• 30 mai 2020

    Un texte puissant, poignant et sensible

    C’est sur les bancs de l’université que Kate et Max se sont rencontrés. Très vite, leur complicité s’est muée en une amitié profonde. Kate qui a grandit seule aux côtés d’une mère qui lui est désormais étrangère découvre auprès de Max, une famille aisée et cultivée qui l’attire. Zara surtout (la mère de Max), une réalisatrice réputée, la fascine.
    Kate est vite adoptée par cette bruyante tribu qui recèle pourtant bien des fragilités. Inséparables, les deux amis vont faire ensemble leurs premières expériences: les fêtes, l’alcool, la drogue, les voyages et les films qu’ils dévorent. Un appétit insatiable de vivre et d’expérimenter jusqu’à ce jour où le rouge n’est plus une couleur pour Kate car il est devenu le symbole, le fil qui la relie au viol dont elle a été victime. Pas un viol par un inconnu dans une sombre ruelle, mais un viol
    bourgeois, dans une maison amie par un membre de la famille de Max. Un viol parce qu’elle a dit non et que ce non n’a pas été entendu, un viol qui sidère, brise l’élan d’une jeune femme et la propulse dans le silence.
    Rosie Price, jeune prodige de la littérature britannique, restitue avec beaucoup de justesse et de subtilité la prison intime dans laquelle son héroïne est désormais recluse. Après le silence viendront quelques mots comme des indices semés çà et là, difficilement compréhensibles par l’extérieur, les scarifications et la violence qu’elle s’inflige pour expier. Un texte puissant, poignant et sensible, indéniablement un grand roman sur la mémoire traumatique servi par la traduction brillante de Jakuta Alikavazovic.


  • par (Fontaine Victor Hugo)
    22 avril 2020

    Quel titre curieux que celui de ce premier roman qui touche en plein cœur des les premières pages de sa lecture.
    Kate et Max sont adolescents, amis "à la vie à la mort" et ne peuvent concevoir une seule seconde qu'il pourrait en être autrement. Et pourtant...
    Kate est issue d'un milieu modeste alors que Max vient d'un milieu aisé. Kate rêve de faire du cinéma et la mère de Max est réalisatrice. Tout semble parfait dans la famille de Max aux yeux de Kate jusqu'au jour où l'irréparable, l'effroyable se produisent.
    Kate se fait violer par le très cher cousin vénéré de la famille.
    Après l'admiration, l'échange et la complicité, vient le temps du silence de la sidération de la souffrance et de l'auto mutilation. Il faudra de la patience, de la persévérance, de la compréhension et beaucoup de bienveillance de la part de son entourage pour que Kate arrive à se reconstruire et pour qu'elle réussisse à tisser à nouveau des liens.
    Très belle performance de cette jeune auteure anglaise prometteuse qui n'élude rien, qui n’épargne personne mais qui évite l'écueil du pathos.
    Un texte vivant, incarné, qui prend aux tripes et qui sonne incroyablement juste.
    Une très belle découverte!