Rats

David Fermer

Pocket Jeunesse

  • 13 octobre 2011

    Etonnant et surprenant roman métaphorique

    Sur une île, des meurtres inexplicables sont commis. Au point que l'île est évacuée. Sauf quatre orphelins enfermés dans une pêcherie. Sur le continent, Mike (ancien insulaire) accepte d'être le fruit d'expériences scientifiques. Le jeune Lieutenant Randolf Stevens, lui, est traqué pour avoir trahi la dictature du général.

    Si la quatrième de couverture ne s'arrête que sur un seul point, le livre a une thématique plus large. Première chose : les rats sont traités ici de manière intelligentes. A contrario du livre Les Rats de James Herbert, les rongeurs sont décrits de manière plausible et non plus destructrice. Rats se caractérise aussi par l'utilisation au sens large du mot éponyme. Ce sont aussi les humains, les rats : rats de laboratoire, être fait comme un rat, mais aussi l'union fait la force ! En choisissant trois lieux distincts pour son histoire, David Fermer permet de mettre en avant trois groupes de personnages. Sur l'île, il n'y a aucune échappatoire. David et ses amis font devoir contourner les milliers de rats pour circuler librement, au pire, faire face et ne pas paniquer. Mike, suite aux expériences, va devoir vivre dans les égouts. Il y découvrira leurs habitants. Quant à Randolf, il devra s'allier à un vieux professeur, pour faire tomber le gouvernement en place.


    Contrairement à la quatrième de couverture, l'intrigue est plus complexe. Il est question de survivre dans un futur où la défiance, la paranoïa sont habituelles (méfiance envers les insulaires, les orphelins, déviance de la science, dictature militaire). Les personnages clés, par leurs actions ou la naissance, sont devenus des parias de la société. Etant humains, ils vont s'unir et la combattre. Comme il est dit plus haut, David Fermer suit une logique particulière. Logique qu'il suivra jusqu'au bout. S'il est bien question de rats, les humains le sont aussi. Même s'il est question de science, les explications sont rapides, voire minimes. On s'approche plus d'un roman noir d'anticipation (une dystopie), que d'un livre d'horreur ou de science-fiction. Les personnages ne sont pas détaillés. C'est plutôt l'action de groupe qui intéresse David Fermer et la réaction qui s'ensuit.
    Avec Rats, la littérature imaginaire allemande a trouvé un nouvel auteur. Si Michael Ende est devenu un auteur classique (Momo-L'histoire sans fin), il y a depuis peu des nouveaux auteurs germaniques. On pourra citer Andreas Eschbach, Kai Meyer ou Cornelia Funke. Avec Rats, David Fermer s'inscrit dans cette mouvance.

    Rats est un livre troublant, parfois effrayant, mais qui nous questionne. La survie, la sociabilité, mais aussi être humain avec des failles. Sur fond de roman noir, une belle métaphore sur les rats. Saisissant !

    http://temps-de-livres.over-blog.com/article-rats-86492172.html