L'Amour sans le faire

L'Amour sans le faire

Serge Joncour

Flammarion

  • 6 mai 2019

    famille

    Le roman de l’auteur de "Chien-Loup" m’était tombé des mains. C’était le premier que je lisais, mais cela ne m’a pas découragé d’en lire d’autres. Grand bien m’a pris.
    Quel magnifique roman : très doux, avec des personnages attachants.
    On ne sait pratiquement rien d’eux (de quel mal souffre Franck ? Comment s’appelle le père d’Alexandre ? Comment est mort exactement Alexandre ?), mais peu importe.
    Ce qui compte, c’est le moment présent : Franck qui prend le train qui s’arrête en pleine voie ; Louise qui part à l’usine pour ne pas y travailler ; les voisins de la ferme un peu mystérieux….
    J’ai aimé vivre quelques jours dans cette ferme à l’abandon, rencontrer Franck et Louise, un peu rêveuse.
    Le petit Alexandre bouscule ces adultes écorchés.
    Le fait que Franck soit un cameraman ne m’a pas parlé, mais cela n’a que peu d’importance tant ce roman m’a plu.
    L’image que je retiendrai : "Celle des deux voisins bourrus mais toujours prêts à dépanner."

    https://alexmotamots.fr/lamour-sans-le-faire-serge-joncour/


  • 17 janvier 2013

    Après dix années de silence, Franck téléphone à la ferme tenue par ses parents. La voix d'un enfant prénommé Alexandre lui répond. Alexandre, le même prénom que son frère cadet, unique et décédé. Au bout de toutes ces années sans que lui ou que ses parents ne prennent réciproquement des nouvelles, il prend le premier train pour aller les voir. Quitter Paris un moment là où il allait voulu toujours vivre avec sa camera comme outil de travail pour tourner le dos à la ferme et à ses histoires de terre. De toute façon, Alexandre avait pris la relève.

    Travaillant avec les parents, lui qui semblait être en osmose avec cette terre et ses exigences. Alexandre vivait avec Louise chez les parents puis il avait décidé de retaper le vieux moulin. A partir de ce moment, le bonheur semblait s’être éloigné. Franck était resté sourd aux appels de son frère, n'avait pas su mesurer la détresse de son frère. Et puis, il y a eu la mort d'Alexandre sans que l'on sache exactement ce qui s'était passé cette nuit là. Louise était partie après l'enterrement, Franck avait vidé son sac de reproches aux parents. Parti en froid se jurant de ne plus remettre les pieds à la ferme.

    Louise vit toujours dans le souvenir d'Alexandre. Après lui, elle n’a pas pu aimer personne. Il y a eu quelqu'un sans que que ce soit sérieux mais elle s'est retrouvée enceinte. Louise a décidé de garder l'enfant, de l'appeler Alexandre et de le confier à ses anciens beaux-parents. Avec ses boulots précaires, elle ne voyait pas comment faire d'autre et puis l'enfant serait mieux à la campagne qu'à la ville. Louise a décidé de se rendre quelques jours à la ferme.Voir son fils âgé de cinq ans et se reposer surtout. A la ferme, elle a toujours sa place entre celle de belle-fille et de fille. Alexandre devenu naturellement le petit-fils.

    Quand Franck arrive, il découvre Alexandre cet enfant plein de vie posant des questions. La ferme est changée mais pas les habitudes ancrées de ses parents taiseux. On ne parle pas des sentiments, tout se joue dans un regard, un soupir et les non-dits. Franck a ressenti le besoin de se rapprocher d'eux. Faire la paix sans leur avoir parlé de sa maladie.
    Louise est attendue par Alexandre et par les parents. L’enfant est heureux d’habiter chez papi-mami. Eux partent une semaine à la mer, une entorse à leur mode de vie. Franck, Louise et Alexandre se retrouvent tous les trois.

    Les chapitres alternent la voix de Franck et celle de Louise, deux êtres cabossés suspendus à leurs souvenirs. Fragiles, maladroits avec l’amour à la recherche de leur place, chacun plongé dans sa propre nostalgie et ses problèmes. Alexandre les relie, le frère et l’amant, et Alexandre ce petit garçon débordant de vie. Un roman d’amour filial, fraternel, maternel , terrien également ou de substitution mais où le pardon occupe une part importante. La pudeur des sentiments se dévoile dans l’écriture de Serge Joncour. Sensible, décrivant tout aussi bien la simplicité de moments heureux que les difficultés et la réalité d’un monde agricole ou ouvrier. Un livre où la nature est un personnage à part entière.

