Les villes de la plaine

Les villes de la plaine

Diane Meur

Sabine Wespieser Éditeur

  • 29 décembre 2011

    Un auteur rare...

    C'est dit, mieux c'est écrit : entre Diane Meur et moi, c'est le "grand amour". J'avais été conquise par un de ses précédents romans "Les Vivants et les Ombres", me voilà de nouveau séduite par "Les villes de la plaine".
    L'auteur nous transporte dans une Antiquité assez floue que tout lecteur de mon âge pétri de culture classique (parfois à son corps défendant : quelles étaient longues parfois les heures de latin à l'école...) reconnaît avec facilité. Dans une plaine se font face deux cités : Sir la hautaine, ceinte de murailles et entièrement dévouée au Dieu Anouher qui régit chaque instant du quotidien des Siriotes et Hénab la commerçante, lovée dans un méandre du fleuve. Sir se prépare à de grandes festivités , le scribe Asral est chargé d'une nouvelle copie des lois d'Anouher et lorsque son travail sera achevé, la copie sera présentée au peuple en grandes pompes et ainsi la parole du Dieu sera en quelque sorte revivifiée. Mais un grain de sable va venir gripper cette société tellement policée en la personne d'Ordjéneb, un jeune montagnard qui arrive en ville sans rien connaître du culte voué à Anouher. Asral l'embauche pour veiller sur les textes sacrés et peu à peu s'engage un dialogue entre ces deux hommes que tout sépare. De la discussion naît le doute et le scribe s'interroge de plus en plus sur le texte qu'il doit copier, sur les invraisemblances que contient celui-ci, sur les interprétations erronées qui sont faites de certains passages.
    Diane Meur mêle avec un art consommé une réflexion sur les textes sacrés, une reconstitution sensible d'une Antiquité familière à tous et une histoire où le lecteur suit avec attention les états d'âme de personnages auxquels il s'attache très vite.
    Ce roman est d'une intelligence incroyable : le style d'une extraordinaire fluidité nous entraîne très loin dans le cheminement intellectuel sans qu'aucune pesanteur n'apparaisse.
    C'est je crois mon livre préféré pour l'année 2011.