Long week-end, roman

Long week-end, roman

Joyce Maynard

Philippe Rey

  • par (Librairie La Galerne)
    7 juillet 2014

    Une rencontre bouleversante

    Grave, parfois drôle, ce huis-clos offre une galerie de portraits extrêmement touchants et attachants. Une rencontre bouleversante !


  • 5 novembre 2013

    1987, la vie d’Henry âgé de treize ans semble morne. Ses parents ont divorcé, il vit avec sa mère et passe une partie du week-end chez son père qui a fondé une nouvelle famille. Depuis que son père est parti, sa mère Adèle s’est renfermée sur elle-même et s’est peu à peu coupée du monde. A la veille du long week-end du Labor Day qui s’annonce caniculaire, Adele est contrainte de se rendre au supermarché car la rentrée des classes approche. Henry l’accompagne car c’est une sortie très rare. Dans un rayon, un homme blessé à la jambe lui demande de l’aide.

    Henry sait que sa mère est différente des autres mères et quand son père essaie de creuser le sujet, il préfère mentir et inventer des loisirs, une vie bien remplie pour lui et sa mère. Il n’aime pas le fils de sa belle-mère qui est bon au baseball alors lui y est nul, ni sa demi-sœur encore bébé. Il préfère rester chez sa mère plutôt que d’aller chez son père. L’homme du supermarché demande un service à Adèle : rester quelques jours chez eux et elle accepte à la grande surprise d’Henry. Franck leur dit la vérité : il est un prisonnier et s’est s’évadé suite à son opération de l’appendicite. L’information fait la une des médias, un meurtrier est en cavale. Très rapidement, Franck se montre d’une grande gentillesse apportant son aide pour des travaux, prenant l’initiative de cuisiner. Il parle de lui et veut apprendre le baseball à Henry. Adele se métamorphose, retrouve le sourire. Mais Henry est jaloux que Franck soit désormais le centre d’attention de sa mère. Henry surprend une conversation concernant un nouveau départ. Et s’ils enfuyaient tous les deux sans lui ?
    Tout est palpable dans ce roman : la tension qui s’installe et qui va en crescendo, la chaleur, la sensualité de la relation entre Adele et Franck qui émane d’un geste ou d’un regard, les rêves érotiques d’Henry comme le dilemme auquel il est confronté. Car une forte récompense est promise à celui qui permettra l’arrestation de Franck.

    Racontée par Henry vingt plus tard, cette histoire parle d’amour. De l’amour exclusif, de l’amour retrouvé comme celle de la joie de vivre alors que l’on n’y croyait plus, de la relation mère-fils, de trahison et des déceptions. On apprend à connaître ces personnages et j'ai éprouvé une grande empathie pour chacun des trois.
    Joyce Maynard nous décrit avec finesse et émotion ce huis-clos où rien n’est joué ou acquis d’avance. Un livre lu en apnée!


  • 17 mai 2010

    Adele et Henry. Un couple étrange, pas au sens classique du terme puisqu’il s’agit de la mère et du fils. Ils vivent à l’écart, dans un petit lotissement, évitant au maximum les échanges, les rencontres. Henry, jeune teenager (il a tout juste treize ans mais possède une maturité bien supérieure à son âge réel) sait bien que sa mère est bizarre. Qu’elle ne ressemble pas aux autres mères, qu’il croise parfois. Sans réel travail, affolée à l’idée de sortir de sa maison, sans amour et sans ami, elle a de curieuses sautes d’humeur, des réactions imprévisibles qui mettent Henry mal à l’aise. Cependant, puisque son père est parti reconstruire une famille à quelques rues de là, le jeune garçon se sent investi du devoir de prendre soin de celle qui l’a mis au monde.

    Or, un jour, alors qu’Adele s’est risquée à emmener son fils faire quelques courses au supermarché, voilà qu’un inconnu les aborde. Il est blessé mais pas vraiment inquiétant. Il demande de l’aide, qu’on lui prête asile pour quelque temps. Adele accepte et ramène Frank – c’est le nom de l’homme – chez elle. Très vite, elle et son fils comprennent que Franck s’est évadé de prison. Mais curieusement, l’inconnu n’a pas une attitude très inquiétante. Au contraire, énergique, doux, respectueux, il apporte avec lui un vent de nouveauté qui renouvelle l’air un peu saturé dans lequel Henry et sa mère évoluaient jusqu’alors. Finies les boites de soupes Campbell, Frank fait la cuisine comme un chef. Fini l’ennui dans la chaleur des après-midis, Frank sait comment distraire un jeune garçon. Fini le silence, la radio chante et dans le salon, Adele et Frank dansent…
    Si Henry est soulagé d’avoir enfin de l’aide pour prendre soin de sa mère, il est aussi inquiet à l’idée que cet homme puisse faire voler en éclats leur vie à l’abri du monde car entre lui et Adele, l’amour est presqu’immédiat. Love at first sight… A treize ans, on ne connait rien à la vie, même si cette vie s’est chargée de vous faire mûrir trop vite. En plein doute, ne sachant pas s’il peut faire confiance à cet étranger, Henry est tenté de s’en débarrasser, y compris par des moyens peu appropriés.

    Roman d’apprentissage, histoire d’amour, radiographie des conséquences d’un acte fondateur, manuel sur la puberté, ce livre peut se lire de bien des manières. Le style de Joyce Maynard, sans tambour ni trompette, sans artifice non plus, emmène doucement le lecteur sur le chemin de ce récit dont l’éclat se révèle au fil des pages, jusqu’au dernier mot. Les personnages prennent tout de suite toute leur consistance et sont particulièrement attachants. A coups de plume légers, l’auteur décrit parfaitement les peurs, les doutes et les espoirs des uns et des autres. Un livre à offrir à ceux qu’on aime ou bien à s’offrir pour une pause délicate et pleine de charme.