Un passé en noir et blanc

Un passé en noir et blanc

Michiel Heyns

Philippe Rey

  • 6 juin 2013

    L'Afrique du sud au scalpel

    Après l’émouvant « Jours d’enfance » et le très remarqué « La Dactylographe de Mr James », Michiel Heyns confirme avec « Un passé  noir et blanc » son entrée comme l’un des très grands noms de la littérature sud-africaine.

    Peter Jacobs, retourne sur ses terres natales.  20 ans plus tôt, il a quitté l’Afrique du Sud pour échapper à la conscription et faire ses études en Angleterre où il est devenu un journaliste indépendant.

    Une histoire familiale le ramène dans le bourg poussiéreux d’Alfredville. Sa cousine, la très belle Désirée, a été assassinée et tout semble désigner comme son meurtrier son époux, le puissant chef Noir de la police, Hector Williams. L’union d’une Blanche lettrée avec un activiste de l’ANC avait à l’époque tout pour scandaliser les Afrikaners, majoritaires dans cette ville. Mais la  société post-apartheid  que retrouve Peter est bien différente de celle qu’il a connue.  Il peine à reconnaitre ses copains d’école. La vie et la violence sont passées par là et même son ami d’enfance, le très enjoué Bennie s’est mué en un homme perturbé qui a du mal  à « supporter les difficultés de l’âge adulte ».  Le journaliste est aux prises avec  les fantômes du passé et son existence londonienne disparait sous les vagues de chaleur et l’atmosphère singulière de l’Afrique du Sud. De rencontres en discussions, l’enquête progresse et Peter réalise que le coupable n’est peut-être par celui que l’on croit. Mais les stéréotypes  ont la vie dure.  La vérité finit par éclater révélant la complexité de tous les personnages de ce récit très réussi.

    «  Un passé en noir et blanc » ne se résume pas à un simple thriller, c’est une peinture au scalpel d’un pays en pleine mutation,  tiraillé entre les préjugés raciaux des années apartheid et les élans de la société arc-en-ciel. Les clivages sociaux, la corruption, la violence sont évoqués  sans complaisance. D’une plume alerte où le fameux humour « britannique » n’est pas absent,  Michiel Heyns  croque avec acuité et tendresse ses personnages. Nostalgie,  sensibilité baignent ce texte très attachant et brillant que l’on quitte à regret.

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