Que la guerre est jolie

Que la guerre est jolie

Christian Roux

Rivages

  • par (La Boîte de Pandore)
    24 février 2018

    Bienvenue en guerre...

    Une moyenne ville à une heure de Paris, un ancien quartier populaire avec une usine devenue squat d'artistes. Sauf que la mairie a décidé de «réhabiliter» le quartier, c'est-à-dire de construire des résidences plutôt de luxe. Sauf que certains habitants ne sont pas d'accord et refusent de vendre. Sauf que le maire est prêt à tout pour faire déguerpir les récalcitrant(e)s...
    Christian Roux a conçu son livre comme un roman choral, décrivant une mosaïque de différents personnages, qui devront choisir l'un des deux côté de la barrière, que ce soit pour de bonnes ou de mauvaises raisons.

    Entre les dealers de shit philanthropes, la mamie battante, le politicien sans état d'âme, la petite rebeu qui veut s'en sortir ou encore la future maman rebelle, et bien d'autres, l'auteur a su donner chair en quelques scènes voire en quelques lignes à tous ses personnages. On en entraperçoit certain(e)s de manière plutôt rapide tandis que d'autres prennent un peu plus le devant de la scène, on les aimes, on les déteste, on les comprend ou pas, en tout cas ils restent ancrés dans notre esprit.
    Christian Roux a l'art de toucher là où ça fait mal dans ce roman court, précis, efficace, où tout le monde en prend un peu pour son grade. Une réussite !


  • par (L'Autre Monde)
    12 février 2018

    Que la guerre est jolie

    Larmon, petit ville ouvrière sur le déclin à quelques heures de Paris. Autour de la vieille usine désaffectée, le quartier ouvrier, croulant mais encore habité par quelques acharnés, comme Élise, qui attend son premier enfant, ou Odette, ou les artistes squattant la vieille usine... Le maire a décidé de raser ce quartier ouvrier pour y installer des logements hauts de gamme, attirer des cadres parisiens, embourgeoiser sa ville... en expulsant au passage la faune locale, qui y ferait vilainement tache. Et tous les moyens sont bons pour disperser les protestataires... quitte à mettre la ville à feu et à sang. “Ah Dieu ! Que la guerre est jolie.” disait ironiquement Apollinaire. Et c'est bien la guerre que va déclencher monsieur le maire ! La guerre, c'est le fil rouge de ce roman coup de poing. L'écriture est rapide, vivante, vibrante. Loin de se perdre en palabres, l'auteur déploie toute une galerie de personnages hauts en couleurs, attachants, imparfaits, bourrés d'insécurités, de rêves, d'espoirs, ou au contraire cruellement cyniques. Surtout, Christian Roux dépeint un chaos politique et idéologique terriblement familier, et actuel.

    On commence une page, on passe à la suivante sans réfléchir parce que l'on veut savoir, finalement, qui sera encore debout sur le champs de bataille, et quis seront les victimes collatérales. Qui va s'en sortir? Qui a raison, qui a quelles raisons, et pour faire quelles horreurs? Les évènements s'enchaînent sans une seconde de répit, jusqu'à ce que les fils des marionnettes s'emmêlent, et que tout s'effondre dans un final à donner le vertige. Définitivement un des romans les plus percutants de l'année.