Le Ghetto intérieur

Le Ghetto intérieur

Santiago H. Amigorena

P.O.L.

  • par (Libraire)
    12 février 2020

    Ce roman est bouleversant. C'est un hommage tout en pudeur de l'auteur à son grand-père. Vicente Rosenberg a fui Varsovie pour une vie meilleure à Buenos Aires. Mais il laisse là-bas sa famille et va vivre à distance l'enfermement dans ce qui sera ensuite le ghetto de Varsovie. Ce livre fait partie de ces lectures qui résonnent longtemps, c'est rare et précieux.
    - Anne


  • par (Libraire)
    30 décembre 2019

    Vincente Rosenberg quitte sa Pologne natale pour l’Argentine en 1928. Il laisse derrière lui sa mère, son frère, sa soeur. En Argentine, il épouse Rosita et devient père de trois enfants, il gère un magasin de meubles à Buenos Aires. Les années 30 passent. Les nouvelles d’Europe sont préoccupantes et deviennent terrifiantes. En Pologne, les juifs sont rassemblés dans le ghetto de Varsovie. La famille de Vincente, restée en Pologne, va être victime de la Shoah. Vincente, à plus de 12000km de Treblinka, va rentrer dans un mutisme total, pétri de culpabilité de ne pas avoir été là où il devait être, « l’horreur d’une vie coupable ». Ce livre est l’histoire du grand-père de Santiago Amigorena. L’histoire de sa famille. Sa propre histoire. Le silence d’un homme et les mots d’un écrivain: précis, puissants, libres pour évoquer l’humanité, la judaïté, la démence nazie et décrire l’impensable. Un très grand livre. Inoubliable. 👌🏼👌🏼


  • par (Libraire)
    27 novembre 2019

    Coup de coeur d'Evelyne

    Amigorena nous raconte Vicente, son grand-père, juif, ancien officier polonais et qui a fui en Amérique Latine dans les années 20. A l’époque, Vicente fuyait les progroms, un peu, mais surtout sa famille qui lui pesait. Et puis, peu à peu, les nouvelles arrivent d’Europe. Mais quand il comprend l’ampleur de l’horreur nazie, il est trop tard : le ghetto de Varsovie a déjà avalé sa famille.
    Non pas un énième roman sur la Shoah mais sur un sujet moins souvent traité : la culpabilité des survivants et les effets de cette culpabilité sur les générations suivantes.


  • par (Libraire)
    12 novembre 2019

    un roman puissant

    Un roman puissant, bouleversant sur l'exil et la culpabilité. Une des très belles lectures de la rentrée littéraire.


  • par (Libraire)
    4 novembre 2019

    Le silence

    Écrire, est-ce que ça permet de faire jaillir du silence ?
    Ce roman parle d'un homme qui peu à peu, perd le sens de dire. Un silence aussi lourd que pèse le fait de vivre puisque c'est vivre de culpabilité.
    Vicente a fui la Pologne après la première guerre mondiale et est arrivé en Argentine.
    Il ne se sent d'aucun pays comme il pourrait être de tous, une fois accueilli.
    Mais le conflit de la seconde guerre mondiale le renvoie à sa judéité, qui n'était pas élément d'identité jusque là. Questionnement profond, existentiel qui ne trouve pas de réponse, qui ne peut que rester questionnement.
    Il a quitté sa mère, son frère et sa sœur pour construire une vie ailleurs, sans jamais chercher à les convaincre vraiment de le rejoindre, sans jamais mettre en place les conditions à ce qu'ils le rejoignent.
    De là, née sa culpabilité qui s'insinue peu à peu dans tout son être, faisant grandir le silence.
    Le silence est de ne savoir que dire face à ce qui se passe. Puis, le silence s'installe de savoir que les mots ne changent rien à sa responsabilité, qui se transforme en culpabilité. Finalement, il demeure de ne plus pouvoir dire, Vicente comme noyé à l'intérieur.
    Un silence désespéré.
    Un silence comme un vide que plus rien ne peut remplir, combler.
    Des mots justes, nets s'écrivent et disent l'inutilité du silence, sa dangerosité même.
    C'est un ouvrage qui enjoint à dire encore et encore.


  • par (Libraire)
    3 novembre 2019

    Survivre...

    Santiago H. Amigorena nous parle dans son dernier livre de son grand-père. Juif polonais il est parti en Argentine à la fin des années 30, laissant sa mère et son frère à Varsovie. Il va petit à petit à travers quelques articles de presse et les lettres de sa mère, découvrir l'horreur qui s'installe en Pologne. Mais, il est à 12 000 kilomètres... Sa souffrance, sa culpabilité aussi, est telle qu'il va se murer dans le silence. Toute sa vie.
    C'est un livre très fort qu'on lit la gorge nouée.

