Que sur toi se lamente le Tigre

Émilienne Malfatto

Elyzad

  • par (Librairie Coiffard)
    23 février 2022

    Conseillé par Solène

    Quelque part au cœur de l’Irak, une jeune femme prend conscience de son destin : elle va mourir. Son destin est scellé puisqu’elle est enceinte d’un homme qui n’est pas son mari.
    C’est un court et terrible roman que signe Emilienne Malfatto. Rédigé sous la forme d’un roman choral, chaque membre de la famille de la jeune femme prend la parole et dans une complainte personnelle, pose les mots sur la tragédie implacable qui s’est mise en marche.
    C’est tout à la fois puissant et tristement réaliste, c’est tout à la fois difficile et important à lire.


  • 23 novembre 2021

    destin de femmes, Irak

    Un récit court mais poignant : l’histoire d’une jeune fille amoureuse qui accorde à son fiancé une étreinte qui la rendra enceinte avant que celui-ci ne parte à la guerre.

    Le fiancé meurt, la fille et sa famille sont déshonorés.

    Nous sommes en Irak, dans un village au nord du pays où les traditions sont tenaces.

    Tour à tour, nous entendons parler la mère qui respecte à la lettre ces traditions depuis son enfance ; le grand frère qui n’ose se rebeller mais qui est un progressiste ; le frère qui lavera l’honneur de la famille ; et la petite dernière qui ne comprend pas grand chose à ces histoires de coutumes et de mort.

    Et entre chaque parole, le Tigre qui se remémore le Grand Gilgamesh et ses conquêtes, maintenant sous le sable du désert.

    Quelques citations :

    C’est une fin stupide. Je rêvais d’héroïsme, je suis un dégât collatéral.

    Notre banlieue crasseuse, grise de poussière, bardée de drapeaux noirs, rouges, verts. Le deuil, le djihad, la foi. La trinité des miséreux.

    L’image que je retiendrai : celle de la couleur noir, omniprésente.


  • par
    11 septembre 2021

    Très court, très beau et très dur texte, très justement récompensé par le prix Goncourt du premier roman et par le Prix Hors concours des lycéens. Pourquoi faire un essai ou un roman de 400 pages puisqu'en moins de cent, Emilienne Malfatto parvient à raconter la société irakienne : chaque membre de la famille représente une opinion, un groupe de la société toute entière ? Chacun s'exprime à son tour dans le livre sur la grossesse hors mariage de la jeune femme, leur sœur, fille ou belle-sœur. Les mots sont simples et forts pour raconter l'enfermement des femmes, l'autorité masculine : "Le médecin s'est remis à parler, il s'est courbé vers moi. Je crois qu'il a essayé de comprendre. Ses yeux étaient désolés. Il a utilisé des mots inconnus, déni, et celui-là encore, psychosomatique. L'infirmière m'avait pris la main. J'ai pensé à ma mère, qui préviendrait elle-même Amir si elle en avait l'occasion. L'honneur est plus important que la vie. Chez nous, mieux vaut une fille morte qu'une fille mère. Le médecin m'a demandé ce que je comptais faire, si j'avais de la famille ailleurs, quelque part, loin. J'ai voulu lui dire que tous étaient morts, et que ceux qui n'étaient pas morts me tueraient. Les mots sont restés bloqués dans mon ventre." (p.21)

    Le poids de l'autorité masculine est tel que ni les femmes, ni les hommes qui aimeraient plus de liberté pour elles et pour eux ne s'expriment. Ils laissent faire, par crainte des représailles qui ne manqueraient pas d'advenir, la puissance est du côté des combattants, des traditionalistes qui écrasent tout désir de changement qui ne reste donc que velléité contrainte.

    Le récit d'Emilienne Malfatto est fort en cela qu'en si peu de pages, il expose tous les points de vue. Cette tragédie dont on connaît la fin dès le début est intense et se lit d'une traite. Il est d'une beauté et d'une force rares.


