Le polygame solitaire

Brady Udall

Albin Michel

  • par (Librairie La Galerne)
    13 mai 2013

    Un sacré roman !

    Brady Udall marque son retour à la littérature avec un grand roman au souffle romanesque incomparable. Étourdissant (il faut dire que le héros a quatre épouses, une marmaille exponentielle et un chien stupide), drôle et émouvant, ce roman généreux et burlesque évoque la douleur de l’absence, la famille en désordre, le désir d’ailleurs (ah l’amour !) et la vie rêvée avec un talent immense. Un sacré roman !


  • 23 janvier 2012

    J'avais bien aimé "Le Destin miraculeux d'Edgar Mint" du même auteur, l'histoire d'un jeune garçon au destin pour le moins farfelue.

    Cette fois-ci, Brady Udall s'attaque à un père, polygame de surcroit, en pleine crise de la quarantaine. Il ne sait plus comment gérer sa famille, ses femmes et ses enfants ni son travail qui l'oblige, lui le prude mormon, à construire une maison de tolérance.

    Mais ce qui m'a le plus intéressé dans ce roman, c'est l'histoire en parallèle de son fils n°5 Rusty. Celui-ci, garçon de 11 ans qui se cherche, persuadé que personne ne l'aime, fait les 400 coups pour se faire remarquer, même si, au fond de lui, il reste "le garçon à la fenêtre".

    J'ai trouvé que dans ce roman, le conteur donnait sa pleine mesure pour nous faire vivre cette famille hors-norme que j'ai eu du mal à quitter.

    J'ai beaucoup rit, aussi, car certaines situations sont pour le moins caustiques (comme lors des visites de Golden au village mexicain où il va de surprise en surprise).

    Un coup de coeur pour ce roman qui est loin d'être une apologie de la polygamie.

    L'image que je retiendrai :

    Celle du garçon à la fenêtre, justement, qui rêve...

    http://motamots.canalblog.com/archives/2011/12/10/21890931.html


  • 18 avril 2011

    Pendant plusieurs jours, j’ai arboré un sourire banane qui frisait la niaiserie. Rien qu’à l’idée de penser que j’allais retrouver Golden Richard, ses quatre femmes et ses 28 enfants me remplissait de joie ! Nul besoin d’être un adepte ou un défenseur de la polygamie pour aimer ce livre car il est tout simplement génial! Et une fois commencé, il est très difficile de lâcher ce roman…

    Golden n’est pas souvent auprès de sa famille. Son entreprise de maçonnerie connaissant quelques difficultés, il a accepté un chantier de construction un peu à part (une nouvelle maison close!) dans le désert du Nevada. Golden s'absente plusieurs jours durant la semaine et ne rentre que rarement chez lui . Bien entendu, ses quatre épouses ne sont pas au courant de la nature du chantier. Berverly, sa première épouse est très à cheval sur les principes mormons. Elle a mis en place un programme d’échange pour les enfants entre la Grande et La Vieille Maison. Ainsi, Rusty se retrouve chez sa tante Beverly. Agé de 11 ans et surnommé le terroriste de la famille, il s’agit d’un garçon qui a des espoirs et des rêves comme n’importe quel enfant. Hélas, être fils de polygame n’est pas toujours facile. Golden n’est pas si heureux qu'il veut bien le faire croire. La mort de deux de ses enfants l’a profondément marqué. Sous ses apparences de géant maladroit, Golden est un homme sensible, doux et touchant. Alors que sa belle et grande famille prend l’eau et se désagrège, il tombe amoureux d’une femme rencontrée près de son chantier. Dans son foyer, les rivalités entres les quatre épouses sont de plus en plus fortes. Bervely veut imposer ses règles tandis que les sœurs et épouses Nola et Rose de Saron sont plus laxistes. Trish, sa dernière épouse, se morfond car elle ne peut donner d’enfant à Golden. Au fil des pages, le passé et les attentes de Golden, de ses épouses et de Rusty apparaissent tandis que les failles de la famille se creusent davantage.

    Brady Ugall revisite les thèmes de la famille, de l’amour, de la mort et il s’agit d’une réussite totale !!! J’ai souri, j’ai rigolé ( je pense notamment à une scène ou Golden et Trish sont au lit qui est jubilatoire !) et j’ai été émue. Cerise sur le gâteau : on ne s’ennuie pas une seule seconde et les 700 pages se lisent toutes seules. L'écriture de Brady Udall est un vrai plaisir : relevée, drôle... un vrai délice!
    Que demander de plus ? Rien ! Du pur bonheur pour ce bon et vrai roman !


  • 14 avril 2011

    Un roman attachant

    J'ai mis 200 pages pour rentrer dans cette histoire, le comparant à John Irving parce qu'en effet, le tragique y frôle le burlesque. Mais l'écriture n'est pas aussi finement ciselée. Par contre, j'ai trouvé les personnages de plus en plus émouvants et le jeune Rusty qui est le fils de Golden et le second personnage important du roman est très attachant. Brady Udall a le mérite de ne pas juger tout en montrant que le choix du mariage plural est très difficile à vivre pour les enfants et pour les femmes.

    J'ai beaucoup appris sur cette communauté et je vous livrerai demain des citations très intéressantes sur ce mode de vie. Un roman qui nous mène du sourire à l'émotion, avec deux épisodes particulièrement savoureux: celui du chewing-gum, digne d'Irving et celui des puces. Et Brady Udall réussit une scène particulièrement risquée entre Rusty et Trish à l'hôpital et là, je dis chapeau!