    Vanessa


  • par (Libraire)
    1 novembre 2019

    UN JUIF PEUT-IL OUBLIER DE SE SENTIR JUIF?

    SANTIAGO H. AMIGORENA: le Ghetto intérieur: P.O.L.

    Vicente, juif polonais est parti de son pays pour s'exiler en Argentine, s'est marié, a 3 enfants, 2 bons amis exilés eux aussi mais lui, a laissé sa mère et son frère à Varsovie. Et en 1940, les nazis instituent le ghetto juif à Varsovie. Il a de moins en moins de nouvelles de sa mère et depuisla dernière lettre recue en 1941, il s'enferme dans un silence insoutenable, son "ghetto intérieur". Il ne peut pas mettre au-dessus de lui d'avoir laissé sa mère dans cette galère . Une évocation de la Shoah sous un angle romanesque nouveau. Il tente de répondre à "qu'est-ce qu'être juif? Et doit-on se sentir juif?".


  • 26 octobre 2019

    famille, ghetto

    C’est le premier roman que je lis de cet auteur argentin qui écrit en français. Mais sans le savoir, je le connaissais déjà car il a participé à l’écriture de nombreux films, notamment ceux de Cédric Klapisch.
    Revenons-en à ce roman, dont l’univers est bien loin des films de Klapisch.

    L’auteur raconte une partie de la vie de son grand-père maternel fraîchement arrivé de Pologne en Argentine en 1928. Sa sœur, son frère et sa mère ne l’ont pas suivi. Au fil des lettres de sa mère, Vicente assiste à la construction du ghetto de Varsovie, les conditions de vie difficiles, puis à la destruction de celui-ci.

    De sa mère, il recevra une dernière lettre dont il ne parlera à personne, s’enfermant dans le silence. J’ai eu un peu de mal, au début, avec le rythme du texte, sans cesse entrecoupé de virgule qui venait rompre les phrases. Puis je me suis habitué à sa petite musique, et j’ai parcouru la descente aux enfers de cet homme avec passion.

    Vicente et ses amis juifs s’interrogent beaucoup sur ce que c’est d’être Juif. Et comme ils le disent si bien : mettez 2 juifs dans une pièce pour débattre et vous aurez 3 avis.

    Même si il a quitté sa mère des années auparavant, Vicente souffre de ne pouvoir rien faire pour l’aider. Une séparation difficile, d’autant plus qu’il n’était pas certain de vouloir qu’elle l’accompagne dans son exil.

    Vicente découvre à travers la presse le sort réservé aux juifs d’Europe, et se sent impuissant. Un roman intéressant pour les questions qu’il pose.

    L’image que je retiendrai :
    Celle de Vicente espérant que sa mère ai pu emmener dans son dernier voyage son châle rose.
    https://alexmotamots.fr/le-ghetto-interieur-santiago-h-amigorena/


  • par (Libraire)
    10 octobre 2019

    Admirable de justesse !

    Un jour de 1942, Vicente (le grand-père de l’auteur) a cessé de parler ; il s’est tu. Quatre mots essentiels pour évoquer le très, très beau texte de Santiago H. Amigorena, la culpabilité de ne pas être un bon juif et d’avoir abandonné sa mère dans le ghetto de Varsovie, l’absence aux autres et au monde, l’impuissance qui ronge et qui étouffe et puis le silence, ce silence implacable et inexorable. Il n’y a rien de trop dans ce livre pudique, intime et universel.
    Le ghetto intérieur : où lorsque qu’écrire convoque les mémoires et brise les silences. Admirable de justesse !


  • par (Libraire)
    28 septembre 2019

    Coup de coeur d'Evelyne

    Amigorena nous raconte Vicente, son grand-père, juif, ancien officier polonais, épris de culture et de langue germanique, et qui a fui en Amérique Latine dans les années 20. A l’époque, Vicente fuyait les progroms, un peu, mais surtout sa famille qui lui pesait, persuadé qu’il ne pourrait devenir lui-même que loin de ces gens qui l’étouffaient, notamment sa mère. Longtemps, bien qu’il soit devenu plus argentin que les Argentins, il sera nostalgique de la grandeur de la Pologne et de la culture allemande… et puis, peu à peu, les nouvelles arrivent d’Europe : Vicente a du mal à y croire ! Il invite mollement sa mère et son frère à le rejoindre en Argentine mais n’insiste pas car sa vie lui plait telle qu’elle est. Quand il comprend l’ampleur de l’horreur nazie, il est trop tard : le ghetto de Varsovie a déjà avalé sa famille. Vicente en deviendra muet, de stupeur, de culpabilité…
    Non pas un énième roman sur la Shoah mais un roman sur un sujet moins souvent traité : la culpabilité des survivants et les effets de cette culpabilité sur les générations suivantes.


