Les Adieux à la reine

Les Adieux à la reine

Chantal Thomas

Points

  • Une histoire prenante !

    Dans un excès mélancolique plus marqué que d’habitude, Agathe-Sidonie se plonge dans ses souvenirs versaillais, embarquant le lecteur au passage. Elle revient plus précisément sur les jours qui ont suivi la prise de la Bastille, début de la fin pour la monarchie française. C’est à travers ses yeux qu’on voit les évènements et les personnages de l’époque. C’est donc un témoignage hautement subjectif, puisqu’elle est subjuguée par la Reine et profite des avantages de la Cour, même si elle n’est qu’une « rien du tout ».

    Cela permet de voir de l’intérieur comment la Révolution a été vécue par la Cour. L’incrédulité est totale. Personne n’arrive à y croire, pas même elle. Puis au fur et à mesure que les mauvaises nouvelles s’accumulent, la Panique s’installe. La débandade est totale. Devant nos yeux, la noblesse sombre et s’effondre, fuyant Versailles dans le désordre le plus complet.

    Pour une fois, la Reine n’est pas décrite comme une affreuse mégère. On y brosse un portrait un peu plus doux… même si l’auteur n’oublie pas de nous rappeler et de nous montrer combien elle était peu considérée par les nobles et le peuple français. On y voit également le Roi, dépassé par les évènements mais qui refuse catégoriquement de prendre les armes contre son peuple. Et en refermant ce livre, je me suis dit que, finalement, Louis XVI et Marie-Antoinette n’étaient peut-être pas si diaboliques que ça.

    Agathe-Sidonie nous livre son histoire sous forme de journal intime. Je ne sais pas si c’est ça, ou si c’est le fait de voir à travers ses yeux, mais du coup je me suis sentie particulièrement proche de la jeune femme. Elle est sidérée par ce qu’elle voit et sa foi inébranlable en la Reine est particulièrement touchante.

    En conclusion, un roman très instructif et prenant. C’est avec plaisir que j’ai retrouvé la plume de Chantal Thomas. Le rythme est de plus en plus soutenu, transcrivant à merveille les évènements précipités et l’affolement qui ont suivi la prise de la Bastille.