    J’ai beaucoup aimé cette lecture, ces personnages si justement décrits mais il m’a manquée une vraie fin.


  • par (Fontaine Passy)
    26 novembre 2012

    Après dix ans d’absence et de fuite à travers le monde, Serge décide de revenir à la ferme de ses parents. Il y rencontre Alexandre, le fils de son frère décédé et Louise, sa femme, venue passé quelques jours de vacances auprès de son fils dont elle a confié la garde aux parents de Franck. Tous deux ne se connaissent pas. Tout deux pour des raisons différentes ont fui cette ferme isolée. Deux êtres fragiles, abîmés par la vie. Serge, homme timide, mal à l’aise devant les siens redécouvre cette ferme familiale où le souvenir de son frère est présent à chaque instant.

    Louise, femme déterminée est une femme instinctive. Ils ne parlent peu mais semblent se comprendre. Pudiques, réunis autour d’un enfant, ils semblent renaître apprivoisant des plaisirs simples dans cette nature sauvage.
    Il y a incontestablement dans ce roman beaucoup de tendresse. En alternant les chapitres pour donner la voix à Serge puis à Louise, Serge Joncour nous offre un beau roman sur la pudeur des sentiments.


  • 20 novembre 2012

    C'est une histoire simple que le parcours de ces deux personnages très ordinaires que la vie n'a pas forcément gâtés.
    Lui, Franck, caméraman, revient à la ferme familiale après dix ans de silence.
    Elle, Louise, la femme de son frère décédé, retourne régulièrement chez ses beaux-parents pour voir son fils (fruit d'une aventure sans lendemain qu'elle veut absolument oublier) qu'elle leur a confié.
    Ces deux êtres, un peu perdus dans ce monde, vont se retrouver autour de cet enfant au cœur d'une nature apaisante.


  • par (Librairie La Rose des Vents)
    19 novembre 2012

    Coup de coeur de Laurence

    Deux êtres abimés par la vie se rencontrent et quelque chose naît entre eux.

    Une nature sauvage et imprévisible tient une grande place dans ce roman très personnel de Serge Joncour.

    Excellent.

    Coup de coeur de Laurence


  • 31 octobre 2012

    Cela commence fort, très vite, l'envie de savoir ce qui va arriver à ces personnages, qui va croiser qui, comment chacun va-t-il avancer? Et puis le temps se suspend, tout devient un peu flottant, non-dits, silences, taiseux. Paris, Clermont-Ferrand, le Lot. La campagne, la ferme, les sangliers, la chaleur. La famille. Les paysans et le Parisien. Les générations. Être l'héritier... faire un autre choix...
    Le fantôme du frère / compagnon disparu qui plane...
    Un enfant, étourdissant de vie au milieu. L'heure du bilan, de la prise de conscience. Se retourner vers le passé pour mieux profiter du temps présent.
    Il y a de la simplicité dans l'écriture, de la discrétion, c'est la voix du silence qui prédomine, des images qui surgissent, et nous renvoient à notre propre passé...
    Une belle lecture, merci à Dialogues croisés et à Flammarion!

    http://lecture-spectacle.blogspot.fr/2012/10/lamour-sans-le-faire-serge-joncour.html


  • par (Librairie La Galerne)
    5 octobre 2012

    "L’amour sans le faire" ou encore l’amour sans le dire… alors tout peut arriver ! La fin est le début d’une jolie promesse d’avenir. Serge Joncour évoque avec retenue et subtilité la naissance du sentiment amoureux et à travers cela, la redécouverte de ce qui est important dans la vie d’un homme. Ce roman au charme indéniable nous offre une très belle histoire d’amour !


  • par (Librairie La Buissonnière)
    10 septembre 2012

    Un beau roman d'amour, humble, parcouru de fragilités humaines, de douleurs espacées qui apprennent à chacun à se reconstituer. Un bel hymne à la terre aussi, au labeur mêlé de sueur, de soleil et de poussière. La terre qui permet à deux cœurs trop longtemps fragilisés de se croiser et de se trouver.
    « Un roman qui fait du bien » a dévoilé l'auteur. C'en est un.