  • par (Libraire)
    25 septembre 2019

    le poids du silence

    Quand le ghetto de Varsovie fait écho au ghetto intérieur du grand-père de l'auteur.
    L'enfermement de Vicente dans le silence décrit avec justesse et sensibilité.
    Magnifique.
    Agnès


  • par (Libraire)
    23 septembre 2019

    Vaincre le silence

    Ce texte est une pépite ! Le ghetto intérieur, c'est surtout la culpabilité qui va pousser Vicente au silence. Parce que l'horreur nazie n'a pas de mots. Parce que parfois on a l'impression que si on ne dit pas les choses, elles n'existent pas. C'est un roman délicat et émouvant sur la famille, l'exil et l'identité. Une lecture émouvante, indispensable.


  • par (Libraire)
    17 septembre 2019

    Vivre l'enfer, ce n'est pas souffrir soi-même, c'est voir souffrir ceux que l'on aime le plus sans pouvoir ne rien faire pour les aider. Santiago Amigorena raconte ce type d'enfer dans ce roman, celui qu'a vécu son grand-père.
    Durant l'entre-deux -guerres , Buenos Aires était un ville florissante , élégante et accueillante pour un jeune dandy , réfugié juif polonais, Vincente Rosenberg. Une femme, deux filles, un petit garçon, des amis exilés comme lui vont s'ajouter à son bonheur modeste.Une ombre va pourtant tourmenter cette quiétude; Vincente est venu seul en Argentine, laissant à Varsovie son frère, sa soeur, sa mère. Et en 1940 la capitale polonaise va sombrer dans la guerre et la tourmente nazie. La honte, la culpabilité d'avoir la-bas abandonné ses proches vont alors hanter Vincente dans sa chair. Au fil des nouvelles alarmantes venues d'Europe, la rumination va laisser place au chagrin, à la rage sourde, aux idées morbides, à une souffrance intérieure violente et impénétrable. Un lent détachement au monde par le mutisme sera le seul remède. Avec pudeur, émotion, retenue ce magnifique roman met les mots sur ce silence.


  • par (Libraire)
    11 septembre 2019

    S’il fallait n’en choisir qu’un au cœur de cette rentrée littéraire, ce serait, sans conteste et sans la moindre hésitation, celui-ci. Santiago H Amigorena y raconte l’exil - heureux, puis douloureux- de son grand-père, Vicente Rosenberg, juif polonais, qui en 1928 quitte son pays pour rejoindre l’Argentine. À 12000 kilomètres de distance de sa terre natale, Vicente vivra (par quelques rares articles de presse et par les précieuses lettres que lui adresse sa mère) l’horreur réservé aux juifs. Et donc à sa propre mère. Aucun mot ne pourra exprimer ni sa peine ni sa culpabilité, dès lors le silence deviendra son refuge. Un roman d’une immense beauté.


  • par (Libraire)
    3 août 2019

    Par-delà le silence

    Émigré de Pologne depuis 1928, Vicente est installé en Argentine où il vit, travaille, s'est marié et a fondé une famille. Juif de Varsovie, sa mère, son frère et bien de ses proches sont restés en Pologne alors que les nazis prennent le pouvoir et envahissent son pays d'origine. Impuissant devant l'horreur qui s'annonce et qu'il pressent, dans l'incapacité à sauver ses proches de l'autre coté de l'Atlantique, Vicente qui fut si jovial et si avenant se mure peu à peu dans le silence, s'enfermant dans ce ghetto intérieur comme sa mère et son frère subissent à Varsovie l'enfermement imposé par les nazis. Le roman explore les ressorts de la culpabilité de ne pas pouvoir sauver ses proches de l'horreur et de la mort. Il décrit le choc subit et la difficulté de vivre encore dans ce monde soumis à la barbarie, à un événement sans nom. Le magnifique récit de Santiago H. Amigorena tente de comprendre et de rompre ce silence, celui de son grand-père et celui plus général du monde et les effets dévastateurs qu'il a produit sur sa famille. Ce faisant il fraye un chemin de compréhension et de pensée, sensible et réfléchi, beaux et douloureux.
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  • par (Libraire)
    12 juin 2019

    La culpabilité, ce n'est pas forcément avoir appuyé sur la gâchette, ça peut aussi être ne rien avoir fait. Ne pas avoir dit assez fort. Ne pas avoir été là. ou même ne pas avoir été né.
    Ce roman splendide dit tout de la douleur des survivants, de ceux qui sont partis à temps, de ceux qui ont regardé de loin sans rien pouvoir faire.
    Un bijou.