Les bons garçons

Les bons garçons

Pierre Adrian

Équateurs

  • par (Librairie L'Armitière)
    5 octobre 2020

    Inspiré d'un fait réel connu sous le nom de "Massacre de Circeo" qui secoua l'Italie des années 70, "Les bons garçons" est un roman dans lequel plane sans cesse la menace du pire. Et le pire, c'est ce que vont vivre deux adolescentes, Raffaella et Maria-Grazia, qui à l'image de leur âge, vont vivre leurs premières émancipations et premiers émois, avant que ne leur vie bascule.

    Cette attente pèse sur le lecteur comme un orage qu'il verrait arriver sans pour autant pouvoir s'y soustraire. Pourtant, Pierre Adrian, loin de tomber dans le sensationnalisme obscène, reste en retrait de ce qui se passe pour mieux dépeindre une époque, celle des années dites de Plomb dans une Italie en proie à un climat politico-social sous tension.

    Le drame en lui-même est presque survolé pour mieux s'attacher aux personnages, en comprendre les motivations et les aspirations.

    "Les bons garçons" se lit comme une fresque sociale et un arrêt sur image; celle d'une époque, de l'adolescence qui se découvre, mais questionne aussi la décadence d'une partie de la haute société romaine de l'époque.

    Emaillé de multiples références et bien documenté, "Les bons garçons" est un roman immersif à la narration chirurgicale dont on ressort révolté.


  • par (Fontaine Kléber)
    14 septembre 2020

    Un livre addictif !

    12 mai 1975, c’est le début de l’été à Rome. Le Lazio s’apprête à remporter le championnat de football et les Italiens se préparent à voter pour ou contre le maintien du divorce. Le temps est doux.
    Rafaella et Maria Grazia habitent les quartiers populaires. Gabriele, Alberto et Matteo habitent les quartiers chics et
    ont tout des bons garçons : ils vont à la messe, s'habillent en Fred Perry. Ils ont mêmes des bonnes notes.
    Alors qu’arrive-t-il quand les beaux quartiers croisent Rafaella et Maria-Grazia ?
    L’écriture de Pierre Adrian se veut rassurante, elle nous met à l’aise, mais en même temps on sent qu’elle ne fait que retarder l’inévitable. L’étau se resserre, l’impact va arriver...
    Un livre addictif qu'on ne veut plus lâcher !


  • par (La librairie des Halles)
    12 septembre 2020

    Eté 1975, la rencontre de jeunes gens, aux origines sociales diamétralement opposées, vire au fait divers sordide.
    Les bons garçons, c'est le roman d'une époque, entre course effrénée au plaisir et violence politique.
    Pierre Adrian nous livre ici une charge implacable contre le fascisme ordinaire et la violence de classe.
    Par l'auteur de La Piste Pasolini, un roman noir singulier et engagé, à l'image de l’œuvre de son auteur.


  • par (Le Pain des Rêves)
    12 août 2020

    Nous sommes à Rome en 1975, à la fin des vacances d’été. Il fait beau et chaud. Deux jeunes filles rencontrent trois garçons. Ils se donnent des rendez-vous dans des cafés. Ils écoutent de la musique. Elles tombent sous le charme de ces beaux garçons qui sont d’une classe bien supérieure à la leur. Deux filles à peine sorties de l’adolescence : Raffaella la plus dynamique, celle qui prend les décisions. Maria Grazia la sicilienne à la peau mate, plus timide. Toutes deux avaient "des envies de vie affranchie" et rêvaient de quitter leur faubourg. Trois garçons bien différents : Alberto, un beau jeune homme timide qui devenait "ténébreux" sous le soleil, "Bien élevé, poli" disaient de lui ses enseignants, avec une mère très attentive. Matteo qui, bien qu’ayant eu une bonne éducation dans le meilleur des lycées, "n’avait jamais su se tenir avec les filles". Gabriele, le vrai meneur fils de bonne et riche famille, parents très absents, qui "avait eu quelques errements" et des ennuis avec la police". Les garçons traînent dans les cafés, fument beaucoup, boivent pas mal, s’ennuient dans la journée en attendant la prochaine soirée. Ils flirtent avec les filles. Tout va bien jusqu’à ce qu’ils les invitent dans une grande et belle villa du Mont Circeo, près de la mer, au sud de Rome. Pour elles, il y avait la promesse d’une belle soirée. Mais tout dérape...
    Quatre siècles avant J.-C., le Mont Circeo était encore une île. Une magicienne célèbre, Circé, y demeurait. Selon Homère, l’île possédait un port propice au mouillage. Ulysse et ses compagnons y échouent. Les marins trouvent la maison de Circé qui les accueille, les drogue et les transforme en cochons. Ulysse prévenu par Hermès ne boit pas la potion, menace Circé qui inverse la métamorphose des marins. Dans cette histoire, autant Ulysse est courageux et soucieux de ses compagnons, autant Circé se montre incivile, égoïste, intéressée par son seul plaisir. Dans le roman de Pierre Adrian, les garçons ne respectent pas les filles , ne se soucient pas de leur honneur ni de leur vertu, se comportent comme des pourceaux.
    Finalement, ce roman très écrit, qui nous plonge dans la Rome des années 1970, est bien actuel. Des hommes – pas tous – se conduisent encore comme des porcs. Des jeunes issus du peuple ont l’espoir de sortir de leur condition en fréquentant d’autres jeunes issus de classes sociales supérieures. Les relations entre garçons et filles sont toujours aussi délicates au moment de l’adolescence. Les filles perdent encore la tête devant des beaux garçons qui confondent séduction et possession. La violence des garçons existe toujours...
    Un roman bien noir qui débute comme une sympathique histoire nostalgique des années 70 et qui vire au drame bien horrible.