• 18 novembre 2015

    Tokyo, 1984. Tengo a 30 ans, Aomamé en a 29. Il est solitaire depuis l'enfance, elle aussi. Il est professeur de mathématiques dans une école préparatoire, elle enseigne les arts martiaux. Quand il ne travaille pas, il s'adonne à l'écriture, elle tue des hommes qui ont violenté leur femme. Il entretient une liaison avec une femme mariée de dix ans son aînée qui vient chez lui tous les vendredis, elle n'a pas de relation fixe mais, quand l'envie de sexe se fait sentir, elle va dans un bar et se trouve un homme, mûr, à la calvitie naissante de préférence, pour passer la nuit.
    La tranquille routine de Tengo bascule le jour où son éditeur lui demande de récrire ''La chrysalide de l'air'', le roman d'une adolescente de 17 ans, l'énigmatique Fukaéri. Bien qu'il sache que son travail servira à une escroquerie, Tengo ne peut s'empêcher de remanier ce texte étrange qui évoque les Little People qu'il croit nés de l'imagination de la jeune fille, alors même qu'elle affirme qu'ils existent réellement.
    Pour Aomamé, tout commence par des détails insignifiants mais troublants : l'uniforme des policiers qu'elle ne reconnait pas, leur arme de service qui a changé, des faits d'actualité qu'elle n'a pas vu passer dans la presse. Ces anomalies dont elle n'ose s'ouvrir à personne trouvent leur paroxysme quand elle voit deux lunes luire dans le ciel de Tokyo. Persuadée d'être saine d'esprit, Aomamé pense qu'elle a glissé dans un monde parallèle, une autre année qui ne serait pas 1984, mais 1Q84...

    Le sortilège MURAKAMI frappe fort encore une fois avec cette histoire qui semble si banale a priori. Une histoire où il ne se passe pas grand chose en définitive. Roman fantastique ? Bien sûr, mais toute en nuances, avec de petites touches, très légères, une sorte de dérèglement qui montre que l'on n'est pas tout à fait dans le monde tel qu'on le connait. Science-fiction ? Sans doute, pourtant pas de grand saut vers le futur mais un voyage vers le passé et l'année 1984. Sortilège oui parce que l'on est aspiré dans ce récit sans moyen de s'en extraire. Au fil des pages, la curiosité croît. Qui sont Tengo et Aomamé ? Se connaissent-ils ? Vont-ils se rencontrer ? MARUKAMI laisse des indices, sème des coïncidences mais fait planer le doute, se tait sur l'essentiel, laisse les questions sans réponses. Son histoire, simple en apparences, bascule subtilement dans une sourde angoisse. Une secte très secrète, des enfants mutiques, les inquiétants Little People...1Q84 n'a pas fini de surprendre Tengo et Aomamé...tout comme le lecteur troublé, hypnotisé, ensorcelé et surtout pressé de lire la suite.


  • 22 septembre 2012

    amour, rêve, secte

    Oui, vous avez bien lu : 17h d'écoute pour ce roman foisonnant (enfin, la première partie du triptyque, seulement). Je salue donc la performance des deux acteurs qui tiennent les rôles principaux : Maïa Baran pour Aomamé et Emmanuel Dekoninck pour Tengo.

    Venons-en au roman lui-même. Je connaissais Murakami à travers quelques romans lu de lui, dont "Kafka sur le rivage" qui m'avait charmé dès le départ. Ce roman-ci n'a pas fait effet tout de suite. Je l'ai trouvé un peu long à démarrer, plein de digressions qui me perdaient un tantinet.

    Puis, j'ai compris le rythme de la narration et de l'histoire, au fil des heures, les personnages sont devenus plus clairs, et le charme a opéré.

    Le monde imaginaire de 1Q84 et de ses deux lunes ; mais aussi le monde réel et ses hommes qui n'aimaient pas les femmes.

    Mais tout de même, l'auteur tourne un peu autour du pot. Chercherait-il le Nobel qui lui a échappé depuis quelques années ?

    Et puis ses histoires de Little People m'ont d'abord fait penser aux petits personnages avec lesquels jouaient mes enfants. Un peu trivial comme comparaison. Non, l'auteur est plus intellectuel et oppose Little people et Big Brother, bien sûr. Big Brother - 1984 - tout un programme.

    Il est également beaucoup question de whisky dans cette première partie. Trois marques sont sitées et comparées. N'étant pas une amatrice, j'ai trouvé tout de même que les personnages picolaient.

    Et puis ouf, pas de jazz cette fois-ci, mais de la musique classique. Il va d'ailleurs falloir que je cherche ce fameux morceau dont il est question tout le long du livre.

    Où veut-il emmener son lecteur ? J'ai hâte de le savoir !

    L'image que je retiendrai :

    Celle des deux lunes, justement, à la fois poétique et pleine d'interrogations.

    A propos de mon écoute :

    17h, ça fait long à écouter, et pas question de hâcher ma lecture en voiture (d'autant que parfois, je ne suis pas concentré sur ce qui se dit à la radio quand je conduis....)

    Me voici donc installée dans une pièce à peu près calme, loin des enfants, car je profite des vacances pour ne pas trop entrecouper le récit. Murakami réclame une attention de tous les instants et à (presque) tous les détails.

