’Anschluss.

    Kurt est un jeune mathématicien autrichien très renfermé, plein de TOC. Un soir, il rencontre Adèle, une jeune danseuse à la jambe légère qui tombe follement amoureuse de lui. Mais la mère de Kurt ne l’entend pas de cette oreille.

    Puis l’Allemagne envahit Vienne, Kurt ne peut plus travailler sans prêter serment, ce qu’il se refuse à faire, et les amoureux, après un mariage rapide, fuit à Pinceton.

    Dans cette ville près de New-York se trouve tout le gratin des mathématiques et de la physique, M. Albert Einstein compris. Kurt et lui deviendront de grands amis.

    Chaque chapitre de la vie d’Adèle et Kurt est entrecoupé de l’histoire d’Anna, documentaliste pour une fondation qui veut récupérer les archives de Kurt auprès de sa veuve. Visite après visite, Anna se lit d’amitié avec la vieille dame revêche.

    J’ai aimé découvrir l’amour d’Adèle pour Kurt, comment elle lui simplifie la vie pour qu’il se consacre à ses recherches, lui qui mangeait peu, se bourrait de médicament, et se croyait espionné.

    J’ai aimé l’humanité d’Adèle, qui craque parfois, qui regrette de ne pas avoir les codes de la haute société pour facilité leur installation à l’université.

    Adèle avec son caractère qui plante un flamand rose dans son jardin juste avant la venue de sa belle-mère.

    Les paragraphes expliquant certaines théories mathématiques m’ont presque paru clairs, une gageure.

    Un roman passionnant qui m’a fait découvrir ce mathématicien si particulier et sa femme, sans qui il n’aurait pas pu vivre.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de la pomme marquée 220 qu’il offre à sa future femme, lui ayant la pomme 294.

    Quelques citations :

    Tenir l’instant et celui d’après. Ne pas paniquer. Trouver en moi cette autre personne, la toute-puissante, et enfermer à double tour la petite fille froussarde. Tout en sachant qu’un jour cette enfant-là crierait si fort que je serai obligée de lui rouvrir la porte, et qu’elle serait, alors, inconsolable. (p.164)

    Il pensait se protéger des autres, il ne savait pas s’immuniser contre la déception d’avoir à se confronter à ses propres limites. (p.190)

    – Peut-être faudrait-il retourner la question. Pourquoi l’autre chaussette ne disparaît-elle pas ? (p.233)

    La colère a aussi ses vertus. Je m’applique à ne jamais l’oublier. Je chierai sur Goethe jusqu’à ma mort. (p.321)

    Citation d’Einstein : « Si c’est moi qu’ils veulent voit, je suis ici ; si c’est ma tenue, ouvre mon placard et montre-leur mes vêtements. » (p.389)

    https://alexmotamots.fr/la-deesse-des-petites-victoires-yannick-grannec/


  • par (Librairie Richer)
    16 septembre 2017

    drôle et plaisant

    Roman fascinant qui met en scène l’amour improbable mais néanmoins vraie, d’une danseuse de night club et d’un mathématicien de génie, contemporain d’Albert Einstein. Très bien documenté et très bien écrit. A lire absolument !
    Sylvie Jeanne, lectrice.

    Le théorème d’incomplétude, l'arithmétique des entiers, l'hypothèse du continu, les fonctions récursives… Voilà un vocabulaire qui m’est totalement hermétique. Et pourtant, j’ai adoré le roman de Yannick Grannec. Il a presque su me donner goût aux mathématiques !
    Drôle et passionnant, ce récit relate l’incroyable histoire d’amour entre Adèle Nimbursky (née Porkert), danseuse dans un night club de Vienne - le « Narchtfalter » papillon de nuit- et le complexe logicien, Kurt Gödel, né en 1906.
    Leur union fut une énigme aux yeux de tous, tellement les écarts entre eux étaient grands.

    Kurt Gödel est hypermnésique. Il aligne les doctorats avec facilité : en mathématique, en philosophie et intègre les plus grandes écoles de Vienne. Il compte parmi ses amis Einstein et Oppenheimer, alors que sa femme n’est qu’une ombre derrière lui.
    Comme il est atteint d’une psychose paranoïaque, Adèle lutte durant cinquante ans à ses côtés, lui servant à tour de rôles d’amante, d’amie, d’infirmière, de protectrice, de bouée de sauvetage… et cela jusqu’à sa mort.
    Ne dit-on pas que derrière chaque grand homme se cache une femme intelligente ?
    Pour nous permettre d’avoir accès à cette histoire merveilleuse, Yannick Grannec met en scène une jeune documentaliste, Anna Roth, chargée par l’Université de Priceton de regrouper le archives de Kurt Gödel et une vieille femme acariâtre, Adèle Gödel.
    Une vraie histoire d’amour.


  • 26 juin 2016

    J'ai apprécié ce roman très différemment selon les passages. J'ai beaucoup aimé les liens qui se nouent entre Adèle et Anna. J'ai aussi aimé le début de la relation entre Anna et Kurt qui se déroule à Vienne, qu'ils seront obligés de fuir comme beaucoup avant la seconde guerre mondiale. Je me suis parfois lassée du génie malade du mathématicien car j'ai du mal à concevoir qu'on se sacrifie à ce point, même par amour et c'est ainsi que j'ai vu la relation entre Anna et Kurt, qui n'est pas présenté comme quelqu'un d'aimant, loin s'en faut.


  • par (Le Bateau Livre)
    16 juillet 2014

    Coup de coeur littérature francophone

    Chargée de récupérer des documents de grande valeur historique, Anna est confrontée à la veuve acariâtre du mathématicien Kurt Gödel. Peu à peu pourtant une relation de confiance va naître entre les deux femmes, qui ont bien plus à apprendre l'une de l'autre qu'elles ne le pensent. Et toute l'histoire d'une vie refera surface...
    Coup de cœur pour ce brillant premier roman !


  • par (Fontaine Auteuil)
    12 avril 2014

    Comment aimer un génie?

    En dressant le portrait de deux êtres incroyables, le génail Kurt Gödel et son énergique femme Adèle. Yannick Grannec, nous emporte dans une histoire où l'amour et les mathématiques cherchent à faire bon ménage!
    Un roman palpitant, où l'on passe très bon moment de lecture.