Charly 9

Richard Guérineau

Delcourt

  • par
    6 mai 2021

    Août 1572, le roi Charles IX tente de résister aux demandes de sa mère, Catherine de Médicis et de ses conseillers qui veulent massacrer les huguenots présents à Paris pour le mariage de Marguerite de Valois avec Henri de Navarre.

    A bout de résistance et d'arguments, le roi finit par céder et ordonne ce qui deviendra le massacre de la saint Barthélémy. Il ne parvient pas à s'en remettre et sombre bientôt dans la folie.

    Bande dessinée tirée du roman du même titre de Jean Teulé -j'aurais pu dire éponyme, ça aurait fait bien- que je n'ai pas lu -autant j'aime écouter le romancier, autant j'ai du mal à le lire. On y trouve tout ce qui fait le succès de Jean Teulé : langage enlevé, argotique, oral, virtuose du genre, réparties cinglantes et un mouvement permanent. Ses romans sont des livres d'action. La BD de Richard Guérineau itou. Assez sombre et puis très rouge, puisque le sang devient omniprésent. Elle décrit la folie du roi, la guerre de religion et de pouvoir. Les ambitions, les jalousies, les manigances, les vacheries...

    C'est un genre qui peut rebuter les historiens ou les pointilleux voire les amateurs de belles phrases qui eussent aimé me voir user du terme éponyme au début, mais qui permet aussi d'intéresser à l'histoire des moins passionnés, la gouaille et le ton direct de Jean Teulé le permettent déjà dans ses romans, la bande dessinée ouvre encore des horizons.


  • par (Librairies de Port Maria)
    24 mai 2014

    Nine !!!

    Adaptation du roman éponyme de Jean Teulé, "Charly 9" par Richard Guérineau (dessinateur entre autres, du "Chant des Stryges" n'est pas une simple mise en images du texte.Aussi et cruellement drôle que l'original, il est plein de trouvailles graphiques et d'inventivité. C'est aussi pour le dessinateur l'occasion de montrer ses talents de scénariste.
    Une grande réussite !!!


  • A recommander !

    Avec « Charly 9 », on rentre toute de suite dans le sujet, puisque le récit commence lorsque la décision d’éliminer les chefs protestants est prise. Charles IX a alors 22 ans et face à la pression ainsi que la force de persuasion de sa mère et de ses conseillers, il ordonne de tuer tous les protestants. En découle le tristement célèbre massacre de la Saint-Barthélémy. Cette décision pèse lourdement sur la conscience du jeune roi… et peu à peu, il sombre dans la folie.

    « Charly 9 », c’est avant tout l’histoire d’un roi, d’un homme, qui perd peu à peu l’esprit. Un homme qui n’arrive pas à assumer les conséquences de sa décision. D’ailleurs, la folie qui ronge Charles IX donne lieu dans cette bande dessinée à quelques scènes totalement décalées et absurdes qui m’ont fait sourire. En somme, c’est l’histoire d’une descente en enfer et d’une montée de violence, qui durent un an… jusqu’à la mort du protagoniste.

    J’ai donc apprécié l’histoire et la mise en scène de la dernière année de vie de Charles IX. J’ai également beaucoup apprécié les illustrations. Le trait est sûr, précis, soigné… ce qui rend les illustrations très travaillées et donc belles à regarder. D’autant plus qu’il y a un véritable jeu sur les couleurs et leur signification – ce qui s’accentue à la fin.

    En conclusion, un très bel objet-livre en lui-même. Pour ne rien gâcher, le contenu est également de qualité. Je ne saurais vous dire s’il est fidèle au roman de Jean Teulé, mais je peux vous dire que le récit est prenant, très intéressant et que les illustrations sont magnifiques. Une bande dessinée que j’ai pris grand plaisir à dévorer.


  • 26 décembre 2013

    Tuez-les, mais tuez les tous !

    Charles IX, roi de France de 1560 à 1574, n'aurait pas laissé un grand souvenir s'il n'avait ordonné en août 1572 le tristement célèbre massacre de la Saint Barthélémy. L'album commence à la veille du carnage. Charles, manipulé par sa mère Catherine de Médicis, ordonne  de tuer tous les protestants. "Tuez-les, mais tuez-les tous !  Qu'il n'en reste pas un seul pour venir un jour me le reprocher ! " Il devient " le vengeur du ciel " , mais en fait ne se remettra jamais de ce qui horrifia l'Europe à l'exception du pape et des Espagnols. Sa vie va devenir une lente agonie, culpabilisant sur les morts qui le hantent, sombrant dans la folie. Il va mourir à 23 ans, haÏ de tous, transpirant le sang par tous les pores de son corps.

    L'album, comme le roman de Jean Teulé, n'est pas un récit sombre et sinistre. D'ailleurs le titre - Charly 9 - prévient le lecteur. Une certaine distance est prise envers la grande histoire. On tangue souvent entre l'horreur et le grotesque, entre le sang et l'humour, entre le macabre et la folie.  La première scène dramatique est exemplaire, toute en surenchère et en ironie! Teulé voulait nous faire découvrir ce personnage si singulier et peu connu. Il y a mis toute sa verve!

    Pour Richard Guérineau, le scénario de ces deux années de fin de règne était du pain béni ! Il a fidèlement adapté le roman en exploitant magnifiquement toutes les situations et toutes les extravagances du récit : un Paris rouge sang envahi par les corbeaux, une hostie et des dés à jouer qui suintent l'hémoglobine, des chasses dans le palais du Louvre, des gaffes, des folies. Le récit est vif, composé de petits chapitres. Les cents premières pages sont lues au galop avec une certaine légèreté. Ce souverain est un vrai personnage de BD ! D'ailleurs Lucky Luke et Johan lui font un clin d'oeil. Puis soudain, au chapitre XVII , Guérineau creuse le visage du monarque, prépare " sa robe de terre " et les vignettes rougissent. Le visage décharné du souverain, ses derniers regards le rendent pathétique, émouvant. Ni Teulé, ni Guérineau n'en ont fait un monstre sanguinaire. Charly n'aurait pas dû être roi. Partez sans crainte à la découverte de ce monarque calamiteux, mais finalement touchant.

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