    J'ai à ce propos regretté de ne pouvoir retourner sur les passages qui m'avaient échappées. Je suis une visuelle (merci la télé...) et j'arrive à me souvenir de passages écrits sur lesquels j'ai besoin de revenir. A l'oral, c'est plus difficile.

    Une expérience intéressante, mais sans doute plus valable pour les textes courts.

    http://motamots.canalblog.com/archives/2012/08/27/24977638.html


  • par (Librairie Athenaeum)
    30 décembre 2011

    merci Clara ...

    Tout est dit et Clara l'a parfaitement exprimé : je l'ai lu, j'ai été absorbée, je ne l'ai pas lâché, aimantée ...
    On est empoigné par le récit et on entame le second !


  • par (Librairie Athenaeum)
    21 novembre 2011

    Parce-que certains livres vous attirent pour des raisons étranges, ce rappel à 1984 et au monde d'Orwell m'a attiré et m'a offert un très bon moment de lecture.
    Les personnages et l’ambiance de Haruki Murakami nous entraînent dans un univers parallèle d'où il est difficile de s'extraire...
    Alors n'hésitez plus et ajoutez cet ouvrage à votre bibliothèque idéale...


  • 14 octobre 2011

    Je n’ai pas envie d’en dire trop sur ce livre. J’ai envie de garder intacte la chrysalide de ce petit bijou. Que chacun découvre le monde dans lequel Haruki Murakami nous fait entrer. Un monde où l’on suit en parallèle Tengo et Aomamé. Nous sommes à Tokyo en 1984, les deux jeunes gens sont presque trentenaires. Enfants, ils fréquentaient la même école mais sans être amis. Un jour, cependant Aomamé a croisé fortement la main de Tengo qui l’avait défendu. Ce souvenir les a marqués tous les deux même si depuis ils se sont perdus de vue. Tengo enseigne les mathématiques et écrit sans être publié. Aomamé dispense des cours de stretching dans un club de sport. Un éditeur propose à Tengo de récrire le roman d’une jeune fille de dix-sept ans et Aomamé tue un homme qui battait sa femme.

    Je ne connaissais pas Haruki Murakami avant que l’onde de phénomène 1Q84 ne parvienne jusqu’à moi. Un phénomène et un succès largement mérité ! Un livre hypnotique qui m’a fait oublier deux fois mon arrêt de bus, qui m’a scotchée par l’écriture et dont je suis ressortie ébahie ! Dans ce livre il est question de secte, de religion, de traumatismes mais aussi de l'art d’apprécier la vie, de Little People et de l’apparition d’une seconde lune visible que par certains.
    Je suis plus que conquise ! J’ai aimé chaque phrase et j’ai bu chaque mot ! Haruki Murakami possède une écriture belle, envoûtante, mélodieuse où la poésie se distille harmonieusement. Chapeau bas à la traductrice Hélène Morita pour avoir su recréer l’ambiance, la symbiose entre les mots et le lecteur ! Epatée, je suis et je commence d'ores et déjà le livre 2.

    En tant que lectrice, ce livre m'a procurée une forme de bonheur sans précédent! Oui, vous avez bien lu...Haruki Murakami m'a prise par la main, par le cœur et par l'esprit et je le suis. Où ?Je ne ne sais pas vraiment mais je suis plus que confiante. Un billet court car parler de ce livre est difficile tant je l'ai aimé!


  • par (Librairie Dialogues)
    27 août 2011

    Après La Ballade de l'impossible , Les amants du Spoutnik , Kafka sur le rivage.. Enfin 1Q84 tant attendu.

    Comme dans la plupart des romans de Murakami, on trouve des personnages étonnants. L'âme humaine y est décortiquée, l'ambiance est loufoque , le ton de l'auteur est ironique mais jamais méchant…


    Contrairement à ses prédécesseurs, "les ambassadeurs culturels de leur pays", selon le professeur Miura, Murakami est, par son plaisant antinationalisme culturel, "un auteur qui écrit des romans américains".

    Cette ouverture est mise en avant, dès le titre de son ouvrage avec une référence à 1984 de G. Orwell, en jouant avec la consonance entre la lettre Q et la prononciation du chiffre 9 en japonais : 1Q84…

    Tout commence avec Aomane, la jeune protagoniste, coincée dans un embouteillage sur l'autoroute, et qui décide de descendre la voiture et d'emprunter une issue de secours ...

    Elle va remarquer des détails bizarres, mélangés avec ses propres souvenirs puis se mettra à commettre une série de meurtres. Pourquoi?... Ce n’est pas à moi de vous le dire…

    Puis il y a Tengo, un professeur de mathématiques qui écrit des romans à ses temps perdus, comme plusieurs personnages dans les romans de Murakami, petite référence autobiographique des débuts de l’auteur…

    C'est quelqu'un qui vit dans le flou, relativement passif, qui ne réussit pas vraiment dans la vie. Un jour , son éditeur va lui proposer de réécrire un livre d'une jeune fille de 17 ans, qui lui vaudra de gagner le prestigieux Akutagawa Prize...

    Tout au long de la lecture (1060 pages quand même), je me demande si Aomane et Tengo vivent dans un Japon parallèle. Je me suis laissée emporter dans leur monde troublant.