Un notaire peu ordinaire

Un notaire peu ordinaire

Yves Ravey

Les Éditions de Minuit

  • 17 juillet 2013

    Mme Rebernak voit sa vie changer quand son cousin Freddy est libéré après quinze années passées derrière les barreaux. Veuve, élevant seule ses deux grands enfants, elle refuse de l'héberger. Et pour cause, Freddy a violé une des camarades de Clémence, sa fille. Clémence plongée dans ses révisions pour le bac de français. Une jolie jeune fille qui sort avec Paul, le fil du notaire maître Montussaint. Si Mme Rebernak a ordonnée à Freddy de partir, de quitter la ville, il n'en a rien fait. Pire, on le voit traîner devant le lycée à la fin des cours.

    Nous sommes dans une ville de province et maître Montussaint par sa qualité de notaire représente une des figures notables. D'ailleurs, à la mort de son mari, il a insisté auprès de Mme Rebernak pour qu'elle n'hésite pas à venir le voir s'il pouvait l'aider. Son défunt mari et le notaire chassaient ensemble. Rien de plus. Mais si Mme Rebernak a obtenu son poste de femme de ménage dans les écoles c'est grâce au notaire. Elle s'inquiète pour sa fille Clémence avec la présence de Freddy dans le coin. Femme simple mais têtue, non seulement elle refuse de céder quand on lui demande d'héberger son cousin qui n'a plus qu'elle comme famille mais elle va voir les gendarmes pour leur expliquer la situation. Inquiète, elle ne ne comprend pas non plus pourquoi Maitre Montussaint conduit ou ramène Clémence à la place de Paul.

    L'intrigue est simple, très simple et on devine facilement la fin de ce livre. De plus, Yves Ravey pose juste les faits qui s'enchaînent et j'ai eu l'impression de lire un rapport officiel sans émotion. Alors oui, je suis très déçue (et un tout ça pour ça...).


  • par (Librairie La Buissonnière)
    23 mars 2013

    Un roman peu ordinaire

    Chaque nouveau roman d'Yves Ravey est un ravissement de lecture. Une intrusion au coeur de l'ordinaire, en douceur et anodine. Entre jeux de pouvoir et de chantage, le drame survient. Probablement.


  • par
    11 mars 2013

    Martha est ce que l'on appelle couramment une mère-courage, mot composé largement galvaudé par des émissions télévisuelles et un certain sens du sensationnalisme dans les médias actuels. Elle élève seule ses deux grands enfants, enchaînant des heures de ménage au collège et dans d'autres endroits. C'est d'ailleurs le notaire qui lui a permis d'obtenir ce boulot juste après le décès de son mari. Elle parcourt les petites routes de cette petite ville sur son cyclomoteur sans arrêt, entre ses heures de travail, sa présence à la maison et surtout, depuis la sortie de Freddy, sa quasi-surveillance de sa fille, rassurée néanmoins que Maître Montussaint et Paul son fils, petit ami de Clémence prennent soin d'elle, la ramènent le soir.

    C'est le portrait d'une femme angoissée, partagée entre l'amour pour sa fille, son besoin de la protéger et l'envie de ne pas l'étouffer. Une femme que l'administration pénitentiaire culpabilise, lui demandant de s'occuper de Freddy :

    "Je ne vous demande pas de l'héberger sous votre toit, madame Rebernak, je dis qu'on peut faire autrement... ! Vous avez bien une petite remise au fond du jardin ? Il pourrait aller et venir, sans vous déranger. Elle a stoppé net. C'est une plaisanterie ? Puis elle lui a tourné le dos, elle s'est courbée pour atteindre l'arrivée d'essence, elle a enfourché son cyclo en pédalant et lancé le moteur. Jamais son cousin n'habiterait le garage au fond du jardin. D'ailleurs, elle se demandait comment une idée aussi stupide avait pu germer dans la tête d'un éducateur." (p.35)

    Avec une écriture simple, directe dans laquelle les dialogues se fondent dans le récit (pas de guillemets ni de tirets pour les remarquer, mais aucun souci pour les repérer), Yves Ravey, en à peine plus de 100 pages, réussit à créer une tension qui monte crescendo. Presqu'un polar, pour le moins un roman noir ! Prévoir une ou deux heures de liberté pour commencer et finir ce livre d'un seul tenant. Il parvient également à décrire le quotidien de cette femme qui travaille dur, à l'opposer à celui plus flamboyant du notaire qui représente la réussite sociale, la respectabilité et l'aisance financière et souvent dans les petites villes, un des notables.

    Une histoire linéaire, facile à suivre, extrêmement bien écrite qui met en scène des personnages pas si simples qu'on pourrait le penser a priori et qui a le grand mérite d'être captivante.


  • par (Librairie L'Armitière)
    10 janvier 2013

    Brillant comme de coutûme!

    Un de mes cadeaux de Noël les plus précieux cette année a été de lire le dernier Yves Ravey avant parution officielle...Mon verdict est sans appel : brillant, toujours aussi brillant!

    Inconditionnelle de cet auteur, j'attends toujours ses parutions avec impatience et fébrilité. Je ne suis jamais déçue...

    La vie est remplie d'à priori, d'idées préconçues,de peur, d'angoisse... Notre regard, notre jugement s'arrêtent parfois vite sur des cibles qui peuvent... ne pas être les bonnes. A nous de considérer l'ensemble du paysage, d'élargir le champ des possibles, de ne pas céder à la facilité...

    De nous plonger dans la lecture d' Un Notaire peu ordinaire, écrit toujours dans ce style si singulier, puissant et d'en extraire la "substantifique moelle", en cheminant tout près, aux cotés de Mme Rebernak, de son cousin Freddy au passé plus que douteux et de Maître Montussaint, notaire bien comme il faut...

    Inconstestablement... mon année de grande lectrice commence fort!


  • par (Fontaine Kléber)
    4 janvier 2013

    Dans ce court texte tout en tension et allant crescendo, une mère de famille castratrice veut protéger ses enfants et surtout Clémence, jeune adolescente, depuis que Freddy est sorti de prison. Quelques années auparavant, il fut condamné pour viol sur mineur et il ose revenir frapper à la porte ! Mais Clémence n'a que faire des conseils de sa mère envahissante et préfère flirter avec Paul, le fils du notaire. Pourtant certains soirs, quand elle rentre chez elle, ce n'est pas de la voiture de Paul dont elle sort, mais celle de son père; maître Montussaint...de quoi exacerber un peu plus la paranoïa de sa mère....
    Avec une écriture au couteau où chaque mot est à sa place, une sensation d'angoisse monte en nous comme dans un bon Chabrol.