La petite femelle

La petite femelle

Philippe Jaenada

Points

  • par (Librairie La Femme Renard)
    9 juin 2020

    Je vous propose donc de suivre l'époustouflante quête de vérité de Philippe Jaenada qui s'est emparé d'un fait divers de 1951 : le meurtre du jeune Félix Bailly par son ancienne fiancée, Pauline Dubuisson, de trois balles de revolver dans son appartement parisien.
    Pourquoi un compromis ? Parce que ce roman dense, Philippe Jaenada l'a écrit après une minutieuse enquête pour essayer de découvrir qui était réellement cette jeune femme que les médias de l'époque vilipendaient, la qualifiant de « froide », « vénéneuse », « calculatrice » (je vous épargne trois lignes supplémentaires d'adjectifs du même acabit) et ce qui se cachait derrière cette tragédie. Le romancier a tout épluché : archives judiciaires, articles de presse, consulté témoignages directs et indirects pour restituer tout ce qui était signifiant de la vie de l'étudiante en médecine (son arbre généalogique sur au moins trois générations, sa vie de la petite enfance jusqu'à sa mort – en passant et s'arrêtant - sans toucher 20 000 francs - par la case adolescence sous l'occupation à Dunkerque, ses histoires d'amour, ...).
    Si ce roman fait plus de 700 pages c'est évidemment dû à tout ce travail préliminaire, technique que l'auteur présente comme celle du « tapir enragé » - ça nous change du pangolin malin – mais surtout à la patte, au style Jaenada : si vous aimez les parenthèses, les digressions pertinentes, drôles (même si elles parlent de l'occurrence du mot « saucisse » dans l’œuvre de ce lauréat du prix Femina, de sa femme et de son fils ou d'une de ses mémorables cuites), alors faites comme moi : foncez et laissez vous emporter, vous ne le regretterez pas.

    Aude S.


  • 2 mars 2018

    fait divers, féminisme

    Après la lecture de Je vous écris dans le noir de Jean-Luc SEIGLE, je voulais lire la « version » de Jaenada sur Pauline Dubuisson.

    Je vous passe le style Jaenada fait de parenthèses et de digressions autour du sujet (dont, encore une fois, je ne retiendrai pas grand chose, mais qui me font me sentir moins bête en le lisant).

    Encore une fois, Pauline m’a émue. Si j’ai eu l’impression de lire sur la vie d’une femme avec J-L Seigle, j’ai eu l’impression, avec ce roman, de lire la vie d’une éternelle jeune fille. L’auteur insiste sur son adolescence désastreuse à Dunkerque sous occupation allemande, son père la poussant dans les bras des hauts gradés pour ses affaires, elle la jolie fille voulant faire plaisir à son papa.

    J’ai eu plus de mal à comprendre la jeune fille amoureuse de Felix et qui ne s’en aperçoit que trop tard.

    Ses drames : avoir été élevé comme un garçon et prétendre à le rester ; le qu’en-dira-t-on des biens pensants , son intelligence.

    Et ils m’ont dérangés ses qu’en-dira-t-on jusque pendant le procès, un comble !

    Et puis l’auteur dévoile tout avant le procès : qui dira quoi et si c’est conforme aux faits. Dommage, il n’y a plus de suspens.

    Je me suis rappelé que dans le roman suivant de l’auteur, La Serpe, P. Jaenada mentionne que la tombe de Pauline a été retrouvée récemment dans le petit cimetière d’Essaouira.

    L’image que je retiendrai :

    Celle d’une femme coquette droite dans ses bottes qui aimait soigner les enfants, et que les enfants aimaient.

    Une citation qui résume le livre :

    « On ne supporte pas qu’elle ne reste pas à sa place de femme : en dessous, passive. » (p.395)