  • par (La Droguerie)
    29 juin 2021

    Déjà quelques mois que nous sommes tombés amoureux de ce texte qui, derrière cette si belle couverture, saisit par sa densité et sa beauté. Difficile d'en dire plus sur ce court récit qui vient de recevoir le très mérité Goncourt du Premier Roman sans en dévoiler trop : nous ne pouvons que vous conseiller de le découvrir le plus vite possible, foi de libraires !!


  • par (La Droguerie)
    24 juin 2021

    Déjà quelques mois que nous sommes tombés amoureux de ce texte qui, derrière cette si belle couverture, saisit par sa densité et sa beauté. Difficile d'en dire plus sur ce court récit qui vient de recevoir le très mérité Goncourt du Premier Roman sans en dévoiler trop : nous ne pouvons que vous conseiller de le découvrir le plus vite possible, foi de libraires !!


  • par (Nouvelle librairie Sétoise)
    21 juin 2021

    Un premier roman éblouissant !

    "Chez nous, mieux vaut une fille morte qu'une fille mère"
    Dans l'Irak d'aujourd'hui, le destin d'une famille en proie à ses propres démons, sur fond d'une guerre implacable. Un premier roman éblouissant à l'intensité d'une tragédie antique !


  • par (Librairie Mots et Images)
    5 juin 2021

    Un premier roman coup de poing, un sujet terrifiant, et pourtant une écriture si délicate...
    A couper le souffle.


  • par (Librairie La Rose des Vents)
    29 mai 2021

    Coup de cœur collectif

    Une passion intense, un amour "trop tôt" consommé, un affront à réparer... Un destin tragique.

    "Que sur toi se lamente le Tigre" est un texte éprouvant et bouleversant sublimé par les mots d'Emilienne Malfatto.

    Coup de cœur collectif.


  • par (L'Autre Monde)
    25 mai 2021

    Un récit poignant !

    Des mots pleins de poésie aux couleurs et odeurs d’un pays en guerre.
    Un roman choral, comme un court récit intime qui parle d’amour, de lâcheté, d’hommes et de femmes… un petit bijou !

    Isabelle


  • par (Librairie Page et Plume)
    14 mai 2021

    Tragédie Antique

    Irak, pays abîmé par les combats mais également déchiré par ses crimes d'honneur. De cette guerre, nous en connaissons les bombardements, l'effondrement des villes et des villages, l'exode des populations. Et cependant, il existe des crimes de sang, silencieux et froids, à l'intérieur des maisons, qui restent impunis.
    "Je vais tuer tout à l'heure et je penserai que je n'ai pas le choix. Sa vie ou notre honneur à tous. Ce n'est pas moi qui tuerai, mais la rue, le quartier, la ville. Le pays."
    Implacable, ici, le récit du destin de cette jeune femme. Tour à tour chaque protagoniste annonce, comme une litanie, l'évidence de la sentence, sans jamais remettre en cause l'issue fatale du geste meurtrier.
    "Je suis la mère et je suis absente, confite en dévotion et en douleur obligatoire sur la tombe de mon mari, dans la vallée des morts. On va tuer ma fille. Amir attendra-t-il que je rentre ? La route est longue par le car des pèlerins. Mon fils va tuer ma fille et je ne m'y opposerai pas. M'y opposerai-je si je rentre à temps ? J'ai depuis trop longtemps accepté les règles."
    Ce récit témoigne, avec profondeur, de l’archaïsme du patriarcat dans ce pays qui pourtant porte la mémoire des découvertes et de l'érudition. ~~ Catherine ~~


  • par (Librairie Dialogues)
    5 mai 2021

    Goncourt du premier roman

    En l'espace de quelques mots, Emilienne Malfatto raconte l'indicible avec une force narrative incroyable. Elle évoque la condition d'une femme, des femmes irakiennes qui n'ont pour seul droit que le silence.
    "Nous naissons dans le sang, devenons femmes dans le sang, nous enfantons dans le sang. Et tout à l'heure, le sang aussi. Comme si la terre n'en avait pas assez de boire le sang des femmes."